Côte d’Ivoire : Les avocats commis d’office à Simone Gbagbo se rebiffent

Que d’imbroglio au procès en Assises de Simone Gbagbo. Les avocats à elle commis d’office ont décelé tellement de zones d’ombre dans son dossier qu’ils rechignent à la défendre. Le juge a donc reporté l’audience pour, semble-t-il, donner plus de lisibilité au procès.

Le procès de Simone Gbagbo, une équation aux multiples inconnues ?

Pourquoi s’obstiner à avancer lorsque l’on part sur des basses quelque peu faussées ? Cette interrogation est d’autant plus opportune que le procès en Assises de Simone Gbagbo est dans une totale impasse. En effet, l’ex-première dame est poursuivie pour « crimes de guerre et crimes contre l’humanité ». Ainsi, pour la clarté des débats et pour mieux éclairer la lanterne de la cour sur les faits, Me Rodrigue Dadjé et le collège d’avocats de la défense de Mme Gbagbo avaient demandé la comparution de certains barons du régime Ouattara, dont Guillaume Soro, le président réélu de l’Assemblée nationale ivoirienne, en qualité de témoins des faits. Mais une incompréhension entre ces avocats et la cour, à ce sujet, a poussé la défense à claquer la porte.

Aussi, le procureur Aly Yéo a instruit le bâtonnier pour commettre des avocats d’office à l’ancienne première dame. Maîtres Claude Maintenon, Amani Kouamé et Viera Georges Patrick ont donc été désignés pour prendre la relève des premiers avocats. Par contre, ces derniers viennent d’avouer leur incapacité à défendre le dossier compte tenu de la complexité de l’affaire. Ainsi que le reconnait Me Viera : « Le dossier de madame Gbagbo nécessite une marge de manœuvre temporelle aussi importante que la complexité et l’étude des zones d’ombre l’exigent. » À la réalité, plusieurs pièces manquent au dossier à eux transmis, notamment les procès-verbaux d’interrogatoire, les procès-verbaux d’audition et les rapports d’expertise. Et pourtant, ces éléments sont nécessaires pour garantir les droits de la défense.

Le juge Boiqui Kouadjo a donc renvoyé l’audience au 21 février prochain. Il s’agit de donner du temps aux avocats pour mieux s’imprégner du dossier. Toutefois, certains observateurs continuent de marteler que ce procès serait toujours bâclé si les témoins clés cités par la défense originelle de Mme Gbagbo ne viennent pas déposer.

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