Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara et les dessous d’une grâce présidentielle qui fait jaser

Alassane Ouattara a gracié 3 100 prisonniers le 31 décembre 2015. A toutes fins utiles, le ministre ivoirien de la Justice, Gnenema Coulibaly a tenu ce lundi 4 janvier à faire des précisions sur la portée de cette mesure et ses véritables bénéficiaires. Il s’agit principalement des prisonniers de droit commun, nous dit Jeune Afrique.

Alassane Ouattara tarde encore à mettre la réconciliation en branle

Alassane Ouattara a entrepris d’accorder la liberté à 3 100 prisonniers à la veille du nouvel an. Le ministre Gnenema Coulibaly est revenu sur cette décision du chef de l’Etat ivoirien ce 4 janvier afin d’apporter beaucoup plus de précisions : « On ne parle de grâce que quand il y a condamnation. Par principe, la plupart des dossiers issus de la crise postélectorale n’ont pas fait l’objet de jugement et il ne peut s’agir de ces personnes-là. »

Aussi poursuit-il son propos en mettant un point d’honneur sur le cas des détenus de la crise post-électorale survenue en Côte d’Ivoire« Si vous avez été condamné pour trouble à l’ordre public et rien que trouble à l’ordre public, vous bénéficiez de la grâce (…) Donc certaines personnes qui ont été condamnées devant le tribunal correctionnel, dans des procès (de la crise postélectorale) qui n’ont pas été retentissants, pour troubles à l’ordre public ou violences bénéficient de la grâce. »

Autrement dit, cette grâce permettront à 3 000 détenus de droit commun de recouvrer la liberté et à 100 prisonniers issus de la crise post-électorale de bénéficier de la liberté provisoire qui n’entrent pas dans le cadre de la grâce présidentielle. Ces précisions ont provoqué la colère de l’opposition ivoirienne qui voit en cette décision un mirage et ne saurait faire bouger les lignes pour le retour de la cohésion sociale.

Le Président Alassane Ouattara avait déclaré lors de son adresse à la nation à l’occasion du nouvel an : « Je sais, malgré toutes ces avancées, que beaucoup de chantiers restent à exécuter. En premier lieu, la cohésion sociale et la réconciliation sans lesquelles tous nos efforts seront vains. La réconciliation est une question de volonté et de cœur. C’est aussi un combat de chaque instant. Nous devons le gagner ensemble. Pour cela, nous devons tenir autour de nous un discours de paix, de pardon et d’union. »

Pensez-vous que cette mesure exceptionnelle peut-elle donner un coup d’accélérateur au processus de réconciliation nationale qui tarde encore à prendre son envol en Côte d’Ivoire ?

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