Nicolas Sarkozy peut-il changer ?

Entre les propos « J’ai changé » recueillis par Le Parisien, et le visage de l’homme Nicolas Sarkozy, il y a un fossé qui en dit long si nous lui appliquons les méthodes de la morphopsychologie. Plus il prétend qu’il a changé, plus il demeure ce qu’il a toujours été. Tout mea culpa vise le désir de compassion des autres et leur miséricorde. Que vise  Nicolas Sarkozy par ce « J’ai changé » qui ressemble étrangement à un éventuel slogan de campagne électorale du type « yes we can » d’Obama ? Challenges nous en parle ici.

Les confessions suspectes de Sarkozy

Devant des lecteurs du quotidien Le Parisien, avec peu de rigueur et une modestie à peine sincère, Nicolas Sarkozy, ex-président français, sérieusement sanctionné par le vote de ses compatriotes face à François Hollande, peinait à dire: « J’ai beaucoup appris de la défaite. Plus jeune, j’étais un peu bulldozer. J’ai tellement de convictions que je vais parfois trop rapidement à la réponse. Le parler-vrai peut devenir un parler-brutal. Et cela peut blesser. Je le regrette après. »

Et celui qui donne l’impression de détester sa vie loin de l’Élysée, puisqu’il avait fermement promis de quitter la politique en cas de défaite à la dernière présidentielle, ajoute : « Aujourd’hui, je prends plus de précautions. J’aime discuter, j’aime convaincre. J’ai la France en moi. Je n’y peux rien. C’est une passion. Je peux essayer de la domestiquer. Mais le feu incandescent est là« .

Seulement, en dire trop est aussi le signe qu’on en pense moins. Ce qui semble manquer à Sarkozy, c’est avant tout les réunions entre les puissants de ce monde. Car depuis que l’homme a été congédié de son poste de président de la France, il semble terriblement s’ennuyer.

Entre conférences (rémunérées près d’un million d’euros) et les matchs du PSG au Parc des Princes, Sakozy a compris qu’il n’était pas près de recevoir des appels d’Angela Dorothea Merkel ou de Barack Obama qu’il prenait pour ses amis.

Généralement, de telles paroles sont prononcées avec émotion. Malheureusement, cette émotion était visiblement absente de l’attitude de Nicolas Sarkozy justement parce que  » le feu incandescent est là « . L’émotion rime avec la douceur, mais le feu…

Nicolas Sarkozy, ce qu’il ne semble pas savoir, c’est qu’il a tellement mis toutes ses forces dans la bataille face à Ségolène Royal qu’il a déjà épuisé son forfait de promesses. S’il venait de nouveau à concourir pour la présidentielle prochaine en France, il aurait beaucoup de mal à convaincre avec les mêmes idées réchauffées sur l’immigration, le chômage et la sécurité.

Sarkozy devait vider la France de ceux qu’elle n’avait pas invités, il n’a rien fait. Il devait aller chercher le pouvoir d’achat des Français avec les dents, il s’est montré sans la moindre mâchoire…

Comme l’a si bien chanté Magic System, et comme le disent les Ivoiriens depuis très longtemps, « Premier Gaou n’est pas Gaou ». Les Français seront clairement difficiles à duper une seconde fois.

S’il regrette ce qu’il appel le « Le parler-vrai » qui « peut devenir un parler-brutal« , ceux qui ont compris en France lui répondront aux prochaines élections que le « parler-trop fait perdre du temps ». 

Et Sarkozy, il a peut-être amené la France à flirter avec ce qui aurait pu être son dernier traumatisme, une guerre entre ses fils, tous ses fils, avec la façon qu’il avait de dresser la « banlieue » contre les autres.

Des regrets tardifs

L’une des expressions que Nicolas Sarkozy dit regretter est celle qu’il aurait lancée à un noble citoyen de la grande France au Salon de l’Agriculture : « Concernant le ‘casse-toi pauvre con’, j’ai des regrets. Car j’ai cédé à une provocation. Une personne m’avait insulté, c’était son droit après tout. Je n’aurais pas dû lui faire de publicité« .

Est-ce vrai ? Non, Sarkozy avait surtout montré là aussi qu’il était capable de mépriser « le vrai peuple » qu’il prétendait défendre. Un agriculteur mécontent, au salon de son métier et qui refuse de vous saluer, soit vous tracez votre chemin ou vous lui demandez le pourquoi.

Mais comme d’habitude, certains tomberont dans le panneau du « repenti » comme s’il n’y avait que Sakozy à l’UMP, devenu Les Républicains, qui soit capable de gouverner la France. Les Fillon, Morano « la nouvelle copine de Guy Bedos », et Alain Juppé n’en ont pas la faculté.

Avoir changé aurait été pour Nicolas Sarkozy qu’il réalise enfin que faire la passe aux autres, comme dans le football, est un signe d’humilité qui se passe de commentaires.

Découvrez la plus grosse promesse de Sakozy qu’il va peut-être devoir tenir, avec là aussi un « parler-vrai ».

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