Côte d’Ivoire : le gouvernement dévoilé, Diby Koffi et Bacongo out ! Serey-Eiffel arrive

Le nouveau gouvernement ivoirien a été dévoilé ce mardi 12 janvier. C’est le Secrétaire général de la Présidence de la République, Amadou Gon Coulibaly qui a lu le communiqué. Les ministres Diby Koffi, Gnenema Coulibaly, Cissé Bacongo et Mathieu Babaud Darret sortent des rangs. On assiste à l’entrée du très discret mais efficace Phillipe Serey-Eiffel.

Un gouvernement avec peu de changements

Le gouvernement ivoirien est connu. Daniel Kablan Duncan a désormais son équipe. Ainsi, Hamed Bakayoko conserve son portefeuille de ministre d’Etat, de l’Intérieur et de la Sécurité. Il en est de même pour l’indéboulonnable Patrick Achi (Infrastructures économiques). Les chantiers de l’Etat sont nombreux et ils devront se mettre très rapidement à la tâche en vue de conduire la Côte d’Ivoire à l’émergence d’ici l’horizon 2020 qui est un voeu cher à M. Alassane Ouattara.

Charles Diby Koffi (Affaires étrangères) et Gnenema Coulibaly (Justice) quittent le gouvernement. Ils payent un lourd tribut pour leur mauvaise gestion dans l’affaire du mandat d’amener lancé par la Juge française Sabine Khéris contre Guillaume Soro, le Président de l’Assemblée nationale ivoirienne. Le fait le plus marquant est certainement l’arrivée sous les feux des projecteurs de Phillipe Serey-Eiffel, le Coordonnateur du corps des Conseillers de la Présidence de la République. L’homme intègre l’équipe gouvernementale et c’est amplement mérité au regard des grands projets qu’il a savamment orchestré.

Homme de l’ombre et très appliqué à la tâche, cet ancien du Fonds Monétaire International (FMI) met à exécution la plupart des réformes initiées et pilotées par M. Ouattara. Loin des regards indiscrets, M. Eiffel qui est ivoirien faut-il le rappeler, est aussi un homme de réseau qui maîtrise parfaitement les rouages de la gestion des affaires publiques. C’est certainement la surprise du chef non pas en terme de compétences (car elles sont avérées) mais plutôt en terme de notoriété.

Le nouveau gouvernement se présente comme suit :

Premier ministre, ministre de l’Economie, des Finances et du Budget: Daniel Kablan Duncan

Ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité: Hamed Bakayoko

Ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères : Albert Mabri Toikeusse

Ministre d’Etat, ministre de l’Emploi et de la protection sociale: Moussa Dosso

Ministre d’Etat, Ministre du plan et du développement : Kaba Nialé

Garde des sceaux, ministre de la Justice, des droits de l’homme et des libertés publiques : Sansan Kambilé

Ministre de l’Enseignement technique et de la formation professionnelle : Paul Koffi Koffi

Ministre de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur : Aly Coulibaly

Ministre du Pétrole et l’énergie : Adama Toungara

Ministre de l’Industrie et des mines : Jean Claude Brou

Ministre des Infrastructures économiques : Patrick Achi

Ministre de l’Education nationale: Kandia Kamissoko Camara

Ministre du Commerce : Jean-Louis Billon

Ministre de la Fonction publique et de la modernisation de l’Administration : Pascal Abinan Kouakou

Ministre des Transports : Gaoussou Touré

Ministre des Ressources animales et halieutiques : Kobenan Kouassi Adjoumani

Ministre de la Santé et de la lutte contre le SIDA : Raymonde Goudou Coffie

Ministre de l’Agriculture et du développement rural: Mamadou Sangafowa Coulibaly

Ministre de la Construction et de l’urbanisme : Mamadou Sanogo

Ministre de l’Habitat et du logement social : Gnamien Konan

Ministre de la Salubrité urbaine et de l’assainissement : Anne Désirée Ouloto

Ministre de l’Industrie et des mines : Jean-Claude Brou

Ministre de la Promotion de la femme, de la famille et de la protection de l’enfant : Euphrasie Kouassi Yao

Ministre de la Culture et de la Francophonie : Maurice Kouakou Bandaman

Ministre de l’Economie numérique et de la Poste, Porte-parole du gouvernement : Bruno Nabagné Koné

Ministre des Sports et loisirs : Albert François Amichia

Ministre de l’Entreprenariat national, de la promotion des PME et de l’artisanat : Anzoumana Moutayé

Ministre des Eaux et forêts : Louis-André DakouryTabley

Ministre de la Communication, Porte-parole adjointe du gouvernement : Affoussiata Bamba-Lamine

Ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique : Ramata Ly Bakayoko

Ministre du Tourisme : Roger Kacou

Ministre de la Solidarité, de la cohésion sociale et de l’indemnisation des victimes : Mariatou Koné

Ministre des Droits de l’homme et des libertés publiques : Kouadio Ezohé

Ministre auprès du Premier ministre chargé de l’Economie et des finances : Adama Koné

Ministre auprès du Premier ministre chargé du Budget et du portefeuille de l’Etat : Abdourahmane Cissé

Ministre de la Promotion de la jeunesse, de l’emploi des jeunes et du service civique : Sidi Tiémoko Touré

Ministre d’Etat Secrétaire général de la Présidence de la République : Amadou Gon Coulibaly

Ministre d’Etat auprès du Président de la République chargé du dialogue politique et des relations avec les institutions : Jeannot Kouadio Ahoussou

Ministre Directeur de cabinet du Président de la République : Marcel Amon Tano

Ministre des Affaires présidentielles : Téné Birahima Ouattara

Ministre Secrétaire général délégué à la Présidence de la République chargé des grands projets : Philippe Serey-Eiffel

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Côte d’Ivoire : Téné Birahima Ouattara pousse Diby Koffi vers la porte de sortie

Téné Birahima Ouattara est véritablement l’homme à tout faire du côté du Palais présidentiel. Il est affectueusement surnommé « Photocopie » compte tenu de sa ressemblance frappante avec le Président Alassane Ouattara dont il est le frère cadet. Il vient de rafler la mise pour la construction des chancelleries à l’étranger au grand dam du ministre Diby Koffi.

Téné Birahima Ouattara étend ses pouvoirs à la diplomatie

Téné Birahima Ouattara est la cheville ouvrière au sein du Cabinet présidentiel. Ministre des affaires présidentielles, Trésorier de la Présidence de la République entre autres, l’homme a un droit de regard sur tous les dossiers de haute importance dans lesquelles la Côte d’Ivoire est engagée. Le dernier fait en date est sa mainmise contre toute attente sur le projet de construction des chancelleries ivoiriennes à l’étranger, révèle La Lettre du Continent. La gestion d’un tel projet est en principe du ressort du Ministère des Affaires étrangères représenté par Charles Diby Koffi, le titulaire du département.

L’Etat de Côte d’Ivoire nourrit l’ambition de disposer de son propre patrimoine immobilier pour réduire de façon drastique les importantes sommes d’argent allouées à la diplomatie et qui coûtent les yeux de la tête au pays. Kader Coulibaly, l’agent comptable central du Trésor public, est chargé de travailler sur les questions financières afférentes à ce dossier.

Elu Député de Kong (localité située au nord du pays) en 2011, Birahima Ouattara est le Premier ministre du Shadow cabinet (traduisez le cabinet de l’ombre) de son frère de Président. Figure de proue du Rassemblement Des Républicains (RDR, le parti au pouvoir) et homme de l’ombre, il est celui qui tire les ficelles dans les affaires dans lesquelles le chef de l’Etat ivoirien ne peut pas s’afficher directement.

Téné Birahima Ouattara forme avec Amadou Gon Coulibaly, le tout-puissant ministre d’Etat et Secrétaire général de la Présidence de la République, Marcel Amon Tanoh, le Directeur de cabinet, et Fidèle Sarassoro, le chef de cabinet, un quatuor de feu qui limite très souvent le champ d’action du gouvernement.

Que pensez-vous de la montée en puissance du frère cadet du chef de l’Etat ?

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Côte d’Ivoire : Après le mandat d’amener, Soro Guillaume mis en examen

Le Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire Soro Guillaume n’est plus sous mandat d’amener, mais l’homme vient d’être mis en examen par la juge Sabine Khéris pour les faits qui lui sont rapprochés dans l’affaire Michel Gbagbo.

Après le mandat d’amener, place à une mise en examen de Soro Guillaume

Guillaume Soro a été convoqué par la juge française Sabine Khéris pour être entendu sur les accusations portées contre lui pour « séquestration, traitements inhumains et dégradants.» Après avoir justifié d’un agenda trop chargé pour manquer le premier rendez-vous avec la justice, Soro Guillaume a fait un séjour à Londres sur invitation du Parlement du Royaume-Uni.

Petit problème tout de même, le président de l’hémicycle ivoirien a fait un détour par la France où il a rencontré le président Alassane Ouattara. Soro a ensuite pris le temps de visiter la capitale française et notamment Château Rouge, un quartier du 18eᵉ arrondissement de Paris où est concentré une forte communauté africaine. Le bain de foule que s’est offert le PAN à sa sortie d’un salon de coiffure a même été évoqué dans les médias.

Malgré cette disponibilité, l’ancien chef rebelle du MPCI n’a pas trouvé utile de se présenter au bureau de la juge française ou même échanger avec ses services dans le cadre de la procédure qui le vise. Il y a 48 hures, la juge Sabine Khéris, informée de la présence de Soro en France, lançait contre lui un mandat d’amener. Les services de police et des enquêteurs se rendront à son domicile situé en région parisienne en vue de l’interpeller.

Retranché dans un hôtel de la région parisienne, avec à l’évidence l’impossibilité d’en sortir pour rallier Abidjan, Guillaume Soro a dû faire profil bas. En cas de présentation à l’aéroport, il encourait le risque d’être arrêté. Son salut est venu d’Abidjan qui a protesté vigoureusement contre l’arrestation d’une personnalité ivoirienne de premier rang qu’il est, qui plus est en mission officielle, au mépris des règles qui encadrent les rapports entre la Côte d’Ivoire et la France.

Le ministre ivoirien des Affaires étrangères, monsieur Charles Diby Koffi convoquera Georges Serre, l’Ambassadeur français, en poste à Abidjan, pour lui demander des explications sur les agissements de la France. Quelques heures après, on apprenait la levée du mandat d’amener contre Soro Guillaume par Sabine Khéris. Sort, via son collectif d’Avocats, envisage une plainte contre Michel Gbagbo pour « dénonciation calomnieuse ».

Kouamouo annonce la mise en examen de Soro guillaume

Seulement, l’affaire est loin d’être réglée, à en croire Théophile Kouamouo. Le journaliste franco-camerounais, spécialisé dans les affaires ivoiriennes, annonce sur sa page Facebook la mise en examen de Guillaume Soro. Il a posté peu après midi : « Selon mes informations, Guillaume Soro vient d’être mis en examen par la juge Sabine Kheris. »

Pour rappel, c’est le même journaliste qui avait divulgué les bandes-son de l’échange téléphonique entre Guillaume Soro et Djibril Bassolé pour la mise en place d’un plan devant éviter l’échec du coup d’État manqué au Burkina Faso. Soro Guillaume qui a taxé de « montage » cette écoute téléphonique a là aussi l’occasion de tirer l’affaire au clair en profitant de sa présence en France pour la faire authentifier par des experts.

D’après vous, comment finira l’affaire Soro Guillaume ?

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Côte d’Ivoire : l’Etat vole au secours de Soro. Diby convoque l’Ambassadeur de France

Soro est peut-être celui par qui une crise diplomatique entre la Côte d’Ivoire et la France pourrait voir le jour. A l’origine, un mandat dit mandat d’amener a été lancé par la Juge Sabine Khéris contre le Président de l’Assemblée nationale ivoirienne alors qu’il séjournait dans l’Hexagone. Le ministre Diby Koffi a réagi ce mardi, a-t-on appris de Jeune Afrique.

Soro bénéficie (enfin) du soutien de l’Etat ivoirien

Soro peut désormais compter sur le soutien du gouvernement de Côte d’Ivoire. Charles Diby Koffi, le chef de la diplomatie ivoirienne, a exprimé le mécontentement de son pays face aux agissements de la France :  « J’émets une vive protestation contre le mandat d’amener émis dans le cadre d’une plainte du fils de l’ex-président Laurent Gbagbo. Le président de l’Assemblée est en mission officielle de représentation à travers un mandat que lui a donné le président de la République. Il bénéficie d’une immunité absolue. »

Le ministre des Affaires étrangères a par ailleurs convoqué Georges Serre, l’Ambassadeur français en poste à Abidjan, pour qu’il soit entendu dans le cadre de cette affaire. Le diplomate a reçu un courrier adressé à son supérieur hiérarchique en l’occurrence Laurent Fabius, le chef de la diplomatie française, et qu’il est chargé de lui transmettre. Charles Diby Koffi s’est voulu clair et catégorique à ce sujet : « Nous exigeons que le mandat soit annulé car il viole complètement les accords de coopération, la convention de Vienne et les traités pour les immunités . »

Les avocats de Guillaume Soro ont fait une déclaration ce lundi 7 décembre pour dénoncer les agissements de la Juge d’instruction française. La Défense du chef du Parlement ivoirien note aussi la méconnaissance des pratiques et usages diplomatiques admis et reconnus pour parler des conditions dans lesquelles ce mandat d’arrêt a été émis.

Pour le camp Soro : « Les faits allégués, minimes, restent à prouver. Michel Gbagbo s’est plaint des conditions de son arrestation (…) Aucune preuve de violences physiques n’a pu être établie lors de cette arrestation. »

Cette sortie des autorités ivoiriennes pourraient porter un coup d’arrêt aux relations bilatérales des Etats protagonistes.

Selon vous, la prise de position de l’Etat de Côte d’Ivoire dans cette affaire n’arrive-t-elle pas trop tard ?

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