Côte d’Ivoire : La BAD décaisse 264 M$ pour le 4e pont d’Abidjan

La réalisation du projet de construction du 4e pont d’Abidjan se précise de jour en jour. La BAD vient d’approuver un prêt de 264 millions de dollars à l’État ivoirien pour la réalisation de l’ouvrage.

La BAD ouvre la voie du 4e pont

Depuis l’accession d’Alassane Ouattara au pouvoir, la construction de grands ouvrages est l’une des priorités de son gouvernement. Aussi, après la réalisation de plusieurs infrastructures, dont le 3e pont dénommé « Pont Henri Konan Bédié », voilà que le président ivoirien vient de recevoir de l’eau à son moulin pour la réalisation d’un autre projet d’envergure. En effet, la Banque africaine de développement (BAD) a consenti un prêt de 264 millions de dollars (132 milliards de FCFA) à la Côte d’Ivoire pour la construction d’un 4e pont à Abidjan. Ainsi que le justifie Akinwumi Adesina, le président de la BAD : « La BAD soutient fermement le Président Alassane Ouattara. » Avant d’ajouter : « Sous sa gouvernance, la Côte d’Ivoire réalise l’une des meilleures performances économiques mondiales. »

D’une longueur de 1400 mètres, ce pont reliera les communes du Plateau et d’Adjamé à celle populaire de Yopougon. Ce sera donc une bouffée d’oxygène pour les usagers qui rallient quotidiennement ces communes. Car les embouteillages et autres engorgements de la voie publique (autoroute du nord) vont quelque peu s’amenuiser. Le trafic est estimé à au moins 70.000 véhicules par jour. Mais d’ores et déjà, la population fait une doléance aux autorités ivoiriennes afin d’être exemptée de tout péage. Ou bien, même si péage il y a, que le montant soit très dérisoire pour permettre au citoyen lambda de l’emprunter sans trop de soucis.

Les travaux de cet ouvrage pourraient donc démarrer dans quelques mois. Sauf que les tensions sociales et autres mutineries constituent de véritables obstacles à sa réalisation. Le gouvernement ivoirien devrait donc s’activer pour créer un climat social propice au développement. D’autant plus que l’émergence à l’horizon 2020 implique également le bien-être des populations.

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Afrique : La France refuse de se désengager du FCFA !

Véritable sujet de discorde en Afrique, le FCFA est une monnaie fortement contestée par la majorité des Africains. Mais pour Christophe Bigot, l’ambassadeur de la France au Sénégal, son pays ne va pas se désengager de cette monnaie, qui selon lui est un gage de stabilité.

Christophe Bigot annonce la position de la France sur l’abandon du franc FCFA

Les activistes panafricains, anti-franc CFA, ont récemment frappé un grand coup en réunissant plusieurs de leurs compatriotes à Paris le 11 février 2017. Ils ont démontré de brillante façon pourquoi il était urgent que les pays qui ont en commun cette monnaie signent rapidement son arrêt de mort.

Malgré les arguments inattaquables mis en avant par plusieurs conférenciers lors de cette rencontre, SEM Christophe Bigot, ambassadeur de la France au Sénégal, montre sa désapprobation vis-à-vis de cette initiative. Lors de son dernier déplacement à Kolda, il a venté les vertus de cette monnaie taxée d’esclavagiste par la plupart des économistes africains.

Le français dont le pays tire profit de celle-ci, selon les démonstrations des uns et des autres, se serait voulu ferme en ce qui concerne la position de Paris sur le sujet, selon Senenews. D’après lui «c’est un gage de stabilité pour la zone franc…» Il précise même que «la France ne va pas se désengager du FCFA», ce qui devrait mettre l’eau aux moulins de ceux qui dénoncent une pression des dirigeants français sur leurs homologues africains pour maintenir l’usage de cette monnaie dans les espaces UEMOA et CEMAC.

Il faut noter que même Idris Deby, le président tchadien appelle lui aussi à la fin de cette monnaie. Le dirigeant du Tchad avait surpris avec sa position lors de la célébration du 55e anniversaire de l’indépendance de son pays le 12 aout 2015. Il avait déclaré : « Il y a aujourd’hui le FCFA qui est toujours garanti par le trésor français. Cette monnaie, elle est africaine. C’est notre monnaie à nous. Il faut maintenant qu’elle soit réellement la nôtre dans les faits pour que nous puissions, le moment venu, la rendre convertible et une monnaie qui permet à tous ces pays qui utilisent encore le FCFA de se développer. Je crois que c’est une décision courageuse que nos amis français doivent prendre ».

Idris Deby seul contre tous sur le FCFA

Idris Deby semble s’être fait une position définitive sur ce sujet puisqu’il avait rajouté : « … ce que j’appelle la coopération monétaire avec la France, il y a des clauses qui sont dépassées. Ces clauses-là, il faudra les revoir dans l’intérêt de l’Afrique et dans l’intérêt aussi de la France. Ces clauses tirent l’économie de l’Afrique vers le bas, ces clauses ne permettront pas de se développer avec cette monnaie-là ».

Visiblement, Paris n’est pas disposé à prendre cette « décision courageuse » à la lecture du propos de son ambassadeur au Sénégal. La décision courageuse, c’est désormais aux dirigeants africains de la prendre puisqu’elle conditionne la destinée de leurs peuples.

Contrairement à Idris Deby qui dit clairement son rejet de cette monnaie, les présidents Ivoirien Alassane Ouattara et Sénégalais Macky Sall fuient ce débat. Idris Deby avait pourtant été plus loin en disant : « Le franc CFA, c’est aujourd’hui du papier. En deux ans, ça devient du chiffon. On ne peut même pas l’utilisTchater.»

Le premier des Tchadiens parviendra-t-il à rallier ses paires à sa position pour forcer la main à la France ? Là est toute la question.

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Burkina : Blaise Compaoré et ses ministres devant la Haute Cour de justice

La fin de cavale sonne-t-elle enfin pour Blaise Compaoré ? Tout porte à le croire, car le procureur de la Haute Cour de justice du Faso vient d’annoncer un procès. L’ancien président burkinabè et ses ex-ministres seront devant le juge fin mars pour répondre de leurs responsabilités.

Le procès de Blaise Compaoré et ses ex-ministres fixé à fin mars

En dépit des tractations souterraines, Blaise Compaoré demeure toujours dans l’oeil du cyclone au pays des hommes intègres. La justice burkinabè vient donc de relancer le dossier de l’ex-président burkinabè et ses anciens collaborateurs. En effet, Armand Ouédraogo, procureur de la Haute Cour de justice du Faso, a annoncé l’ouverture du procès des anciens dirigeants burkinabè quant à leurs responsabilités présumées dans la répression de l’insurrection de fin octobre 2015. Ce jour-là, au moins 33 personnes ont été tuées, plusieurs autres blessées et de nombreux dégâts matériels. À en croire le procureur : « Tous les manifestants ne sont pas morts par balles et tous n’étaient pas à Ouagadougou. »

Même si les poursuites pour haute trahison à l’encontre l’ex-homme fort du Faso ont été abandonnées, il n’en demeure pas moins qu’en 28 ans de pouvoir, le président Compaoré soit resté blanc comme neige. Les dossiers de l’assassinat de Thomas Sankara et du journaliste Norbert Zongo pèsent toujours comme une épée de Damoclès. Lui faire un procès serait donc ouvrir une boite de pandore qui pourrait emporter plusieurs autres personnes à sa suite. Surtout que ses 34 ex-ministres, dont le Premier ministre Luc Adolphe Tiao, ont été tous inculpés.

Mais là où le bât blesse, c’est que Blaise Compaoré s’est exilé en Côte d’Ivoire depuis sa chute en octobre 2015. Et, il semble y bénéficier d’une attention particulière de la part des autorités ivoiriennes. Il s’est par ailleurs naturalisé ivoirien en vertu de son mariage avec l’Ivoirienne Chantal Terrasson de Fougères. Cette acquisition de nationalité le place davantage sous la protection du président Alassane Ouattara. Cependant, le procureur Ouégraogo reste formel : « En cas de condamnation, la justice burkinabè demandera l’extradition des exilés pour qu’ils rentrent purger leurs peines au Burkina. »

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Côte d’Ivoire : Bredou M’Bia, l’ex-DG de la police, témoin au procès Gbagbo

L’administrateur général Bredou M’Bia est actuellement présent à la barre de la CPI pour dire sa part de vérité. Directeur général de la police ivoirienne lors de la crise postélectorale, P46 entend dire « toute la vérité ».

Bredou M’Bia face à Gbagbo et Blé Goudé

Au nombre des témoins partis déposer à La Haye, Bredou M’Bia fait partie des acteurs clés de la crise. Aussi, l’ex-Directeur général de la police nationale est appelé à « dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité ». Chose pour laquelle il a prêté serment et s’est engagé à être impartial dans sa déposition. D’entrée, le fonctionnaire de police s’est attelé à donner l’organisation, le rôle et le fonctionnement de la police nationale ivoirienne. L’interrogatoire du procureur Mc Donald a par ailleurs permis d’avoir une vue synoptique de la police ivoirienne.

Toutefois, l’interrogatoire de l’ancien patron de la police, aussi bien sous Laurent Gbagbo que sous Alassane Ouattara, se poursuit. La défense attend également son tour pour procéder au contre-interrogatoire. Notons par ailleurs que Bredou M’bia a été demis de ses fonctions de DG de la police en janvier dernier. La raison officielle ? La mutinerie des 8400 soldats ex-rebelles intégrés à l’armée ivoirienne qui a secoué Bouaké et d’autres villes ivoiriennes. Et depuis ce temps, il n’occupe plus de fonction officielle au sein de la police.

Précisons à toutes fins utiles que le débat sur la protection de l’identité du témoin avait fait rage, hier, à la Cour pénale internationale (CPI). Mais en fin de compte, le juge président Cuno Tarfusser a tranché en faveur d’une déposition à visage découvert, avec quelques huis clos partiels, en cas de besoin.

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Procès Gbagbo : Le témoin Adomo Bonaventure craint pour sa sécurité à Abidjan

Le ballet des témoins se poursuit à la barre de la CPI au procès de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé. Sauf que l’actuel témoin, le Commissaire Adomo Bonaventure Sévérin dit craindre pour sa sécurité à Abidjan après son témoignage.

Le Commissaire Adomo Bonaventure Sévérin, témoin malgré lui ?

Les témoins qui se sont succédés, jusqu’ici, à la barre de la CPI pour déposer ont eu des fortune diverses. Tandis que certains ont accepté de témoigner à visage découvert, d’autres par contre, ont préféré flouter leur image. Toutefois, le témoin Adomo Bonaventure Séverin a relevé d’entrée qu’il craignait pour sa sécurité, après avoir rendu son témoignage. Aussi, à huis partiel, le juge président Cuno Tarfusser l’a-t-il rassuré des mesures de protection et de sécurité dont il fait l’objet, aussi bien pendant sa déposition qu’au-delà.

Mais pourquoi dire la vérité sur la crise postélectorale pourrait-elle être objet de crainte de la part d’un témoin ? De quelle nature seraient les faits qu’il s’apprêterait à dévoiler au point de redouter des représailles après son témoignage ? Ou bien aurait-il voulu prendre à contre-pied de probables instructions pour s’en tenir à la stricte vérité ? Toutes ces interrogations qui taraudent dans l’esprit des observateurs laissent présager qu’il y aurait anguille sous roche.

Notons qu’Adomo Bonaventure Guillaume Séverin est actuellement chef de l’UTC à la Direction de la Police Nationale. Au conseil des ministres du 18 décembre 2015, l’actuel témoin avait été nommé Directeur Opérationnel de l’Unité de Lutte Contre les Crimes Transnationaux par décret signé par le président Alassane Ouattara.

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Cote d’Ivoire : Mutinerie, les Forces spéciales obtiennent 17 millions chacun

Le président Ouattara aurait accédé aux revendications des éléments des Forces spéciales ivoiriennes qui se sont mutinés depuis mardi. Le chef d’Etat ivoirien aurait donc accepté de leur verser 17.000.000 de francs CFA chacun.

Revendications fructueuses pour les Forces spéciales. Et les autres ?

Les Forces spéciales ivoiriennes auraient obtenu gain de cause à la suite de leurs mouvements d’humeur. En effet, après le conseil des ministres d’hier, le gouvernement ivoirien aurait accepté de donner suite aux revendications des mutins. Ainsi, avec l’approbation du ministre chargé de la Défense, Alain-Richard Donwahi, le général de brigade Lassina Doumbia, commandant des forces spéciales, auraient trouvé un accord avec ses éléments basés à Adiaké. La somme de 17.000.000 de francs CFA aurait donc été promis à chacun des 2600 éléments de cette unité d’élite. Il aurait même été convenu de verser un acompte de 7.000.000 de francs CFA à chaque mutin dès lundi prochain. Les détails de l’accord demeurent cependant confidentiels. Une rencontre serait prévue au plateau pour des excuses à la hiérarchie et au ministère de la Défense .

À l’instar des mutins de Bouaké, voilà une autre entité de l’armée ivoirienne qui vient ainsi d’avoir satisfaction. Et pourtant, d’autres corps de la grande muette qui faisaient les mêmes revendications sont repartis bredouilles. Lors de la rencontre avec les ex-FDS, le général de division Sékou Touré, chef d’état-major, avait été catégorique. Aucune prime ne leur avait été promise, et donc aucun montant ne leur serait versé.

Les gendarmes, policiers, sapeurs pompiers et autres gardes pénitentiaires n’ont également pas été pris en compte. De même, les fonctionnaires qui étaient récemment entrés en grève n’ont rien perçu. Aussi, cette dichotomie dans le traitement des militaires pourrait créé des frustrations que d’aucuns se pressent de dénoncer. Et un garde pénitentiaire de prévenir : « Un père ne peut pas traiter ses enfants différemment. Si ça continue, nous nous mutinerons encore. »

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CPI : Le témoin Dosso Sinaly dévoile des écoutes des ex-FDS lors de la crise

Le 31e témoin à comparaitre dans le procès de Laurent Gbagbo et Blé Goudé est entré en scène ce mercredi. Dosso Sinaly, cet ex-militaire spécialisé en écoute radio dit avoir réalisé plusieurs «écoutes privées» durant la crise postélectorale.

Police, Gendarmerie et Garde républicaine placées sur écoute par Sinaly

Alors que la crise postélectorale battait son plein en 2010-2011, police, gendarmerie et Garde républicaine seraient placées sur écoute. Telle est la révélation de Dosso Sinaly, le 31e témoin du procureur, appelé à la barre par la CPI. En effet, lors de sa déposition, ce militaire à la retraite déclare : « J’ai fait spécialement des écoutes privées après les élections. Les réseaux n’étaient pas sécurisés à l’époque. Je n’avais pas d’équipements professionnels, mais j’écoutais les réseaux qui intervenaient sur le terrain comme la Police, la gendarmerie et la Garde républicaine. » Aussi, le témoin déclare avoir capté et noté plusieurs communications entre les forces fidèles à l’ex-président Laurent Gbagbo.

Aussi, le témoin déclare avoir fait ces écoutes privées à domicile, pour sa propre sécurité. Par ailleurs, il dévoile les noms de code et indicatifs attribués à certains éléments lors de leur mission de terrain. Azur, Mercure, Radiale, Camelot, Rodex, Appolon, Balzac, Médiane, Cosmos, Atlas, Faucon, Etoile… sont autant d’indicatifs qui désignaient des personnes, détentrices de radio ou même des donneurs d’ordre lors de leurs conversations sur leurs réseaux. Par ailleurs, le témoin dit avoir entendu plusieurs conversations, mais regrette « ne les avoir pas enregistrés ».

D’entrée, il avait révélé que le colonel Bogou Marc l’avait relevé de ses fonctions du fait de ses origines et son appartenance politique, soupçonné d’être militant du RDR, le parti d’Alassane Ouattara. Toutefois, il note être militant du PDCI-RDA, d’Henri Konan Bédié, allié du RDR dans le RHDP, coalition au pouvoir.

Au premier jour d’audience, le témoin est pour l’instant soumis à l’interrogatoire du bureau du procureur. Certainement que son témoignage permettrait de dévoiler le plan commun allégué. À moins que sa déposition ne soit entachée de parti-pris.

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Côte d’Ivoire : après la mutinerie des forces spéciales, calme précaire à Adiaké

La ville côtière d’Adiaké a retrouvé un calme précaire après la mutinerie des Forces spéciales ivoiriennes d’hier. Les militaires insurgés sont rentrés dans leur base après une rencontre avec leur hiérarchie. N’empêche que leurs revendications demeurent toujours.

Les Forces spéciales toujours aux aguets malgré les promesses

Après la folle journée du mardi, Adiaké a retrouvé sa quiétude d’antan, aussi précaire soit-elle. Cependant, loin d’être un cas isolé, la mutinerie qui a éclaté dans cette ville côtière est en corrélation avec celles qui ont secoué les villes de Bouaké, Abidjan, Korhogo, Daloa, Man et bien d’autres villes ivoiriennes. En effet, les mutins réclament 12.000.000 de FCFA et de meilleures conditions de travail à l’instar de leurs frères d’armes. Aussi, ces troupes d’élite ont décidé de se faire entendre par des tirs nourris à l’arme de guerre. Deux blessés ont été signalés lors de cette parade militaire qui a remué toute la ville d’Adiaké, frontalière du Ghana.

Mais après une rencontre avec le général de division Sékou Touré, chef d’état-major général des Armées, le général Vagondo Diomandé, chef d’État-major particulier du président de la République ainsi que le général Lassina Doumbia, patron des forces spéciales, le calme est revenu dans la ville. Néanmoins, les populations, encore sous le choc du crépitement des armes, ont choisi de rester à couvert chez elles. Car la situation pourrait dégénérer à tout moment. Surtout que les insurgés continuent de réclamer la présence d’Alain-Richard Donwahi, ministre chargé de la Défense. Selon eux, ce dernier pourrait diligemment transmettre leurs griefs au président Alassane Ouattara pour trouver une solution heureuse.

Notons toutefois que ces bruits assourdissants qui proviennent de la grande muette sont symptomatiques d’un malaise généralisé que l’on tenterait de camoufler. Cette tension s’est également propagée aux villes de Tengrela et de Tabou (Oulodio). Même si certains responsables militaires affirment qu’ « en dehors de ces deux points, aucune autre revendication n’a été évoquée lors des discussions », il serait quand même plus judicieux pour le gouvernement de prêter oreille attentive à la fronde sociale. Il y va de la paix et la stabilité en Côte d’Ivoire.

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Côte d’Ivoire : Guillaume Soro, le roseau qui plie sans rompre

Alors que l’on le croyait politiquement fait, voilà que Guillaume Soro a repris du poil de la bête. Après les mandats d’amener, l’affaire de l’écoute téléphonique et autres épreuves, le PAN ivoirien a retrouvé son poste au sein du Parlement et bien plus.

Guillaume Soro, l’homme qui enjambe les difficultés

Les années 90 auront consacré la naissance d’un leader qui continue, jusque-là, de faire parler de lui. Du secrétariat général de la Fesci (1995-1998) à la présidence de l’Assemblée nationale ivoirienne, en passant par la tête du MPCI (rébellion) et la Primature, que de parcours pour Guillaume Soro qui aura vu des vertes et des pas mûrs. Mais au bout de toutes ces épreuves, Bogotha a démontré sa capacité de surmonter et même à les capitaliser.

Ne dit-on pas que tout ce qui ne tue pas forme ? Ce dicton semble bien coller à la peau du natif de Kofiplé (Diawala), car il retombe toujours sur ses pieds. En novembre 2015, une affaire d’écoute téléphonique lors de la tentative de putsch au Burkina Faso dans laquelle les interlocuteurs seraient Guillaume Kigbafori Soro et Djibrill Yipènè Bassolé, avait créé des incidents diplomatiques entre la Côte d’Ivoire et le Faso. Mais en fin de compte, les présidents Roch Kaboré et Alassane Ouattara ont privilégié une résolution diplomatique de l’affaire. Les enregistrements téléphoniques incriminés n’ont finalement pu être authentifiés par l’expert allemand commis à la tâche.

Séjournant en France en décembre 2015, Soro était également visé par un mandat d’amener émis par la juge Sabine Khéris. Il s’agissait de l’entendre sur les allégations de « séquestration, traitements inhumains et dégradants » dans l’affaire Michel Gbagbo. Mais là encore, Tiéni Gbanani a réussi à passer entre les mailles du filet de la justice française. Alors que ses détracteurs jubilaient, le mandat d’amener qui limitait ses mouvements à l’international a lui aussi sauté.

Les lieutenants de Soro aux postes de commandement de l’armée

Sur le plan national, d’aucuns ne cessaient d’évoquer la mise à l’écart de Guillaume Soro par le président Ouattara. Mais finalement, Soro est reconduit à la présidence de l’Assemblée nationale en tordant peut-être même la main de son chef, même s’il a perdu le dauphinat constitutionnel au profit du vice-président, Daniel Kablan Duncan. N’empêche qu’à la suite des mutineries qui ont secoué la Côte d’Ivoire, un vaste réaménagement a été opéré dans l’armée. Ces nominations ont consacré la promotion des hommes clés de Guillaume Soro du temps de la rébellion. La quasi-totalité des ex-commandants de zone (Com’zone) a été promue dans différentes composantes des Forces armées de Côte d’Ivoire (FACI). Et là, c’est un certain Hamback qui bandait ses muscles il y a peu qui a découvert sa force.

Décidément, c’est à croire que Soro est un véritable roseau qui plie sans rompre. Au plus fort de l’adversité, le député de Ferkessédougou trouve toujours les ressources nécessaires pour retomber sur ses pieds. Il a par ailleurs échappé à plusieurs tentatives d’assassinat dont les plus évocateurs sont l’invasion de la cour de la Radiodiffusion télévision ivoirienne (RTI) par les jeunes patriotes, le 27 juin 2003, alors qu’il y était en visite. Il y a surtout l’attentat à la roquette contre le Fokker100 qui le transportait à Bouaké, le 29 juin 2007. Quatre membres de son équipage avaient été tués et plusieurs autres blessés lors de cette attaque. Certains de ses compagnons de la rébellion étaient soupçonnés d’avoir perpétré cet attentat.

L’homme qui cache mal ses ambitions politiques a repris la main. Le boulevard est maintenant ouvert pour l’ex-Premier ministre de Laurent Gbagbo et d’Alassane Ouattara pour accéder au pouvoir d’État qu’il lorgne depuis belle lurette. Mais ses probables adversaires connus ou tapis dans l’ombre n’ont pas encore dit leur dernier mot. Surtout qu’ADO a promis de faire la passe au PDCI d’Henri Konan Bédié à la fin de son second mandat. D’ici à 2020, beaucoup d’eau aura coulé sous le pont et la vérité d’aujourd’hui n’est pas forcément celle de demain. L’ancien syndicaliste traqué par le PDCI et devenu aujourd’hui houphouëtiste de circonstance n’a vraiment pas dit son dernier mot !

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Côte d’Ivoire : Crise au RHDP, Bédié donne des instructions à Adjoumani

L’année 2020 approche à grands pas, et les leaders du RHDP préparent minutieusement le crucial rendez-vous de l’alternance. Henri Konan Bédié a donc reçu Kobenan Kouassi Adjoumani, à Daoukro ce samedi, pour lui donner la conduite à tenir.

Bédié trace le plan, Adjoumani l’exécute

La rencontre du week-end dernier entre Henri Konan Bédié, président de la Conférence des présidents du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), et le ministre Kobenan Kouassi Adjoumani, porte-parole de ladite coalition a tenu toutes ses promesses. En effet, l’ex-président a tenu à féliciter le ministre issu de son parti pour la fructueuse gestion des récentes crises. Car, lors de la grève des fonctionnaires et des différentes mutineries, le RHDP n’est nullement resté sans réagir. Aussi, entre tractations souterraines et déclarations publiques, le RHDP a su juguler cette situation de crise. C’est donc à juste titre que Bédié a félicité le ministre des Ressources halieutiques, l’encourageant à continuer dans ses efforts.

Toutefois, la succession d’Alassane Ouattara en 2020 est une préoccupation qui captive de plus en plus les attentions au RHDP. Le président ivoirien avait réitéré, lors de la cérémonie de présentation des voeux, sa volonté de prendre sa retraite après son second mandat. De même, suivant les accords entre alliés du RHDP, un cadre et militant actif du PDCI devrait lui succéder. Mais plus les jours passent, cette possibilité de passe d’armes au sein de la coalition ne fait que s’amenuiser. Des cadres du RDR, dont Guillaume Soro, Hamed Bakayoko et autres ne cachent plus leurs ambitions présidentielles pour 2020.

L’ex-président Bédié qui veille à ce que l’accord entre PDCI et RDR se concrétise ne cesse de multiplier ses stratégies. La nomination de Daniel Kablan Duncan à la vice-présidence de la République participe de cette logique. Mais cela ne rassure pour autant pas des cadres du vieux parti qui continuent de se poser de multiples questions. N’empêche que l’auteur de l’appel de Daoukro ne cesse de rassurer ses militants quant à la parole d’honneur de Ouattara.

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