Côte d’Ivoire : Contre les dirigeants africains, Tiken Jah sort sa « 3e dose »

L’artiste engagé Tiken Jah Fakoly ne cesse de fustiger les tares qui gangrènent la société africaine. Le reggaeman ivoirien va donc sortir un nouvel opus dans lequel il dénonce le troisième mandat des présidents africains.

Tiken Jah s’oppose au 3e mandat des chefs d’État africains

Tiken Jah Fakoly entend infliger sa « 3eme dose » à tous ces présidents africains qui veulent se maintenir au pouvoir. En effet, il est d’actualité que plusieurs dirigeants africains modifient la Constitution de leur pays pour se présenter indéfiniment. Ainsi, la star ivoirienne semble se révolter contre cette pratique anti-démocratique : « Je n’avais pas prévu un album cette année. Mais par rapport à ce qui se passe dans l’actualité, j’ai pensé à sortir cet EP. » Puis, il ajoute : « Vouloir se présenter au-delà de deux mandats ou s’éterniser au pouvoir est même un manque de respect vis-à-vis des gens de son propre parti politique. C’est comme si vous êtes le plus intelligent et le plus fort. À part vous, il n’y a pas d’autres personnes capables de gérer le pays ? »

Aussi, du Burundi en RD Congo en passant par le Tchad, le Cameroun, le Congo-Brazzaville, le Rwanda et bien d’autres, les exemples des chefs d’État qui s’accrochent au pouvoir en Afrique sont légion. Et pourtant, il y a de jeunes cadres africains qui attendent également de se faire valoir au sommet de l’État. Mais la vieille classe politique ne cesse de leur faire ombrage, empêchant ainsi une réelle émergence de l’Afrique. C’est donc pour changer les mentalités et faire bouger les lignes que la reggae star ne cesse d’interpeller : « C’est important de laisser d’autres gens du parti, surtout les jeunes s’exprimer et exprimer leurs compétences. »

La sortie officielle de ce maxi-single de quatre titres est prévue pour le 7 janvier prochain. Il prévoit également un concert à Abidjan au cours duquel il entend mettre en garde tous ces leaders africains qui seraient tentés par un énième mandat. Comparaison n’est certes pas raison, mais la chancelière allemande Angela Merkel rempile pour un quatrième mandat, sans bruits discordants.

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La foire à l’assassinat des Chefs d’État africains

De 1963 à 2011, 21 Chefs d’État africains ont été assassinés. L’assassinat d’un chef d’État africain ne surprend guère mais rappelle chaque fois les raisons de l’assassinat, et naturellement rappelle aussi le président précédemment assassiné. Le comble est que l’histoire renaît sur les lèvres et alimente les débats sur l’actualité, mais comme un sort, les mêmes erreurs se commettent au sommet des pouvoirs et s’en suit un nouvel assassinat. Akody.com en dresse ici la liste.

La foire à l’assassinat des Chefs d’État en Afrique

Le Togo ouvre en 1963 la foire à l’assassinat des Chefs d’État africains avec la mort de Sylvanus Olympio.  Trois ans après suit John-Aguiyi Ironsi, président du Nigeria en 1966. Ensuite, Abdirachid-Ali Shermake de la Somalie en 1969, Abeid-Amani Karumé du Zanzibar en 1972, Richard Ratsimandrava de Madagascar en 1975 avec son homologue François-Ngarta Tombalbaye, président de la République du Tchad. En 1976, 1977 et 1981, ce sont successivement les présidents Murtala-Ramat Mohammed du Nigeria, Marien Ngouabi du Congo-Brazzaville, Teferi Bante d’Ethiopie, Anouar el-Sadate d’Egypte et William-Richard Tolbert du Liberia, qui ont animé la foire à l’assassinat.

A partir de 1987, entrent dans le buzz à l’assassinat Thomas Sankara du Burkina-Faso, Ahmed Abdallah (1989) des îles Comores, Samuel-Kanyon Doe (1990) encore du Liberia, Mohammed Boudiaf (1992) d’Algérie, Melchior Ndadayé (1993) et Cyprien Ntaryamira (1994) du même Burundi. Dans la même année, Juvénal Habyarimana du Rwanda est frappé. En 1999, c’est autour d’Ibrahim Barré-Maïnassara, président du Niger, en 2001, Laurent-Désiré Kabila du Congo-Kinshasa et enfin de Mouammar khadafi de la Libye en 2011.

A qui le prochain tour ?

Quand on sait qu’on vit dans un monde démocratisant qui raffine de plus en plus sa civilisation, et que des Chefs d’État africains continuent à piétiner la Constitution de leurs pays, ne doit-on pas s’attendre à un rallongement de cette liste?

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