Burundi : le ministre Emmanuel Niyonkuru abattu, l’effroi gagne Bujumbura

Le jour de l’an fut sanglant à Bujumbura, et pour cause, Emmanuel Niyonkuru a été abattu par balle. Des suspects ont certes été appréhendés pour l’assassinat du ministre burundais de l’Environnement, mais la suspicion s’est emparée du Burundi.

Emmanuel Niyonkuru, une mort qui en dit long

C’est à croire que le Burundi est en train de s’embourber de plus en plus dans la crise politique. En effet, ce dimanche 1er janvier aux environs d’une heure du matin, Emmanuel Niyonkuru, ministre de l’Eau, de l’Environnement et de la Planification a été « tué par un homme armé, alors qu’il se rendait à son domicile à Rohero. » La nouvelle de ce drame a plongé Bujumbura et tout le pays dans l’émoi et la consternation.

De même, l’effroi et la suspicion ont commencé à se généraliser davantage. Ainsi, plusieurs suspects ont déjà été arrêtés pour nécessité d’enquêtes plus approfondies. Une dame à bord du véhicule du ministre ce jour-là a été placé en détention car des indices « ont montré que le tireur était à l’intérieur du véhicule ». Les gardiens de la résidence du ministre et le « patron d’un bar où le ministre venait de se rendre » avant les faits ont également été arrêtés.

Cet autre assassinat est visiblement symptomatique de la profondeur de la crise au Burundi. Car elle placerait le pays au bord d’un chaos aux conséquences insoupçonnées. Depuis la réélection controversée de Pierre Nkurunziza en avril 2015, plusieurs personnalités de haut rang ont ainsi été massacrées. Deux ex-ministres, un député et des officiers de l’armée burundaise sont déjà tombés sous les balles assassines de quidams. Tous ces assassinats seraient-il les oeuvres savamment planifiés d’un escadron de la mort ? Quoi qu’il en soit, les Burundais pourraient arrêter cette saignée par la mise en place d’un véritable dialogue politique tel que la RDC est en passe de le réussir.

D’aucuns redoutent donc que cet assassinat soit un prétexte de répression systématique et de violation massive des droits de l’homme. Aussi, la communauté internationale surveille de près la situation au Burundi afin d’éviter de tomber dans la tragédie de 1994. Surtout que la tension est visiblement palpable dans la capitale burundaise.

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Burundi : Le facilitateur Benjamin Mkapa « légitime » Pierre Nkurunziza

Le facilitateur de la crise burundaise, Benjamin Mkapa, vient de faire une déclaration qui n’est nullement du goût de l’opposition. C’est que lors d’une conférence de presse, le médiateur tanzanien a affirmé que le pouvoir de Pierre Nkurunziza est légitime.

Benjamin Mkapa, une légitimation qui fait grincer les dents

Le Burundi est plongé dans une crise depuis le troisième mandat contesté de Pierre Nkurunziza. Et depuis, le pays est constamment au bord de la guerre civile. Mais pour éviter le chaos, la communauté internationale s’active pour y envoyer des médiateurs afin de concilier les positions. Ainsi, le facilitateur, Benjamin Mkapa, après un séjour de deux jours à Bujumbura, a déclaré : « Les gens qui doutent encore de sa légitimité sont fous. Où est-ce qu’ils tirent cela ? Ces gens ont perdu le nord. Le peuple burundais a tranché et les gens devraient plutôt penser à se préparer pour les élections de 2020. »

Aussitôt cette déclaration faite, que la CNARED, coalition de l’opposition, est montée au créneau. Pour le Conseil National pour le respect de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi et de l’État de droit (CNARED), cette affirmation du médiateur est nulle et non avenue, car démontrant un certain parti-pris. De même, l’opposition ajoute : « Cette déclaration du Facilitateur a le mérite d’être claire et limpide quant au sort du processus des pourparlers d’Arusha : il vient de mettre fin à ce processus, ce qui constitue une démission et un aveu d’échec. » En outre, ces opposants estiment que cette légitimation de l’actuel pouvoir burundais pourrait entrainer des exactions.

Aussi, appellent-ils les Nations unies à s’impliquer davantage dans la crise au Burundi. Sauf que, jusque-là, les autorités burundaises refusent de recevoir la commission d’enquête du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Toutefois, certains observateurs appellent les acteurs politiques burundais à trouver un compromis afin d’éviter que le pays sombre, une fois de plus, dans la guerre civile comme par le passé.

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Côte d’Ivoire : Contre les dirigeants africains, Tiken Jah sort sa « 3e dose »

L’artiste engagé Tiken Jah Fakoly ne cesse de fustiger les tares qui gangrènent la société africaine. Le reggaeman ivoirien va donc sortir un nouvel opus dans lequel il dénonce le troisième mandat des présidents africains.

Tiken Jah s’oppose au 3e mandat des chefs d’État africains

Tiken Jah Fakoly entend infliger sa « 3eme dose » à tous ces présidents africains qui veulent se maintenir au pouvoir. En effet, il est d’actualité que plusieurs dirigeants africains modifient la Constitution de leur pays pour se présenter indéfiniment. Ainsi, la star ivoirienne semble se révolter contre cette pratique anti-démocratique : « Je n’avais pas prévu un album cette année. Mais par rapport à ce qui se passe dans l’actualité, j’ai pensé à sortir cet EP. » Puis, il ajoute : « Vouloir se présenter au-delà de deux mandats ou s’éterniser au pouvoir est même un manque de respect vis-à-vis des gens de son propre parti politique. C’est comme si vous êtes le plus intelligent et le plus fort. À part vous, il n’y a pas d’autres personnes capables de gérer le pays ? »

Aussi, du Burundi en RD Congo en passant par le Tchad, le Cameroun, le Congo-Brazzaville, le Rwanda et bien d’autres, les exemples des chefs d’État qui s’accrochent au pouvoir en Afrique sont légion. Et pourtant, il y a de jeunes cadres africains qui attendent également de se faire valoir au sommet de l’État. Mais la vieille classe politique ne cesse de leur faire ombrage, empêchant ainsi une réelle émergence de l’Afrique. C’est donc pour changer les mentalités et faire bouger les lignes que la reggae star ne cesse d’interpeller : « C’est important de laisser d’autres gens du parti, surtout les jeunes s’exprimer et exprimer leurs compétences. »

La sortie officielle de ce maxi-single de quatre titres est prévue pour le 7 janvier prochain. Il prévoit également un concert à Abidjan au cours duquel il entend mettre en garde tous ces leaders africains qui seraient tentés par un énième mandat. Comparaison n’est certes pas raison, mais la chancelière allemande Angela Merkel rempile pour un quatrième mandat, sans bruits discordants.

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Burundi : Willy Nyamitwe, conseiller de Nkurunziza, échappe à un attentat

C’est à croire que le Burundi est devenu une véritable poudrière où nul n’est à l’abri du danger. Willy Nyamitwe, conseiller en communication du Président burundais vient d’échapper de justesse à un attentat. Il serait blessé et l’un de ses gardes du corps tué.

L’attaque contre Willy Nyamitwe, le symbole d’une situation explosive

Depuis que le président Nkurunziza a rempilé pour un troisième mandat au Burundi, la situation y est presque chaotique. Passées les heures chaudes où les affrontements entre pouvoir et opposition étaient récurrents, c’est maintenant à des actions sporadiques que l’on assiste. En effet, Willy Nyamitwe, conseiller en communication de Pierre Nkurunziza a été la cible d’un attentat. Des hommes armés ont faire irruption au domicile de l’infortuné et ont ouvert le feu sur lui et ses gardes. Selon un bilan non encore confirmé, le conseiller Nyamitwe serait blessé au bras. De même, l’un de ses gardes du corps serait grièvement blessé et un autre atteint mortellement. Les assaillants ont rebroussé chemin aussitôt leur forfait accompli, mais la police a ouvert une enquête pour démasquer les quidams.

Cet épisode intervient au moment où les autorités burundaises sont engagées dans un bras de fer avec la communauté internationale. Au fait, les Nations unies envisagent d’envoyer une commission pour enquêter sur la situation des droits de l’homme au Burundi. Mais Bujumbura persiste et signe : « Les experts des Nations unies ne fouleront pas le sol burundais. » Cette intransigeance a créé un certain statu quo et les principaux bailleurs de fonds entendent se retirer du pays. Toutefois, les autorités ne s’en émeuvent nullement, elles qui soutiennent pouvoir vivre de leurs ressources internes provenant du lac Tanganyika.

Aussi, avec cette attaque dont a été victime son frère, le ministre burundais des Relations extérieures, Alain Nyamitwe, a vite franchi le pas en la qualifiant de tentative de déstabilisation du pays.

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Burundi – USA : Nkurunziza s’invite dans la présidentielle et félicite Trump

Pierre Nkurunziza n’est nullement resté indifférent à l’élection de Donald Trump aux États-Unis. Mieux, le président burundais est le premier, parmi ses pairs africains, à féliciter le nouveau locataire de la Maison Blanche.

Nkurunziza espère avoir la sympathie de Trump

L’élection présidentielle aux États-Unis, première puissance mondiale, a forcement des répercussions dans le reste du monde. Conscient de cette réalité, Pierre Nkurunziza a vite réagi à l’élection de Donald Trump à la présidence américaine : « M. Donald Trump, au nom du peuple burundais, nous vous félicitons chaleureusement. Votre victoire est celle de tous les Américains. » En effet, le président burundais avait maille à partir avec la communauté internationale du fait d’un troisième mandat très contesté. Ainsi, espère-t-il que le président américain serait plus conciliant envers lui, à rebours d’un Barack Obama qui a imposé des sanctions à plusieurs de ses proches.

Toutefois, Willy Nyamitwe, le conseiller en communication du président Nkurunziza, tente de préciser les choses. Pour lui, « cette victoire de Trump ressemble plus à ce qui s’est passé au Burundi. Contrairement à ce que les faiseurs d’opinions, médias et certains spécialistes, essayent souvent de faire croire, le peuple a toujours le dernier mot ». Il ne fait l’ombre d’aucun doute que le Burundi est en ce moment isolé sur le plan international. Plusieurs opposants et des membres de la société civile, en exil, continuent de tirer à boulets rouges sur le régime. Ces derniers espèrent également que le successeur d’Obama s’intéresserait de près à ce qui se passe au Burundi. Mais pour le conseiller du président burundais : « Trump prendra la bonne décision lorsque la vérité sur la situation réelle au Burundi va éclater. »

Notons que le républicain Donald Trump a remporté 278 grands électeurs contre 218 pour sa rivale Hillary Clinton. La démocrate a reconnu sa défaite. Il devient ainsi le 45e président des États-Unis. Mais d’aucuns espèrent « un président Trump différent du candidat Trump ».

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Congo-Brazza – CPI : Des jeunes appellent au retrait du Statut de Rome

La fièvre du retrait de la CPI qui s’est emparée de l’Afrique continue de produire ses effets dans certains pays. Des jeunes congolais viennent d’exhorter leurs autorités à se retirer du Statut de Rome, à l’instar d’autres pays africains.

« Non à la CPI », déclament des manifestants congolais

Il ne fait l’ombre d’aucun doute que l’effet domino est véritablement en train de se produire à travers le continent. En effet, le Burundi, l’Afrique du Sud et la Gambie ont déjà entamé la procédure de leur retrait de la Cour pénale internationale (CPI). Voulant leur emboiter le pas, des jeunes congolais sont descendus dans la rue, ce 3 novembre, pour interpeller leurs autorités. Ainsi, à la tête du demi-millier de manifestants, Destinée Ermela Doukaga, responsable du Front patriotique s’est voulu formel : « Nous avons cru en cette Cour. Nous avons cru que ça allait être une juridiction impartiale et juste, mais l’histoire nous a prouvé le contraire. Nous sommes déçus de cette Cour. » Puis, à la foule de reprendre en choeur : « Non à la CPI, advienne que pourra! »

Aussi, cette marche qui a eu lieu dans les rues de Brazzaville a eu pour destination finale, le ministère de la Justice. Là, les jeunes ont remis leur manifeste à Pierre Mabiala, ministre congolais de la Justice. Saluant cette démarche, le représentant du gouvernement leur a assuré un traitement diligent de leur demande : « Je voudrais donc vous dire que votre dossier est ainsi introduit entre les bonnes mains et je vous remercie. »

Même si pour des organisations des droits de l’homme, cette manifestation serait suscitée par les autorités congolaises elles-mêmes, il n’en demeure pas moins que la volonté pour des États africains de se retirer de la CPI semble bien murie et irréversible. La Constitution congolaise de 2015 avait déjà planté le décor. Elle interdit formellement d’extrader ou livrer tout citoyen congolais à une puissance ou organisation étrangère. En dépit de l’appel au dialogue de Sidiki Kaba, des pays africains signataires du Statut de Rome semblent véritablement résolus. À moins d’un autre revirement.

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CPI : La Gambie désavoue Bensouda et se retire du Statut de Rome

La Gambie vient d’emboiter le pas au Burundi et à l’Afrique du Sud en annonçant son retrait de la CPI. Le pays de Bensouda entend accomplir, les jours à venir, la procédure de retrait prescrite par les textes fondateurs.

Le retrait de la Gambie, un coup dur pour la procureure de la CPI

Cela sonne comme un véritable désaveu pour Fatou Bensouda que son pays d’origine, la Gambie, se retire de la CPI. En effet, Sheriff Bojang, ministre gambien de l’information, s’est voulu on ne peut plus formel : « À partir de ce jour, mardi 25 octobre, nous ne sommes plus membre de la CPI. Nous avons entamé le processus prescrit par le statut fondateur pour nous en retirer. »  Ainsi, les raisons évoquées par les autorités gambiennes pour justifier leur décision tiennent du fait que la Cour pénale internationale (CPI) serait un véritable instrument pour « persécuter les Africains et leurs dirigeants ». En outre, depuis la création de cette juridiction, « au moins 30 pays occidentaux ont commis des crimes de guerre » sans être inquiétés.

Et pourtant, « la Gambie a tenté en vain de convaincre la CPI de poursuivre les pays de l’Union européenne pour la mort de nombreux migrants africains en Méditerranée ». Après plusieurs tergiversations, la nouvelle tombe donc comme un véritable couperet. Le président Yahya Jammeh avait tenté jusque-là de voler au secours de son ex-ministre de la justice, Fatou Bensouda. Le pays de Kounta Kinté franchit ainsi le Rubicond. Mais il reste évident que les récriminations des Africains contre cette juridiction internationale semblent bien fondées. En dépit des appels au dialogue de Sidiki Kaba, la vague de retrait est devenue un processus irréversible. Il pourrait tout de même avoir une porte de sortie honorable pour la CPI. Rendre sa dignité à l’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, en lui accordant au moins une liberté provisoire. Car les témoignages contre lui n’ont jusque-là réussi à attester les accusations.

Même si le Sénégal et la Côte d’Ivoire continuent de militer en faveur de la CPI, d’autres États africains s’embarrassent. À cette allure, plusieurs autres défections ne seraient pas à exclure les jours à venir.

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Afrique : quand Me Sidiki Kaba plaide pour la survie de la CPI

Sidiki Kaba s’est lancé dans une véritable opération de charme pour empêcher les États africains de sortir de la CPI. Le ministre sénégalais appelle les protestataires à trouver un consensus afin de rester liés au Statut de Rome.

Sidiki Kaba appelle les pays africains au dialogue

Le retrait de la Cour pénale internationale (CPI) est d’actualité en ce moment en Afrique. En effet, le Burundi et l’Afrique du Sud viennent de notifier leur retrait du Statut de Rome aux Nations unies. Aussi, face au risque d’un véritable effet domino sur le continent, Sidiki Kaba entend anticiper : « Il faut saisir cette opportunité pour engager un dialogue avec les États qui voudraient quitter la CPI. Pour cela, il faut écouter leurs appréhensions, leurs récriminations, leurs critiques. » À en croire le président de l’Assemblée des États partis au traité fondateur de la CPI, la justice universelle a toute son utilité eu égard aux différentes tragédies qui ont cours à travers le monde. Il convient donc de « donner une chance au dialogue, à la négociation » afin de « trouver un consensus dynamique ». Il tient également à mettre à profit le délai d’un an après la notification. Car il souhaite convaincre ceux qui ont déjà entamé la procédure de retrait de rester.

Les récriminations contre la CPI deviennent de plus en plus récurrentes en Afrique. Selon des observateurs, cette justice internationale serait un instrument des Occidentaux pour soumettre des leaders africains indociles. Ceux-ci en veulent pour preuve le fait que la quasi-totalité des poursuites serait dirigée contre des Africains. En outre, ces derniers comprennent mal que jusqu’ici, Fatou Bensouda n’a émis aucun mandat d’arrêt contre les autorités syriennes. Un retrait collectif des pays africains a donc été évoqué lors de certaines réunions de l’Union africaine (UA). De même, des États comme le Kenya, l’Ouganda, la RDC et bien d’autres sont quasiment sur le départ. Me Kaba voudrait donc saisir l’opportunité de la prochaine Assemblée générale des États partis qui se tiendra du 16 au 25 novembre à La Haye (Pays-Bas) pour avoir un dialogue franc et sincère.

De la compétence de la CPI

Notons que la CPI est compétente pour connaitre les crimes les plus graves qui touchent l’ensemble de la communauté internationale. L’article 5 du statut prévoit le crime de génocide, les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre, le crime d’agression. Mais cette compétence reste subsidiaire, c’est-à-dire lorsque le fait incriminé n’est pas poursuivi dans l’Etat parti.

Voilà pourquoi Me Kaba plaide auprès des pays africains en ces termes : « Si chaque Etat jugeait, les crimes énoncés, la Cour pénale internationale seraient moins sollicitée, aurait moins de travail. Ainsi, l’Afrique jugerait les Africains sur le continent. » Le Sénégal et la Côte d’Ivoire sont les deux pays porte-étendard du maintien des pays africains à la CPI.

 

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Après le Burundi, l’Afrique du Sud quitte la CPI et le statut de Rome

L’Afrique du Sud vient d’emboiter le pas au Burundi en se retirant de la Cour pénale internationale (CPI). Sans une ratification du Parlement, les autorités de la Nation arc-en-ciel ont notifié leur décision de retrait aux Nations Unies. Est-ce le signe annonciateur d’un effet domino en Afrique ?

Quand l’Afrique du Sud met sa menace à exécution

Le retrait de l’Afrique du Sud du Statut de Rome était sérieusement envisagé par les autorités sud-africaines. Surtout après l’arrestation manquée d’Omar El-Béchir à Johannesburg en juin 2015 à la fin d’une réunion de l’Union africaine. Maite Nkoana-Mashabane, la ministre des Relations internationales explique le bien-fondé de la décision : « Pretoria estime que ses obligations au regard de la résolution pacifique des conflits étaient parfois incompatibles avec l’interprétation donnée par la CPI. » Tel est le contenu du courrier de notification adressé aux Nations Unies pour justifier le retrait sud-africain. Mais des opposants s’insurgent contre ce retrait car le Parlement n’a pas été avisé préalablement. Toutefois, le gouvernement s’engage à entériner la décision ultérieurement par un vote des parlementaires. Néanmoins, ce retrait prendra effet dans un an à compter de la notification à l’ONU.

Ce retrait s’annonce donc comme la mise en oeuvre d’une menace proférée par Obed Bapela, ministre adjoint des Affaires traditionnelles : « L’ANC se réserve le droit de présenter ces réformes et si elles ne sont pas acceptées nous n’aurons pas d’autre choix que de reconsidérer notre adhésion à la CPI. » Cette menace fait suite à l’attitude controversée d’un juge sud-africain muni d’un mandat d’arrêt de la CPI contre El-Béchir. Ce magistrat a même interdit le président soudanais de quitter le territoire sud-africain. Mais Jacob Zuma avait évité de justesse un incident diplomatique avec Khartoum en raccompagnant sereinement son hôte.

Bujumbura et Pretoria viennent ainsi de donner un signal fort au reste des pays africains qui hésitent à franchir le pas. En dépit des multiples récriminations contre cette justice internationale, d’aucuns s’obstinent à vanter ses mérites. Et pourtant, la quasi-totalité des poursuites vise les dirigeants africains. Alors que d’autres pays commettent de pires atrocités de par le monde sans être inquiétés par la procureure Fatou Bensouda. C’est à croire que la Cour pénale internationale est un instrument des Occidentaux pour soumettre les leaders africains indociles.

Hormis le Kénya de Uhuru Kényatta qui s’annonce déjà, qui sera le prochain sur la liste à franchir le Rubicond ?

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Burundi – CPI : en dépit des diatribes, Nkurunziza promulgue la loi de retrait

Pierre Nkurunziza est plus que jamais décidé à rompre tous les liens avec la justice internationale. Après l’adoption par les deux chambres du Parlement, le président burundais a promulgué la loi portant retrait de la CPI.

Pierre Nkurunziza tourne définitivement dos à la CPI ?

C’est officiel, le Burundi ne fait plus partie du Statut de Rome instituant la Cour pénale internationale (CPI). En effet, le 12 octobre dernier, l’Assemblée nationale et le Sénat burundais avaient décidé du retrait de leur pays de la liste des adhérents. Ainsi, cette loi adoptée à l’unanimité vient de rentrer en vigueur par l’acte de promulgation du président Pierre Nkurunziza. L’article 1er de cet acte est sans ambages : « La République du Burundi se retire du Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI) adopté à Rome le 17 juillet 1998. »

Toutefois, les autorités burundaises devraient notifier cette décision de retrait au secrétaire général des Nations unies par écrit. En outre, la procédure en la matière n’est pas tout à fait automatique. Car le texte instituant la CPI dispose : « Le retrait prend effet un an après la date à laquelle la notification a été reçue, à moins que celle-ci ne prévoie une date postérieure. » N’empêche que les affaires pendantes poursuivront leur cours jusqu’à terme.

Cette décision de retrait du Burundi de la CPI n’a également pas trouvé l’assentiment de Sidiki Kaba. À en croire le ministre sénégalais de la Justice : « Le retrait d’un Etat () constituerait un recul dans la lutte contre l’impunité. » Pour ce faire, il invite les autorités burundaises au dialogue avec la Cour afin de trouver un terrain d’entente. Mais vraisemblablement, Bujumbura fait la sourde oreille à cet appel.

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