Côte d’Ivoire : Quand le procès Gbagbo met à nu le dispositif sécuritaire ivoirien

Les trois derniers témoins intervenants au procès Gbagbo à la CPI se sont particulièrement focalisés sur le dispositif sécuritaire ivoirien. Que ce soit Dosso Sinaly, Adomo Bonaventure ou encore Bredou M’Bia, tous les témoignages avaient trait aux activités des FDS.

Le dispositif sécuritaire de la Côte d’Ivoire dévoilé par les témoins

À vouloir établir le plan commun qu’auraient mis en oeuvre Laurent Gbagbo et son camp pendant la crise post-électoral, c’est tout le dispositif sécuritaire de la Côte d’Ivoire qui est porté à la place publique. En effet, durant cette période tumultueuse, les forces de défense et de sécurité ont mis en place un dispositif d’action. Cependant, c’est l’ensemble de leurs mouvements et leurs pseudonymes de couverture qui ont été dévoilés lors du procès.

Dosso Sinaly, expert en écoute privé passe à la barre de la CPI

L’ex-militaire Dosso Sinaly a révélé avoir piraté le PC radio de la police, de la gendarmerie ainsi que celui de l’armée afin de pouvoir écouter et savoir les différents mouvements des troupes sur le terrain. De même, Azur, Mercure, Appolon, Balzac, Cosmos, Faucon, sont autant de noms de code qu’il n’a pas hésité à dévoiler. Révélant par moment la chaîne de commandement et la manière dont fonctionnaient les forces armées ivoiriennes. Il s’est également adonné à des analyses personnelles pour mieux appuyer sa déposition. De même, le témoin a révélé qu’il suffisait pour toute personne désirant écouter les forces armées ivoiriennes d’acquérir n’importe quel poste radio pouvant capter les bandes VHF et UHF, et le tour est joué.

Le témoin Adomo Bonaventure dit craindre pour sa sécurité

Quant au commissaire Adomo Bonaventure Séverin, il a mis à nu le dispositif mis en place par la police nationale. Ce témoin qui dit craindre pour sa sécurité, a relaté avec détails, le fonctionnement des commissariats et districts de polices d’Abidjan. Il a par ailleurs donné le fonctionnement officiel des différents PC radio mis en place pour coordonner les activités sécuritaires. Le commissaire s’est également appesanti sur la manière dont la préfecture, les districts et les commissariats de police d’Abidjan fonctionnaient. L’actuel Directeur Opérationnel de l’Unité de Lutte Contre les Crimes Transnationaux a également fait d’énormes révélations sur la police.

Bredou M'Bia crée un incident à La Haye

Enfin, c’est le même son de cloche pour l’actuel témoin qui n’est autre que Bredou M’Bia, l’ex-DG de la police nationale. L’Administrateur général de la police nationale s’est également mis à table pour donner les détails du fonctionnement du corps qu’il a dirigé près de 10 ans durant. Ce fût également un témoignage qui donne les détails de l’appareil sécuritaire ivoirien. M. Bredou n’a pas encore fini de déposer, mais tout porte à croire qu’il fera davantages de révélations.

Aussi, avec tous ces témoignages, l’on se demande de savoir si la Côte d’Ivoire est encore convenablement protégée. Car certaines informations qui pouvaient être classées secret défense ont toutes été mises à la place publique. Qu’est-ce qui pourrait donc rester de l’édifice défensif de la Cote d’Ivoire après ce procès ? Surtout que d’autres généraux sont attendus à la barre ?

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Côte d’Ivoire : Bredou M’Bia, l’ex-DG de la police, témoin au procès Gbagbo

L’administrateur général Bredou M’Bia est actuellement présent à la barre de la CPI pour dire sa part de vérité. Directeur général de la police ivoirienne lors de la crise postélectorale, P46 entend dire « toute la vérité ».

Bredou M’Bia face à Gbagbo et Blé Goudé

Au nombre des témoins partis déposer à La Haye, Bredou M’Bia fait partie des acteurs clés de la crise. Aussi, l’ex-Directeur général de la police nationale est appelé à « dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité ». Chose pour laquelle il a prêté serment et s’est engagé à être impartial dans sa déposition. D’entrée, le fonctionnaire de police s’est attelé à donner l’organisation, le rôle et le fonctionnement de la police nationale ivoirienne. L’interrogatoire du procureur Mc Donald a par ailleurs permis d’avoir une vue synoptique de la police ivoirienne.

Toutefois, l’interrogatoire de l’ancien patron de la police, aussi bien sous Laurent Gbagbo que sous Alassane Ouattara, se poursuit. La défense attend également son tour pour procéder au contre-interrogatoire. Notons par ailleurs que Bredou M’bia a été demis de ses fonctions de DG de la police en janvier dernier. La raison officielle ? La mutinerie des 8400 soldats ex-rebelles intégrés à l’armée ivoirienne qui a secoué Bouaké et d’autres villes ivoiriennes. Et depuis ce temps, il n’occupe plus de fonction officielle au sein de la police.

Précisons à toutes fins utiles que le débat sur la protection de l’identité du témoin avait fait rage, hier, à la Cour pénale internationale (CPI). Mais en fin de compte, le juge président Cuno Tarfusser a tranché en faveur d’une déposition à visage découvert, avec quelques huis clos partiels, en cas de besoin.

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Procès Gbagbo : Le témoin Adomo Bonaventure craint pour sa sécurité à Abidjan

Le ballet des témoins se poursuit à la barre de la CPI au procès de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé. Sauf que l’actuel témoin, le Commissaire Adomo Bonaventure Sévérin dit craindre pour sa sécurité à Abidjan après son témoignage.

Le Commissaire Adomo Bonaventure Sévérin, témoin malgré lui ?

Les témoins qui se sont succédés, jusqu’ici, à la barre de la CPI pour déposer ont eu des fortune diverses. Tandis que certains ont accepté de témoigner à visage découvert, d’autres par contre, ont préféré flouter leur image. Toutefois, le témoin Adomo Bonaventure Séverin a relevé d’entrée qu’il craignait pour sa sécurité, après avoir rendu son témoignage. Aussi, à huis partiel, le juge président Cuno Tarfusser l’a-t-il rassuré des mesures de protection et de sécurité dont il fait l’objet, aussi bien pendant sa déposition qu’au-delà.

Mais pourquoi dire la vérité sur la crise postélectorale pourrait-elle être objet de crainte de la part d’un témoin ? De quelle nature seraient les faits qu’il s’apprêterait à dévoiler au point de redouter des représailles après son témoignage ? Ou bien aurait-il voulu prendre à contre-pied de probables instructions pour s’en tenir à la stricte vérité ? Toutes ces interrogations qui taraudent dans l’esprit des observateurs laissent présager qu’il y aurait anguille sous roche.

Notons qu’Adomo Bonaventure Guillaume Séverin est actuellement chef de l’UTC à la Direction de la Police Nationale. Au conseil des ministres du 18 décembre 2015, l’actuel témoin avait été nommé Directeur Opérationnel de l’Unité de Lutte Contre les Crimes Transnationaux par décret signé par le président Alassane Ouattara.

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CPI : Le témoin Dosso Sinaly dévoile des écoutes des ex-FDS lors de la crise

Le 31e témoin à comparaitre dans le procès de Laurent Gbagbo et Blé Goudé est entré en scène ce mercredi. Dosso Sinaly, cet ex-militaire spécialisé en écoute radio dit avoir réalisé plusieurs «écoutes privées» durant la crise postélectorale.

Police, Gendarmerie et Garde républicaine placées sur écoute par Sinaly

Alors que la crise postélectorale battait son plein en 2010-2011, police, gendarmerie et Garde républicaine seraient placées sur écoute. Telle est la révélation de Dosso Sinaly, le 31e témoin du procureur, appelé à la barre par la CPI. En effet, lors de sa déposition, ce militaire à la retraite déclare : « J’ai fait spécialement des écoutes privées après les élections. Les réseaux n’étaient pas sécurisés à l’époque. Je n’avais pas d’équipements professionnels, mais j’écoutais les réseaux qui intervenaient sur le terrain comme la Police, la gendarmerie et la Garde républicaine. » Aussi, le témoin déclare avoir capté et noté plusieurs communications entre les forces fidèles à l’ex-président Laurent Gbagbo.

Aussi, le témoin déclare avoir fait ces écoutes privées à domicile, pour sa propre sécurité. Par ailleurs, il dévoile les noms de code et indicatifs attribués à certains éléments lors de leur mission de terrain. Azur, Mercure, Radiale, Camelot, Rodex, Appolon, Balzac, Médiane, Cosmos, Atlas, Faucon, Etoile… sont autant d’indicatifs qui désignaient des personnes, détentrices de radio ou même des donneurs d’ordre lors de leurs conversations sur leurs réseaux. Par ailleurs, le témoin dit avoir entendu plusieurs conversations, mais regrette « ne les avoir pas enregistrés ».

D’entrée, il avait révélé que le colonel Bogou Marc l’avait relevé de ses fonctions du fait de ses origines et son appartenance politique, soupçonné d’être militant du RDR, le parti d’Alassane Ouattara. Toutefois, il note être militant du PDCI-RDA, d’Henri Konan Bédié, allié du RDR dans le RHDP, coalition au pouvoir.

Au premier jour d’audience, le témoin est pour l’instant soumis à l’interrogatoire du bureau du procureur. Certainement que son témoignage permettrait de dévoiler le plan commun allégué. À moins que sa déposition ne soit entachée de parti-pris.

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Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé face au témoin 106

Ce lundi 6 février, le procès du président de la Côte d’Ivoire, M. Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé (son ministre) à la CPI (Cour pénale internationale) a repris. C’est devant le témoin 106 que les deux Ivoiriens se retrouvent ce matin à La Haye.

Reprise du procès  Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé

L’ancien président de la Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo et son ministre Charles Blé Goudé comparaissent ce matin après plusieurs semaines de pause. Ils sont accusés d’avoir commis des crimes contre l’humanité lors de la crise postélectorale de 2010. L’ancien président ne reconnait pas la victoire de son rival Alassane Ouattara, candidat du RDR, actuel parti au pouvoir.

Il avait fini par être chassé du pouvoir par l’armée française et les soldats rebelles qui soutenaient le président Ouattara. Avant la dégénérescence de cette crise, le Pr Laurent Gbagbo qui dénonçait de graves tricheries de son adversaire avait appelé à faire recompter les voix. La France, alors dirigée par Nicolas Sarkozy, avait refusé cette solution et appelé l’ex-chef de l’État à partir du pouvoir au risque d’aller le chercher.

Procès Laurent Gbagbo et Blé Goudé P 106Le fondateur du FPI a refusé d’accepter cette injonction de la France, ce qui lui a fallu les bombardements de sa résidence jusqu’à son arrestation. Déporté le 13 avril 2011 dans un premier temps dans une résidence surveillée à Korhogo, dans le nord de la Côte d’Ivoire. Il a été transféré à la CPI où il est jugé depuis déjà plusieurs années. Après une pause de plusieurs semaines dans ce procès, ce lundi 6 février marque sa reprise avec l’audition du témoin P 106.

Le président ivoirien Alassane Ouattara avait rencontré en secret le procureur argentin de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, à Paris, le 26 novembre 2011. Le 29 novembre, M. Laurent Gbagbo quittait la terre de ses ancêtres pour la prison de La Haye. Vous pouvez suivre le procès sur ici Lien.

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La Haye: les intrigues de la CPI mises à nu par le témoin P.483

Les intrigues de la Cour Pénale Internationale (CPI) viennent d’être mises à nu par le témoin P.483, qui répond au pseudonyme de « Gbagbo Junior ». Recruté par la procureure Fatou Bensouda, ce dernier va désavouer publiquement la procureure en livrant les secrets et les péripéties de son recrutement.

Le témoin P.483 dévoile les intrigues de la CPI à la Haye

Le témoin P.483 qui répond au pseudonyme de « Gbagbo Junior » vient de révéler après son témoignage à la CPI, les intrigues de la Cour par l’entremise de la procureur Fatou Bensouda. Nous vous donnons ici les extraits poignants de son récit.

D’abord, Gbagbo Junior rappelle la prise de contact avec les émissaires de la CPI: « Mi 2015, je reçois l’appel d’un agent de l’Onuci me disant qu’il faut que j’aille témoigner. Je dis où? Il ne me donna aucune réponse. Après une dame (Fatou Bensouda) de la CPI m’a appelé, me disant de témoigner et qu’elle viendrait vers moi. J’ai donc donné ma position et elle est venue vers moi. Elle m’a dit qu’elle voudrait forcément que je témoigne car si je ne témoignais pas, la vie de ma famille et de moi-même serait en danger. Mais, elle voudrait que je témoigne contre le Président gbagbo », a t-il planté comme décor.

Ensuite, il révèle les propositions indécentes pour le corrompre: « Ils ont commencé à me faire des cadeaux (portables, l’argent, aides, habits et tout)…Pour me blaguer, la CPI m’a envoyé au Maroc faire un long temps là-bas. Je ne manquais de rien (…) Ils m’ont promis voiture, maison, assez d’argent si je témoignais contre mon Président Gbagbo », a t-il mis à nu.

Ensuite, il a évoqué l’étape de la dissuasion et de la vérité lorsqu’il a refusé de témoigner contre son mentor Gbagbo: « Après cela, ils m’ont envoyé au Sénégal, j’y suis resté deux (2) mois…Ils m’ont tourné et tourné, après ils m’ont renvoyé à Casablanca (…) La CPI ne s’occupait plus de moi, ils ont bloqué mon passeport, m’ont arraché les portables et appareils qu’ils m’avaient donnés. Ils m’ont remis 60 euros pour le reste de mon séjour », dénonce t-il vivement.

Enfin, il laisse le message suivant: « Je voulais leur dire que je m’en fous car j’ai dit la vérité sur mon Président et j’ai sauvé ma dignité (…) Jamais je ne trahirai mon Gbagbo. Ils m’ont arraché tous les habits de froid (…) et depuis j’en souffre. Mais, pour Gbagbo je garde ma dignité », conclut-il.

 

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Côte d’Ivoire: Procès Gbagbo – Blé Goudé, le porte-parole de la CPI donne les nouvelles

Alors que l’on attend la reprise du Procès conjoint de Gbagbo Laurent et Charles Blé Goudé, le porte-parole de la Cour Pénale Internationale (CPI), Fadi El Abdallah a accordé une interview à Koaci.com dans laquelle il donne les nouvelles fraîches de ces leaders politiques ivoiriens.

CPI: les nouvelles de Gbagbo et Blé Goudé données par Fadi El Abdallah

Le porte-parole de la CPI, est revenu sur l’émission des mandats d’arrêt non pour les pro-Gbagbo uniquement, mais aussi pour le camp Alassane Ouattara:  » A ce jour, la Cour a émis trois mandats d’arrêt dans le cadre de la situation en Côte d’Ivoire. Il s’agit des mandats à l’encontre de Laurent Gbagbo, Charles Blé et de Simone Gbagbo. Concernant Simone Gbagbo, les autorités ivoiriennes ont contesté la recevabilité de l’affaire mais la Cour a confirmé en mai 2015 sa recevabilité. Le mandat d’arrêt demeure donc valide et exécutoire. Le Bureau du Procureur de la CPI poursuit ses enquêtes de façon impartiale sur tous les crimes commis en particulier lors des violences post-électorales entre novembre 2010 et avril/mai 2011, quels que soient les auteurs potentiels et leurs affiliations. La politique adoptée par le Procureur est de se concentrer sur les principaux responsables des crimes les plus graves. Dès que le Bureau aura récolté suffisamment d’éléments de preuve pour demander l’émission de nouveaux mandats d’arrêt, il le fera. On notera que la CPI ne se substitue pas aux systèmes nationaux de justice pénale ; elle en est le complément. Les États gardent la responsabilité première pour juger les auteurs des crimes les plus graves. Il est important de rappeler que, alors même que la justice doit être rendue de manière transparente, les activités d’enquêtes en cours doivent quant à elles rester confidentielles : le Bureau du Procureur ne se prononcera donc pas sur les spéculations des uns ou des autres, ni sur les résultats possibles des enquêtes, ni sur des éventuels mandats d’arrêt. « 

Ensuite, M. Fadi El Abdallah a donné l’état de la caisse de la CPI après le problème budgétaire que posait la Cour pour poursuivre le procès conjoint de Gbagbo et Blé Goudé:  » Concernant le calendrier des audiences, il s’agit de la question de l’utilisation simultanée des différentes salles d’audiences de la Cour, puisqu’il y a en cours plusieurs procès actuellement alors que seulement deux salles sont disponibles. L’organisation du calendrier des audiences est décidée par les Chambres en fonction des différentes circonstances et conditions logistiques, y compris la disponibilité des salles d’audience et le bon déroulement des différentes procédures en cours. Il est à noter de toute façon qu’une période d’interruption aurait été nécessaire puisqu’il y avait les vacances judiciaires et le besoin des différentes parties pour se préparer pour les prochaines audiences. »

Pour finir, le porte-parole de la CPI a abordé la question de liberté provisoire de Gbagbo, liberté pour laquelle une manifestation des panafricanistes est prévue d’ici au 06 février aux abords de la Cour:  » Finalement, il relève du pouvoir des autorités des Pays-Bas, et non de la CPI, de donner les autorisations pour les manifestations (…) Il faut noter également que le nombre des témoins, de l’Accusation ou de la Défense, est présenté par les parties aux Juges qui décident finalement en fonction des besoins de chaque affaire, du nombre des charges et des questions qu’elles soulèvent. Les juges sont les garants des droits de la Défense, y compris le temps nécessaire pour les préparations de la Défense et que le procès ne souffre d’aucun retard non justifié (…) La question de la liberté provisoire a déjà été tranchée par les juges. Il reviendra à la Défense de soulever la question à nouveau si besoin, et les juges en décideront le cas échéant « .

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La Haye: la CPI interdit les manifestations de soutien à Gbagbo autour du tribunal

C’est bientôt la reprise du procès du Président Gbagbo. La Cour Pénale Internationale (CPI) a interdit aux manifestants pro-Gbagbo de tenir des meetings, sit-in ou autres formes de protestations dans les environs de la Cour.

Reprise du procès de Gbagbo. La CPI refuse les manifestations autour de la Cour

Le procès du Président Gbagbo devait bientôt reprendre. Suspendu pour des problèmes budgétaires, le procès conjoint de Blé Goudé et Laurent Gbagbo est prévu pour reprendre le 06 février prochain. Le week-end dernier, Fabrice Lago alias Steve Beko a donné l’information selon laquelle la Cour Pénale Internationale (CPI) refuse de permettre que ses environs soient utilisés pour tenir des manifestations démocratiques en faveur du Président Gbagbo.

Il faut rappeler que Steve Beko est le principal organisateur d’un rassemblement des panafricains qui doit se tenir à la CPI lors de la reprise du procès de Gbagbo. Il souhaite un grand déferlement de ses partisans à la Haye afin de se faire entendre par la Cour Pénale Internationale (CPI), pour qu’elle puisse accorder au moins la liberté provisoire à leurs leaders :

 » Ce déplacement s’inscrit dans la droite ligne de ce que nous faisons depuis le début de ce procès. A chaque reprise, nous avons toujours organisé une grosse manifestation pour réclamer la libération du président Gbagbo injustement détenu par cette cour qui a fini par convaincre tout le monde que son vrai but n’est pas de rendre justice mais d’écarter un insoumis, une personne qui a osé dire non là où on souhaite que les africains subissent sans se plaindre« , a déclaré Steve Beko à ce sujet.

Poursuivant, il ajoute que « Ce voyage cependant, revêt un caractère exceptionnel car vous avez constaté avec nous que le procès a été interrompu pendant plus d’un mois parce que selon le juge principal, la CPI connaît des problèmes de trésorerie. Nous sommes outrés que Charles Blé soit obligé de dormir en prison parce que la CPI n’a pas d’argent pour le procès. Nous disons qu’il faut au moins accorder la liberté provisoire à nos leaders le temps de la durée du procès », a t-il conclu.
Le procès conjoint de Blé Goudé et du Président Gbagbo reprend le 6 février 2017.
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Depuis la Haye, Gbagbo forme ses voeux à toute la Côte d’Ivoire

Le Président Laurent Gbagbo en ce moment incarcéré à la Cour Pénale Internationale (CPI), a formé ses vœux de nouvel an à l’endroit de toute la Côte d’Ivoire et surtout à l’endroit des prisonniers et exilés politiques. Il a eu aussi une pensée pour tous ces bienfaiteurs.

Les vœux de Gbagbo à toute la Côte d’Ivoire depuis la Haye

 » « À l’aurore de la nouvelle année, je voudrais souhaiter à chacune et à chacun de mes chers compatriotes une très bonne année. Je formule le vœu d’une paix individuelle et collective à toutes les Ivoiriennes et à tous les Ivoiriens.

 En ces moments particuliers de joie, j’ai une pensée profonde de tristesse pour les centaines de prisonniers politiques et les milliers d’exilés qui attestent de la faiblesse de la cohésion sociale dans notre pays.

Je souhaite la libération de ces prisonniers et le retour d’exil de nos nombreux frères et sœurs.

Je voudrais profiter de ces moments de bilan pour remercier très sincèrement toutes les personnes qui , à travers le monde, sous diverses formes, prennent des initiatives individuelles ou collectives en faveur de ma cause et de celle du ministre Blé Goudé. Je leur exprime ici et maintenant ma profonde gratitude.

Je marque une attention particulière à l’ensemble des anciens Chefs d’État d’Afrique regroupés au sein du « Forum » dirigé par le Président Joaquim Chisano. Leur engagement inlassable à nos côtés reste un témoignage fort de fraternité.

J’adresse également mes vifs remerciements au Premier Ministre Joseph Koffigoh du Togo et à notre illustre doyen, le ministre Bernard Dadié pour leur initiative d’une pétition internationale en faveur de notre libération. Ma gratitude va aussi à l’endroit de tous ceux qui ont porté cette initiative. Que Dieu les en rétribue au-delà de leurs espérances. »

Bonne et heureuse année 2017

Que Dieu bénisse la Côte d Ivoire.

Le Président Laurent GBAGBO

Po le ministre KONÉ Katinan Justin « 

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Gambie : Alpha Condé vole au secours de Yahya Jammeh

Alpha Condé vient de prendre à contre-pied ses pairs de la CEDEAO dans la résolution de la crise gambienne. Tandis que ces derniers envisagent une intervention militaire, le président guinéen préconise plutôt le dialogue pour convaincre le président Jammeh.

Alpha Condé opte pour une solution négociée à Banjul

En lieu et place du crépitement des armes aux probables dégâts collatéraux, Alpha Condé opte pour la négociation. En effet, le chef d’État guinéen estime qu’il ne sert à rien de recourir à la force, là où l’on pourrait discuter pour atteindre le même résultat. La méthode qu’il propose consiste donc à rassurer tout simplement Yahya Jammeh, pour le convaincre de céder le pouvoir. Car, tant que les menaces de poursuites à la CPI demeureront, le président sortant pourrait continuer à se radicaliser. Alors qu’il avait pourtant reconnu sa défaite au lendemain de la présidentielle en félicitant Adama Barrow, le nouvel élu.

À l’inverse, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) semble clairement décidée pour une intervention militaire. Cette position est éloquemment exprimée par Alassane Ouattara, le président ivoirien : « Nous sommes engagés et déterminés à appliquer les vœux du peuple gambien d’avoir élu Adama Barrow. Toutes les mesures nécessaires ont été développées. Nous ne pouvons les rendre publiques, pour pouvoir faire en sorte qu’il prenne ses fonctions le 19 janvier. » Avant d’affirmer sur un ton plus catégorique : « Adama Barrow sera investi le 19 janvier prochain. »

Notons que ces positions dichotomiques sont symptomatiques des situations vécues aussi bien en Guinée qu’en Côte d’Ivoire. Le président ivoirien est arrivé au pouvoir après une crise postélectorale sanglante qui a fait officiellement 3000 morts. Et pourtant, son adversaire d’alors, Laurent Gbagbo, demandait de recompter les voix pour faire l’économie de vies humaines. Cette position semble malheureusement soutenue par Macky Sall, le président sénégalais, appuyé par son homologue français, François Hollande. À l’inverse, le président Condé s’est engagé dans un dialogue pacifiste avec son opposition. Il a même réussi l’exploit de créer une synergie au sein de la classe politique guinéenne. Cellou Dalein Diallo, son farouche opposant, est même devenu son allié pour sortir la Guinée de la crise économique.

Des observateurs africains espèrent donc que la méthode Condé sera appliquée pour éviter un bain de sang inutile en Gambie.

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