Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo et ses barons du café et du cacao, c’est fini ?

Laurent Gbagbo est entre les mains de la Cour Pénale Internationale (CPI) et incarcéré à cet effet à La Haye. L’ouverture du procès de l’ancien chef de l’Etat ivoirien est prévue pour le 28 janvier 2016. Avec une décennie passée à la tête de la Côte d’Ivoire, s’il y a un fait qui a gravement entaché sa présidence, c’est bel et bien le scandale dans la filière café-cacao.

Laurent Gbagbo est à l’origine de la déchéance de ses grands manitous du café-cacao

Laurent Gbagbo, dès son arrivée au pouvoir en 2000, nourrissait la noble ambition de donner le pouvoir aux paysans exerçant dans la filière café-cacao. Aux yeux des autorités ivoiriennes, le binôme café-cacao a toujours représenté la rampe de lancement des cultures de rente. Le miracle économique ivoirien de la décennie 70 – 80 est en partie dû à ces deux produits.

Laurent Gbagbo a longtemps décrié l’existence d’intermédiaires qui dit-il, spoliaient les braves paysans. Référence faite à la Caisse de Stabilisation (Caistab) qui a longtemps géré les transactions du monde agricole. Chose promise, chose due, le chef de l’Etat ivoirien de l’époque confie la gestion de ce secteur clé de l’économie à des personnalités issues du monde paysan ou du moins c’est ce que le régime en place a tenté de faire croire aux Ivoiriens. Tapé Doh Lucien, Henri Amouzou, Angéline Kili, Placide Zoungrana ou encore Kouakou Firmin deviendront les pontes de ce secteur.

De nouvelles structures verront le jour. Il s’agit notamment de la Bourse du Café et du Cacao (BCC), le Fonds de Régulation et de Contrôle (FRC), l’Autorité de Régulation du Café et du Cacao (ARCC), le Fonds de Gestion du Café-Cacao (FGCC), etc.

Les premiers résultats donneront raison au clan Gbagbo : les coûts du café et du cacao grimpent pour atteindre des sommets : plus de 1000 francs CFA pour le cacao par exemple dont la Côte d’Ivoire est la première productrice mondiale. Les paysans sont aux anges, car ils sentent véritablement que leur sueur ne coule pas en vain et voient ainsi leur niveau de vie s’améliorer. Mais la suite aura un goût amer. Ceux qu’on qualifie durant cette période de « barons du café et cacao » de Laurent Gbagbo rangeront leurs bonnes idées au placard pour se muer en des traders venus tout droit de Wall Street.

Les barons du café et du cacao se livreront à la gabegie au sommet de l’Etat. Ils sortiront de l’anonymat pour s’accommoder du costume de stars de télé-réalité vivant dans des palaces et aux bras des plus belles femmes du pays, de préférence les plus jeunes. Éclaboussé par les excès de ses collaborateurs, Laurent Gbagbo n’aura d’autre choix que de frapper même si cela s’est fait assez tardivement, vu qu’il les couvrait et les a toujours caressés dans le sens du poil.

Tapé Doh Lucien, Henri Amouzou, Angéline Kili ou encore tous ceux qu’on affublait du sobriquet de « barons » du café-cacao sont mis sous les verrous et vingt-deux responsables en tout ont été jugés pour avoir détourné 300 milliards de F CFA, entre 2002 et 2010. C’est la fin d’une idylle !

Selon vous, Laurent Gbagbo était-il complice ou victime de ces barons de la filière Café-Cacao ?

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