Côte d’Ivoire : Après les soldats mutins, les démobilisés crient leur indignation

Les ex-combattants démobilisés se disent les grands oubliés de l’accession du président Alassane Ouattara au pourvoir. Alors que les mutins ont reçu leurs primes, ces anciens éléments des Forces Nouvelles continuent de croupir dans la misère.

Une menace nommée démobilisée ?

Tous d’anciens rebelles, certains jouissent des largesses du pouvoir et d’autres sont voués aux gémonies, tant leur quotidien est incertain. Aussi, durant la mutinerie qui a secoué la Côte d’Ivoire, plusieurs démobilisés ont été blessés par balle et un autre tué. Face à cette situation qu’ils assimilent à une injustice, ces ex-combattants crie leur indignation. Ainsi que le martèle l’un d’eux, sous couvert d’anonymat : « Vous pensez qu’aujourd’hui on peut afficher notre carte de démobilisé à quelqu’un ? Quand on dit démobilisé, on voit déjà une personne, un guerrier sauvage, des intentions meurtrières. Mais on doit avoir un bon regard sur ces personnes qui ont donné leur vie et non les ignorer. »

Même son de cloche pour Pierre Amani Yao, secrétaire général des ex-combattants :  « On n’a pas la même manière de voir les choses. Eux ils sont militaires, ils sont salariés, et nous on n’a rien. » Poursuivant, il réclame également leur part du gâteau : « Dieu merci, ils ont mené le combat, ils ont gagné. Nous aussi on doit mener le combat à notre manière et obtenir gain de cause. Pacifiquement, dans la paix, pas dans la violence. Nous on demande les même choses que les mutins. »

Sentant une autre menace de ces personnes qui ont fait la guerre, le général Sekou Touré, chef d’état-major général des armées, s’est empressé d’aller les calmer. Il est tout d’abord allé au chevet des blessés, avant de se rendre dans la famille du défunt.

Notons que ces démobilisés sont un peu plus de 4ooo éléments. Certains parmi eu ont pu rebondir dans la vie civile grâce au processus de Désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR). Cependant, d’autres sont dans une précarité indescriptible. Ces personnes vulnérables pourraient donc être une proie facile pour des aventuriers. D’autant plus qu’elles sont habituées au maniement des armes. Les autorités ivoiriennes sont donc interpellées.

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