Côte d’Ivoire: le Vice-président Daniel Kablan Duncan prête serment aujourd’hui

Le Vice-Président de Côte d’Ivoire, Daniel Kablan Duncan prêtera serment ce lundi 16 janvier 2017, au palais présidentiel d’Abidjan, une semaine après sa désignation à ce nouveau poste créé par la Constitution promulguée en novembre.

Côte d’Ivoire: Daniel Kablan Duncan prête serment ce lundi

Passé le temps des nominations, place en ce moment à la prestation de serment du nouveau Vice-président de la République de Côte d’Ivoire, M. Daniel Kablan Duncan. Ce sera chose faite en ce jour lundi 16 janvier 2017, au Palais présidentiel d’Abidjan devant un parterre d’autorités de premier rang.

Prévue pour se tenir en fin de matinée conformément à la constitution ivoirienne de novembre 2016, ladite prestation de serment reste fidèle aux textes de la constitution de la troisième République indiquant que le vice-président de la République est élu au même moment que le président de la République et obéit aux mêmes conditions d’éligibilité que le chef de l’État.

La nomination de Daniel Kablan Duncan à la vice-présidence sans avoir été élu a, cependant été possible, grâce à une disposition transitoire qui l’autorise de façon exceptionnelle. Le Premier Vice-président de l’histoire ivoirienne, Daniel Kablan Duncan, a été nommé le mardi dernier par M. Alassane Ouattara qui l’a qualifié de collaborateur ‘’fidèle, dévoué’’, ayant un ‘’grand sens de l’Etat’’.

Ancien Premier ministre d’Henri Konan Bédié en 1993, puis d’Alassane Ouattara depuis 2012, M. Duncan est rompu aux questions des finances et de diplomatie. D’éminentes personnalités sont attendues à cette cérémonie qui réunira du beau monde et permettra ainsi à son élu de disposer de l’onction de celui qui l’a nommé pour bien exécuter sa tâche.

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Côte d’Ivoire : Daniel Kablan Duncan, le vice-président d’Alassane Ouattara

Le nouveau poste de vice-président vient de connaitre son premier titulaire, en la personne de Daniel Kablan Duncan. Alassane Ouattara a donc porté son choix sur cette haute personnalité qu’il connait de longue date. Il n’oublie cependant pas de donner les raisons qui sous-tendent son choix.

Daniel Kablan Duncan, le dauphin constitutionnel de Ouattara

La coalition RHDP au pouvoir est en train de se consolider au fil des jours entre le RDR et le PDCI-RDA. En effet, après l’adoption de la nouvelle Constitution portant 3e République, Alassane Ouattara vient de poser un acte fort. Face aux députés, ce mardi, le président ivoirien a déclaré solennellement : « La personnalité sur laquelle mon choix s’est porté pour occuper les fonctions de vice-président de la République est monsieur Daniel Kablan Duncan. »

Puis, justifiant son choix, le chef de l’État a reconnu d’énormes qualités à son fidèle collaborateur : « Il s’agit d’une personnalité d’expérience, un grand serviteur de l’État. Il a fait la preuve de ses qualités personnelles et professionnelles à toutes les hautes fonctions qu’il a occupées. C’est un travailleur infatigable, un collaborateur loyal. C’est un homme de dévouement, un patriote, un grand serviteur de l’État qui aime profondément notre pays. » Le président Ouattara signera le décret portant nomination à la vice-présidence de son ex-Premier ministre dès son retour au palais.

Notons que Kablan Duncan est un véritable homme de confiance du président ivoirien. De novembre 1990 à décembre 1993, il fut ministre délégué auprès du Premier ministre (Alassane Ouattara), chargé de l’économie, des finances, du budget, du Plan, du Commerce et de l’Industrie. De même, il fut nommé ministre de l’Économie et des Finances, puis ministre des Affaires étrangères avant d’être nommé Premier ministre par le président Ouattara. Les deux personnalités se connaissent bien pour avoir collaboré aussi bien au FMI qu’à la BCEAO.

La nomination de Kablan Duncan est également le signe d’une parfaite alliance entre Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié. Car, ces deux personnalités ont décidé de gouverner ensemble la Côte d’Ivoire dans leur alliance du RHDP. Ceci pourrait donc expliquer cela. Aussi, l’alternance 2020 se dessinerait aisément. Mais attention à un trouble-fête.

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Côte d’Ivoire : passée la mutinerie, Soro réélu à l’Assemblée nationale

Les Institutions de la 3e République sont en train d’être mises en place peu à peu. Après deux folles journées ponctuées par une mutinerie, le Premier ministre Kablan Duncan vient de rendre la démission du gouvernement. Guillaume Soro vient également de rempiler en tant que président de l’Assemblée nationale ivoirienne.

Guillaume Soro conserve le perchoir face à Méambli

L’actualité politique ivoirienne a pris un coup d’accélérateur ces cinq derniers jours. En effet, Alassane Ouattara a eu une rencontre, jeudi dernier, avec Henri Konan Bédié à Daoukro pour évoquer les prochaines nominations à la tête des Institutions issues de la nouvelle Constitution. Le président ivoirien est à peine de retour à Abidjan, qu’une mutinerie éclate à Bouaké et s’étend à plusieurs autres villes. Mais passé tous ces embrouillaminis, le vice-président, le Premier ministre et autres dirigeants d’Institutions pourraient être connus sous peu. Le Sénat sera également mis en place très bientôt. C’est dans cette optique que le gouvernement Duncan vient de rendre sa démission. De même, la séance parlementaire inaugurale s’est ouverte en début d’après-midi dans l’Hémicycle.

Ainsi qu’ont préalablement indiqué nos sources, Guillaume Kigbafori Soro a aisément conservé son poste de président de l’Assemblée nationale. Bénéficiant du soutien du RHDP (majoritaire au Parlement), le député de Ferkessédougou a littéralement dominé cette élection. Il a remporté haut les mains ce scrutin avec 230 voix en sa faveur. Son challenger, Évariste Méambly, député de Facobly, s’est porté candidat sans la bannière du PDCI, le parti de Bédié. Il n’a donc récolté que 12 voix. Il y a eu 10 bulletins nuls.

Comme souhaité, le PAN sortant conduira pour les cinq années à venir la première législature de la 3e République. Pour certains observateurs, il ne pouvait en être autrement, car Soro avait « travaillé » à sa réélection depuis longtemps. Aussi, les récents évènements à travers le pays pourraient avoir eu leur pesant d’or.

Notons que le Premier ministre démissionnaire, Daniel Kablan Duncan, qui du reste est député de Grand-Bassam était présent à l’Hémycicle lors de cette séance parlementaire.

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Abidjan : Transport lagunaire, la STL donne des couleurs à la lagune

La STL a montré ses bateaux au chef du gouvernement, Daniel Kablan Duncan. Lors de la cérémonie de visite des installations de cette nouvelle société, deux bateaux ont été testés par les visiteurs.

La STL investit le transport lagunaire

Le Premier ministre, Daniel Kablan Duncan et son ministre des Transports, Gaoussou Touré ont pu tester le confort qu’offrira la Société de transport Lagunaire (STL) à ses usagers. La STL qui va exercer sur la lagune Ébrié, dès février 2017, a montré, avec ses deux bateaux, qu’elle était quasiment prête à commencer ses activités. Cette entreprise dirigée par Adama Bictogo prévoit investir 68,6 millions d’euros, soit 45 milliards de francs CFA, dans l’acquisition de nouveaux bateaux bus. Cette filiale de SNEDAI Groupe a pour but de décongestionner le flux de véhicules dans la capitale économique ivoirienne aux heures de pointe et de rendre le transport beaucoup plus fluide.

Selon Adama Bictogo, la STL disposera d’une flotte de 40 bateaux bus, dont 16 bateaux livrés d’ici le mois de juin 2017. Avec ces bateaux, les usagers débourseront 500 CFA là où le gouvernement autorise les sociétés à aller jusqu’à 550 CFA. 50.000 passagers sont espérés par jour, selon l’ancien ministre de l’Intégration africaine. Le Premier ministre a affirmé que son «gouvernement a décidé de faire du transport lagunaire, une alternative viable.» Très optimiste, son ministre des Transports, Gaoussou Touré pense pour sa part que cette activité va mettre fin « au cauchemar des Abidjanais.»

STL – SOTRA (bateau bus) – pinasse, quelle concurrence ?

Avec l’avènement de la STL, c’est le transport lagunaire qui va connaitre un véritable essor. Si la présence de cette nouvelle entreprise est à saluer, un bémol est tout de même à mettre sur le coût du transport. Car il ne faut pas oublier que le smicard ivoirien ne gagne que 60.000 F CFA. Par ailleurs, les structures étatique et privée qui exercent déjà sur le front lagunaire proposent un transport beaucoup plus réduit. Par exemple, la Société de transport abidjanais (SOTRA) fait la traversée simple à 150 francs CFA. Pour les clients qui voudraient emprunter par la suite des navettes (bus) pour continuer, ils devront renchérir à 200 francs CFA. Quant aux privés qui tiennent des pinasses (pirogues à moteur), le coût du transport est également de 150 francs CFA.

Aussi, la concurrence s’annonce-t-elle très ouverte entre ces différentes entreprises de transport. Si les bateaux de la STL ont l’avantage du confort, il ne faudrait cependant pas occulter l’indigence des usagers. Entre le confort et l’économique, c’est sûr que le choix du citoyen lambda se portera sur sa bourse. De même, la Sotra serait tellement ancrée dans le quotidien des Ivoiriens depuis des décennies qu’elle pourrait toujours servir. Toutefois, certains observateurs souhaitent que la nouvelle venue revoie ses tarifs à la baisse. Car passé l’effet de mode, c’est quasiment sûr que les usagers vont opter pour ce qui offre un coût accessible. La concurrence permettra certainement à chaque structure d’améliorer l’état de ses services. Pour le grand bonheur des Abidjanais, bien sûr.

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Côte d’Ivoire : Guillaume Soro, vice-président de Ouattara ? Tout dépend…

Le poste de vice-président nouvellement créé intéresse plusieurs personnalités ivoiriennes de haut rang. Guillaume Soro, l’actuel PAN, qui souhaite rempiler à son poste dans l’Hémicycle n’exclut pourtant pas être tenté par ce poste. Cela dépend tout de même de Ouattara et Bédié, dit-il.

Guillaume Soro, le prochain dauphin constitutionnel ?

Guillaume Soro est arrivé à un carrefour décisif où son avenir politique va se décider. En effet, l’actuel président de l’Assemblée nationale ivoirienne était candidat aux législatives dans la circonscription de Ferkessédougou. Il souhaite être reconduit en tant que député pour réaliser son ambition clairement indiquée. « Je veux bien rempiler pour un deuxième mandat, je pense que tout mon programme n’a pas été mis en œuvre », confiait-il récemment aux médias. Mais à la question de savoir si la vice-présidence l’intéresserait, GKS s’en remet aux deux leaders du RHDP : « Tout dépend du président Alassane Ouattara et du président Henri Konan Bédié. »

Alassane Ouattara, le président ivoirien, a clairement indiqué sa volonté de se retirer à la fin de son second mandat. Aussi, ses probables successeurs seraient d’ores et déjà en train de s’activer pour un positionnement adéquat. Dans cette logique, occuper le poste de dauphin constitutionnel pourrait paraître des plus stratégique pour s’exercer au pouvoir. Mais le président Ouattara ne s’est pas encore prononcé sur la question, toutes les supputations suivent alors leur cours. De sources bien introduites, d’aucuns annoncent que ce poste reviendrait à un cadre du PDCI. Le nom de Niamien N’goran, Inspecteur général d’État circule de plus en plus. L’actuel Premier ministre, Daniel Kablan Duncan serait également pressenti pour occuper ce poste. Amadou Gon Coulibaly, secrétaire général de la présidence, par ailleurs homme de confiance de Ouattara, pourrait également être désigné « vice-président« .

Quoi qu’il en soit, le dernier mot revient au président Ouattara à qui la Constitution reconnait ce pouvoir discrétionnaire.  N’empêche que la coalition RHDP au pouvoir pourrait trouver un accord préalable à ce sujet, signe de leur parfaite entente.

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Côte d’Ivoire : Soro Guillaume fête la journée de la paix

Soro Guillaume ne laisse aucune occasion soit, une cérémonie, soit une journée officielle sans lui accorder un caractère festif juste pour profiter de ces instants pour se faire entendre un peu. A l’instar de certains pays du monde entier, la Côte d’Ivoire a célébré mercredi la journée nationale de la paix.

Soro Guillaume est-il en paix?

Hier mardi 15 novembre 2016, M. Guillaume Soro n’a pas voulu se faire raconter cette journée dédiée à la paix dans toutes les parties du monde. A cette occasion, le président de l’Assemblée nationale dont le mandat expire en décembre prochain, a adressé un message à ses compatriotes invitant chaque ivoirien, aux aurores de la 3è République née le 8 novembre dernier, à se sentir responsable et comptable de l’avenir de la Côte d’Ivoire nouvelle :

« Cette année de façon toute particulière, nous la fêtons dans le contexte d’une Nouvelle République, république fondée sur nos aspirations légitimes de réconciliation, de cohésion et d’émergence. Aux aurores de la 3ème République, éclat d’un âge d’or de la maturité ivoirienne, il est souhaitable de voir notre pays resplendir de valeurs ancestrales du Vivre Ensemble (…) J’invite chaque Ivoirien à se sentir responsable et comptable de l’avenir de la Côte d’Ivoire nouvelle. Devant les enjeux de développement de notre pays, je prie que la paix irradie de sérénité le cœur de chacun et de tous ! »

Pour rappel, la journée nationale de la paix est célébrée depuis 20 ans en Côte d’Ivoire. Pour cette année c’est la ville de Bongouanou (centre-est) qui a servi de cadre à la cérémonie présidée par le premier ministre Daniel Kablan Duncan.

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Côte d’Ivoire : ça se bouscule aux portes de la vice-présidence

La vice-présidence de la République de Cote d’Ivoire instituée par le projet de Constitution fait déjà des émules. Plusieurs cas de figure sont actuellement étudiés pour faire le portait-robot de la personnalité ivoirienne qui occupera ce nouveau poste.

La vice-présidence, un tandem nord-sud ?

Tel que le stipule l’Article 179 du projet de Constitution : « Le Président de la République en exercice à la date de la promulgation de la présente Constitution nomme le vice-président de la République, après vérification de ses conditions d’éligibilité par le Conseil constitutionnel. » À la lueur de cette disposition, Alassane Ouattara pourrait nommer un vice-président dès l’adoption de la nouvelle Constitution. Ainsi, des pronostics fusent çà et là afin de savoir d’ores et déjà qui pourrait être ce dauphin constitutionnel. Le président Ouattara a certes son idée, mais laissons libre cours à la spéculation.

Plusieurs noms trottinent dans les esprits, mais une logique d’équilibre régionaliste semblerait s’imposer. Car l’actuel président de la République (Ouattara) est du nord, il serait donc judicieux que son vice-président soit du sud. Ce souci de « bipolarisation » de l’Exécutif ivoirien éliminerait de facto Amadou Gon Coulibaly, Hamed Bakayoko ou encore Guillaume Soro qui lui, voudrait rempiler à la présidence de l’Assemblée nationale.

Quant aux ressortissants de la partie méridionale du pays, les noms se bousculent sans pour autant faire l’unanimité. Henri Konan Bédié (82 ans), président du PDCI et allié au RHDP semble crouler sous le poids de l’âge. La carte de l’actuel Premier ministre, Daniel Kablan Duncan, est une piste qui s’avère plausible. De même, Thierry Tanoh, secrétaire général délégué à la présidence, pourrait être l’heureux élu. Marcel Amon Tanoh, directeur de cabinet de la présidence, ne cracherait pas sur cette belle promotion. Le nom du Franco-Ivoirien Tidjane Thiam, Directeur général du Crédit suisse et petit-fils d’Houphouët-Boigny, est de plus en plus évoqué.

Quoi qu’il en soit, les spéculations vont bon train et l’entrée dans la 3e République aussi. Mais selon des opposants, le chef d’État ivoirien préparerait une succession monarchique du pouvoir d’État. D’autres ironisent pour dire que ce serait Blaise Compaoré, l’ex-président déchu du Burkina Faso qui a été naturalisé Ivoirien qui serait le choix d’ADO à la vice-présidence, surtout qu’il reconnait que Compaoré a fait beaucoup pour lui.

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Pouvoir et opposition en Afrique, l’impossible cohabitation ?

Les relations entre pouvoir et opposition en Afrique sont si tendues que l’on se demande s’il pourrait avoir des périodes d’accalmie. Au-delà des principes d’obédiences idéologiques, les partis politiques sont, pour la plupart, formés sur des bases ethniques ou claniques. Ainsi, les querelles entre différentes tribus rejaillissent automatiquement sur le climat politique. Mais, des pays donnent de bons exemples en faisant exception à cette règle sacro-sainte.

Pouvoir et opposition, je t’aime, moi non plus !

Les opposition et pouvoir africains sont de plus en plus englués dans un bras de fer très musclé. On assiste, le plus souvent, à des tensions entre pouvoir et contre-pouvoir qui contribuent à envenimer le climat social. Ainsi, la quasi-totalité des pays d’Afrique est en proie à des crises nées des dissensions entre les acteurs politiques. De la Côte d’Ivoire au Gabon en passant par le Mali, le Burkina Faso, le Rwanda, le Burundi, le Cameroun, la RDC, ou encore l’Afrique du Sud, les partis au pouvoir et leurs opposants ne manquent aucune occasion pour s’affronter. À l’appel à manifester des opposants, les tenants du pouvoir répondaient par un important détachement des forces de l’ordre. Qui ne se souvient pas des relations tumultueuses entre Mwai Kibaki et Raïla Odinga (Kenya), de Robert Mugabe et Morgan Tzvangirai (Zimbabwe) ou encore d’Idriss Déby et Saleh Kebzabo ou Ngarledji Yorongar (Tchad) ?

Généralement, ces manifestations débouchaient sur des casses, des pillages ou même des morts par balles. Les villes, théâtres de ces manifestations, étaient le pus souvent survoltées, exposées à toutes sortes de dérives. Eu égard à ces escalades de violence, les positions entre protagonistes politiques semblent diamétralement opposées. Cette dichotomie est bien illustrée par Daniel Kablan Duncan, Premier ministre ivoirien, à travers cette boutade : « Les partis au pouvoir doivent gérer le pouvoir et l’opposition doit s’opposer. » Cette phrase traduit, à elle seule, la volonté des gouvernants de ne pas s’enticher de leurs opposants. Cela pourrait également expliquer le fait que des partis se livrent une guerre sans merci pour accéder au pouvoir d’État. D’où les crises postélectorales qui surgissent après des élections contestées, qualifiées à tort ou à raison, de truquées.

Cependant, certains pays font exception

Mais il convient de nuancer ces propos, car des dirigeants africains ont associé leurs opposants à la gestion du pouvoir. Que ce soit de gré ou sous la contrainte, on a assisté à la formation de plusieurs gouvernements d’union nationale. Mieux, certains dirigeants se sont engagés, dès leur accession au pouvoir, à rechercher le consensus des forces vives du pays. C’est le cas de Nelson Mandela qui avait organisé une forme de justice transitionnelle en Afrique du Sud afin de rassembler ses concitoyens. De même, Laurent Gbagbo avait organisé un forum de réconciliation qui permettait de réaliser une véritable catharsis pour les Ivoiriens.

Et, comme une oasis dans ce vaste désert, Alpha Condé vient d’initier un dialogue politique avec ses opposants. Que ce soit Sidya Touré ou Amadou Oury Bah, le président guinéen avait réussi à convaincre certains de ses opposants. Après moult tractations, il vient de réussir un grand coup en invitant Cellou Dalein Diallo, le chef de file de l’opposition, à une table de discussion. À en croire les protagonistes, ces rencontres permettront certainement de décrisper le climat social. Pour avoir été condamné à mort par contumace et contraint à l’exil par le régime de Sékou Touré en 1970, le professeur Condé a su tirer parti des souffrances antérieures qu’il a vécues lui-même en tant qu’opposant.

Cet exemple de dialogue politique devrait donc inspirer d’autres pouvoirs et oppositions africains. Cela pourrait apaiser les tensions inutiles qui défigurent les Nations et pays africains. À bon entendeur…

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Côte d’Ivoire : le pays où tout marche « bien »

Tout marche « bien » en Côte d’Ivoire! Ainsi pouvait répéter en s’esclaffant un citoyen ivoirien après qu’il ait écouté le Premier Ministre ivoirien Daniel Kablan Duncan tenir la 5è Conférence de presse sur le thème « En route pour l’émergence ». « Un million de personnes sont sorties de la pauvreté”, affirme Kablan Duncan. Avec une population de 26 millions d’habitants, tout peut-il si bien marcher si un seul million a un peu émergé?

En Côte d’Ivoire, tout marche… 

Ce qui marche en Côte d’Ivoire, c’est que tout, en bien comme en mal, prospère, mais le mal est occulté. Face aux journalistes ce lundi 6 juin 2016, Daniel Kablan Duncan, Premier Ministre ivoirien, a fait l’état des lieux de la gouvernance en Côte d’Ivoire. Il a fait parler les chiffres, beaucoup de chiffres. Tel dans un récital bien appris, le Premier ministre a présenté un tableau reluisant de la Côte d’Ivoire, depuis avril 2011 citant les actions fortes menées par le gouvernement. A écouter son exposé, on envierait ce pays où tout est au mieux pour le meilleur des mondes possibles, un pays où coule le lait et le miel depuis l’avènement d’Alassane Ouattara.

Le Premier ministre a beaucoup parlé de macroéconomie, occultant volontairement la marche du pays au plan microéconomique. Ainsi, en guise de conclusion sur le paragraphe III ) mettant en lumière ce qui a été fait en matière de relance économique et de reconstruction nationale, Daniel Kablan Duncan a déclaré : « Les actions menées ont permis d’enregistrer une progression significative des revenus mensuels moyens par personne active, tous secteurs confondus, qui sont passés de 40.000 FCFA en 2008 à 84.000 FCFA en février 2015, soit une hausse de + 110 % par rapport à 2008. Quant au taux de pauvreté, il est passé de 51 % en 2011 à 46,3 % en 2015. Ce qui donne environ un million de personnes sorties de la pauvreté ».

En ce qui concerne la gestion du portefeuille de l’Etat, le conférencier a communiqué les chiffres liés au déficit budgétaire, à la dette et à l’inflation. « Le déficit budgétaire a été de 2,2 % du PIB en 2013 et 2014 et contenu à 2,9 % en 2015, quand le taux d’endettement est resté soutenable à 41,3 % du PIB à fin 2015, pour une norme UEMOA établie à 70 % du PIB. Le taux d’inflation est également contenu à 1,2 % en 2015 en dessous de la norme communautaire de l’UEMOA de 3% », dit-il. Un discours pour réfuter en filigrane les critiques sur le surendettement dénoncé par l’opposition ivoirienne dans son ensemble. En affirmant que le taux de l’endettement est loin de la norme communautaire qui est de 70 % du budget, Kablan Duncan reconnaît que le pays s’endette mais moins que la norme.

Aussi fait-il l’inventaire des travaux qui ont été réalisés au profit des populations avec l’argent de la dette. Ceux-ci ont été répertoriés dans trois domaines spécifiques : paix et sécurité – réconciliation nationale et cohésion sociale – reconstruction nationale et relance économique. Entre autres investissements réalisés, il cite :
• le revêtement de 1 980 km de routes interurbaines (travaux de point à temps) d’un coût d’environ 41,4 milliards FCFA TTC ;
• la réhabilitation de 220 km de voirie urbaine (travaux de PAT) d’un coût d’environ 24,8 milliards FCFA TTC ;
• la réhabilitation de 234 km de voiries en terre pour un coût d’environ 2,5 milliards FCFA TTC ;
• la construction de 134,7 km de routes neuves pour un coût total d’environ 46,1 milliards FCFA TTC. Il s’agit principalement des routes Boundiali-Bolona et Yamoussoukro-Attiégouakro ;

• la réhabilitation de 140 km d’autoroute et la construction et la mise en circulation de 116 km d’autoroute (Singrobo–Yamoussoukro, Abidjan–Grand Bassam) pour un coût global de 287,7 milliards FCFA ;

• La construction de 8 ouvrages d’art structurants. Il s’agit du pont HKB, des ponts de Jacqueville, de Bouaflé et de Gbélégban, de la 7ème et de la 8ème tranche, des échangeurs VGE et de la Riviera 2, ainsi que de la passerelle de Williamsville. A cela s’ajoutent 106 autres ouvrages constitués de Ponts et de dalots pour un coût total d’environ 214,6 milliards FCFA TTC.

La Côte d’Ivoire va aussi mal

Les questions des journalistes lui ont permis d’aller un peu plus en profondeur sur certains sujets. Mais le Premier Ministre n’a pas créé la surprise. Il est resté sur son ton habituel, préférant les réponses qui relèvent de la communication à laquelle son gouvernement a habitué les Ivoiriens. Sinon il n’y a pas besoin d’être un spécialiste des chiffres pour comprendre que la Côte d’Ivoire ne va pas si bien que cela. Les problèmes sécuritaires sont loin d’être maîtrisés avec le phénomène des « microbes », ces adolescents qui tuent facilement. La corruption et les détournements de fonds restent encore un talon d’Achille de la gouvernance Ouattara. La politique de la réconciliation est un fiasco dans un pays idéologiquement et sociologiquement divisé. A la place d’une politique cohérente de réconciliation, le gouvernement ivoirien fait de grandes proclamations sans lendemain. Une vraie fantasmagorie !

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Côte d’Ivoire : Alerte, les caisses sont vides !!!

Les caisses sont vides !!! Loin d’être une fausse alerte, c’est plutôt à cette sauce que les Ivoiriens ont, toujours, été mangés depuis la nuit des temps. Bien plus qu’avant, le paysage socioéconomique de la Côte d’Ivoire laisse entrevoir une bien triste réalité. Mais loin d’être l’apanage d’un seul gouvernement, tous les présidents ivoiriens ont connu leur période de vaches maigres. De Felix Houphouët-Boigny à Alassane Ouattara en passant par Henri Konan Bédié, Guéi Robert et Laurent Gbagbo, la situation économique en Eburnie a connu des fortunes diverses qu’il convient de passer au peigne fin afin de mieux comprendre les choix politiques et économiques de chaque gouvernant.

Les caisses sont vides… mais pas avant le miracle économique d’Houphouët-Boigny

Felix Houphouët-Boigny, le père de l’indépendance ivoirienne qui avait placé l’économie ivoirienne sur une pente ascendante, en réussissant le miracle ivoirien des années 70, n’a nullement échappé à la conjoncture des années 80. Du début des années 1960 aux années 1977-78, la Côte d’Ivoire avait connu une croissance essentiellement liée au boom des exportations du café, du cacao et du bois. Le Produit intérieur brut (PIB) s’était alors accru de plus de 7% par an en moyenne. Mais avec la chute des prix du cacao à près de 40% sur le marché international, l’effet boomerang s’est fait ressentir. Or l’État avait engagé de nouveaux et coûteux chantiers, telle que la transformation de Yamoussoukro, village natal du président Houphouët-Boigny, en capitale politique du pays. Il ne pouvait ni ne voulait revenir sur ses engagements et devait donc trouver de nouveaux modes de financement.

C’est dans ce contexte que les Institutions de Bretton Woods vont imposer leur Plan d’ajustement structurel (PAS) pour éviter au pays une banqueroute. L’ancien premier ministre Alassane Dramane Ouattara est donc envoyé à la rescousse pour mettre en oeuvre de véritables mesures d’austérité. La liquidation ou la cession au privé d’une bonne vingtaine d’entreprises publiques, le gel des salaires et l’arrêt des embauches dans la fonction publique, la hausse des prix des services publics, la hausse des impôts indirects (TVA) et des droits de douane ont eu pour effet une forte contraction de la demande intérieure. Mais la conjoncture était tellement profonde qu’elle a déclenché des grèves dans plusieurs secteurs d’activités.

Les recettes miracles de l’économiste Henri Konan Bédié

Arrivé aux affaires en tant que dauphin constitutionnel du Vieux, Henri Konan Bédié a également hérité d’une situation économique presque chaotique. Son gouvernement dirigé par son Premier ministre Daniel Kablan Duncan est aux abois. De fait, la Côte d’Ivoire connaît en 1993 une véritable crise de compétitivité, notamment liée à un taux de change réel qui s’est apprécié du fait de la baisse du dollar. Le pari des autorités monétaires françaises était donc de corriger cette surévaluation, par une réduction de 50% de la parité du FCFA par rapport au franc français. La dévaluation a donc lieu en janvier 1994. Elle marque le début d’un nouveau cycle de croissance pour la Côte d’Ivoire.

Dans les premiers instants, la masse monétaire au niveau du pays avait connu une certaine hausse. Mais la gestion approximative et surtout le détournement des 18 milliards de l’Union européenne ont contraint les bailleurs de fonds à tourner le dos à la Côte d’Ivoire. C’est donc à un désastre économique que le pays doit faire face. Tous les compteurs sont au rouge et la récession bat son plein. La situation politique est également tendue. Les mouvements d’humeur qui ont commencé avec le boycott actif de 1995 vont prendre de plus en plus d’ampleur pour déboucher sur le coup d’Etat de 1999 avec l’arrivée du général Guéi Robert au pouvoir.

Guéï Robert, le balayeur aux longues dents

L’instabilité politique en Côte d’Ivoire a été un frein terrible pour l’économie. Dès le coup d’État du général Robert Guéï, en décembre 1999, le taux de croissance de l’année 2000 était de -2,3%, selon la Banque mondiale. Dès sa première apparition à la télévision après sa prise de pouvoir, sans même chercher à s’imprégner de la situation économique du moment, le général putschiste a été formel : « Les caisses sont vides ! » Eu égard à cet empressement, certains observateurs ont vite fait de conclure que ce serait lui et ses « jeunes gens » qui les auraient vidées. Quoi qu’il en soit, la situation économique du pays n’était guère reluisante pendant les dix mois de transition militaire dirigée par le Comité national de salut public (CNSP).

Tous les bailleurs de fonds avaient posé comme condition de retour en Côte d’Ivoire l’organisation d’élections justes et transparentes. Le pays traverse alors une difficile période de vaches maigres. Même pour l’organisation des élections qui devaient permettre de renouer avec les partenaires internationaux, les Ivoiriens se sont vus contraints de se cotiser afin de rassembler les fonds nécessaires. Mais pendant que ceux-ci s’attendaient à revenir dans le concert des Nations, voilà que l’issue calamiteuse de ces élections vient plonger le pays dans un coma économique sans précédent.

Laurent Gbagbo et ses refondateurs avec leur budget sécurisé

Laurent Gbagbo est arrivé au pouvoir au moment où le pays souffrait d’une asphyxie économique à nulle autre pareille. Isolés par tous les partenaires aussi bien bilatéraux que multilatéraux, les refondateurs devaient compter sur leur capacité à générer des richesses par eux-mêmes. Le ministre ivoirien de l’Économie et des Finances d’alors, Paul Antoine Bohoun Bouabré, a donc décidé de faire fonctionner le pays par un budget sécurisé qui reposait essentiellement sur les ressources propres du pays. Des appels d’offres ont donc été faits afin de nommer à la tête des régies financières des compétences avérées.

Ce pari a permis au pays de se stabiliser quelque peu et de réaliser que ses capacités à autofinancer son développement sont réelles. Le binôme café-cacao et l’exploitation très récente du pétrole ont boosté à nouveau son économie. Le taux d’inflation devient alors inférieur à 5% et le taux de croissance positif en 2004 (1,6%), 2005 (1,8%) et 2006 (1,2%). De surcroît, le service de la dette baisse et la part des exportations dans le PIB augmente.

C’est dans cet élan dynamique qu’une tentative de coup d’État s’est muée en rébellion en septembre 2002. Pendant les six premières années du conflit, la croissance économique sera négative (une moyenne de -0,4%) notamment en raison du départ de la plupart des entrepreneurs étrangers et de la baisse des Investissements directs étrangers (IDE). Cette mauvaise santé de l’économie aggravera le chômage, l’inflation, entraînera la fermeture de toutes les agences des banques du côté rebelle et diminuera les recettes fiscales de l’État. Mais malgré la coupure du pays en deux, les autorités ivoiriennes ont continué à assumer toutes leurs tâches régaliennes.

Les nouvelles autorités ont ainsi réussi à regagner la confiance des bailleurs de fonds qui ont aussitôt entrepris d’insérer la Côte d’Ivoire dans l’initiative des Pays pauvres très endettés (PPTE). Après l’atteinte du point de décision, les élections (encore et toujours) ont été fixées comme condition pour permettre au pays d’atteindre le point d’achèvement afin que l’annulation d’une bonne partie de la dette donne à ce moteur de l’économie ouest-africaine un souffle nouveau. C’est encore le cataclysme, une crise poste électorale est venue ruiner, à nouveau, tous les espoirs des Ivoiriens. C’est dans ces conditions qu’Alassane Ouattara accède au pouvoir d’État.

Alassane Ouattara, «ADO Solutions» et sa pluie de milliards

Économiste, ancien gouverneur de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et directeur général adjoint du Fonds monétaire international (FMI), Alassane Ouattara, en accédant au pouvoir, avait suscité chez plusieurs observateurs un réel espoir de relance économique en Côte d’Ivoire. Durant les campagnes électorales, l’ancien premier ministre d’Houphouët-Boigny s’était présenté comme «ADO Solutions», cette panacée qui allait changer le visage du pays à tour de bâton magique. Il avait même annoncé un ouragan de milliards qui allait arroser toutes les régions et transformer fortement le quotidien des populations.

Avec une manne financière récoltée à partir d’un endettement monstrueux, les autorités ont réalisé des infrastructures (ponts, voiries, écoles, centres de santé) qui ont donné fière allure à Abidjan et à certaines villes de l’intérieur du pays. Mais ce tableau enviable n’est que flatteur, s’apparentant à un tombeau blanchi, tant les Ivoiriens croulent sous le poids de la misère et de la paupérisation. Selon l’agence de notation américaine Moody’s, la dette publique a fortement augmenté, passant de 34,2% du PIB à 37,5% en 2015.

En réalité, les caisses sont vides et l’État cherche à les renflouer à nouveau. Un fort taux d’imposition, une augmentation du simple au double des factures d’électricité, une taxe douanière imposée sur les effets personnels du voyageur, l’offensive parisienne du Premier ministre Daniel Kablan Duncan au Forum euro-ivoirien, le 17 mai dernier, qui lui a permis d’engranger (en promesse) une dette supérieure à 15 milliards de dollars, sont autant de facteurs qui démontrent que les finances publiques ivoiriennes souffrent d’un marasme économique dont les effets risquent de s’éterniser.

C’est peu dire que les caisses sont vides. Mais dans le souci de continuer de faire miroiter l’émergence à l’horizon 2020 aux Ivoiriens, les autorités font montre d’une cachotteries étatiques qui risquent d’engloutir le pays pendant longtemps. L’opacité dans la gestion du pouvoir et les contrats de gré à gré pour contenter des proches sont des signes de mauvaise gouvernance qui, pour l’instant, sont passés sous silence. Mais attention au syndrome burkinabè, lorsqu’étouffé par toutes ces mesures impopulaires, le peuple décide de se faire entendre. À bon entendeur…

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