Côte d’Ivoire/Fronde sociale: le porte-parole du RHDP, Adjoumani Kobenan rassure

La Côte d’Ivoire connaît depuis plusieurs jours une fronde sociale. Le ministre Adjoumani Kobenan, porte-parole du RHDP, a accordé une interview à Abidjan.net dans laquelle il rassure l’ensemble des Ivoiriens sur les solutions que sa structure politique s’efforcera de trouver pour apaiser le climat politique.

le ministre Adjoumani Kobenan rassure les Ivoiriens

Appréciant la situation politique actuelle en Côte d’Ivoire, le ministre Adjoumani Kobenan a déclaré que  » Le Rhdp suit avec une extrême attention cette situation depuis son déclenchement. Je pense qu’au départ, il y a un problème qui a été posé, il s’agit principalement de la question des primes des soldats. Qui malheureusement n’a pas été gérée comme il se devait par la hiérarchie militaire. Mais à supposer que cela soit vrai, ce que nous déplorons, c’est la manière de revendiquer de nos soldats qui sont les gardiens de notre sécurité, de nos institutions et les garants de l’ordre public. A ce titre, ils n’ont pas le droit de se comporter comme ils le font. Rien ne justifie cela. Pas même le paiement des primes qu’ils revendiquent. Cela n’est pas acceptable et cela ne fait pas honneur à la République. Bloquer l’accès à des villes du pays, tirer des coups de feu dans les rues pour traumatiser les populations, obliger les commerces à fermer, les transports à tout arrêter, cela coûte trop cher à notre économie et surtout à l’image de notre pays. Le peuple ivoirien est un peuple épris de paix. Il ne souhaite pas vivre dans un tel environnement de tension et de terreur. Les Ivoiriennes et les Ivoiriens ne veulent plus vivre dans un climat de guerre. »

Poursuivant, le porte-parole du RHDP est revenu sur les événements d’hier au Port Autonome d’Abidjan (PAA) :  » Hier, les gendarmes du Port autonome d’Abidjan ont tiré des coups de feu obligeant les travailleurs du domaine portuaire à quitter précipitamment leurs bureaux. Vous imaginez ce que ça coûte, on étouffe le poumon de notre économie. Quel contraste ! Le président de la République est un homme de dialogue. Il n’est pas dans une logique de combat avec son armée, tout est discutable mais que cela se fasse dans un esprit de paix et de dialogue. Car si on instaure la chienlit et l’anarchie, si on met l’économie de notre pays à terre, si on continue de bloquer les routes et l’accès de nos villes, si on oblige les magasins, commerces et bureaux à fermer, personne ne gagnera « .

Se voulant rassurant, il s »est adressé aux Ivoiriens:  » Je demande aux Ivoiriens de lui faire confiance, nous surmonterons cette crise. Cette crise passera, je peux vous l’assurer. Comme lui, je pense que les soldats, les gendarmes qui manifestent aiment aussi profondément leur pays. Ils se sont battus pour sauver la démocratie. Nos soldats ne sont pas des lézards qui construisent leur maison et qui la détruisent avec leur queue « .

Au sujet de la grève des fonctionnaires, le ministre a dit ceci :  » Faire la grève est un droit. Mais il faut surtout éviter, par la violence, de contraindre ceux qui veulent travailler à suivre le mouvement. Cela dit, je crois que les syndicats ont posé des problèmes qui leur paraissent légitimes. Et c’est dans le cadre d’un dialogue social constructif que des solutions peuvent être trouvées. Sachez que la préoccupation première de l’Etat c’est le bien-être social et matériel des fonctionnaires. Mais l’Etat ne peut pas tout faire en même temps. Quand on vient à des négociations avec l’Etat, cela doit se faire dans la recherche d’un compromis dynamique. Et le compromis veut dire qu’on obtient quelque chose de l’Etat en lâchant soi-même du lest. Car l’Etat a aussi des obligations et des limites. Le Fmi, la Banque mondiale, tout le monde nous observe. Et nos ressources ne sont pas illimitées. Il ne faut pas faire trop de pression sur l’Etat, faisons attention pour ne pas tuer la poule aux œufs d’or. »

Enfin, il conclut que,  » le Premier ministre Amadou Gon suit attentivement la situation avec son gouvernement, des solutions sont déjà annoncées, d’autres sont en route pour régler les problèmes de l’armée et des fonctionnaires. Il faut faire confiance au président de la République. Je demande aux Ivoiriens de lui faire confiance. Les choses vont rentrer dans l’ordre bientôt. Faisons confiance au chef de l’Etat. »

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A quand la Côte d’Ivoire réconciliée et prospère?

La Côte d’Ivoire a plus que jamais besoin en ce moment d’être réconciliée et prospère. La réconciliation ne doit plus être de façade ni la prospérité ne faire le bonheur que d’une seule classe politique, en occurrence le RHDP, qui depuis avril 2011, poursuit sa marche enfermé dans une légitimité construite et artificielle.

Côte d’Ivoire: la nécessité d’être réconciliée et prospère

La Côte d’Ivoire a besoin de respirer l’air de la vraie réconciliation et de vivre une prospérité qui sera le partage de tous les Ivoiriens. La politique est devenue la manne nourricière des Ivoiriens depuis les années 90 et s’est de plus en plus renforcée ces récentes années. Lettrés et illettrés, analphabètes et intellectuels, soldats et Officiers, tout le monde se ruent vers la politique pour se réaliser dans la vie le plus tôt possible.

Dans cette marrée humaine vers l’activité politique, la démocratie n’a plus un seul sens, elle est devenue polysémique parce que justement polémique. Du « gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple », selon la définition d’Abraham Lincoln, la démocratie en Côte d’Ivoire est à la fois ce que fait le Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix lors des différentes élections, mais aussi elle est la réaction qu’apportent les partis d’opposition inféodés ou non au pouvoir Ouattara.

Dans cet imbroglio de sens, le grand mérite de la classe politique ivoirienne est d’avoir érigé en attitude politique démocratique, des mensonges d’Etat, des compromissions bon marché et des détentions arbitraires sans pareil. Ne dit-on pas en Côte d’Ivoire chiffre à l’appui que toutes les élections à sens unique organisées par le RHDP depuis avril 2011 sont libres et transparentes? La légitimité ainsi construite ne peut qu’être artificielle, or le pays a besoin de poursuivre sa marche sur des routes réelles et non factices.

L’exclusion n’a jamais favorisé la Côte d’Ivoire. Comme si son destin était semblable à celui des Etats-Unis où tous les peuples y trouvent leur compte, la Côte d’Ivoire a toujours sanctionné les pouvoirs qui commettent l’erreur de diviser les Ivoiriens, de couver et activer cette exclusion. Sous les présidents Bédié, Guéi, et Gbagbo, l’arme de l’exclusion a été interprétée de mille manières et a servi d’argument pour faire couler ces pouvoirs naissants.

Aujourd’hui, avec SEM Alassane Dramane Ouattara aux commandes des affaires ivoiriennes, le maquillage de la réalité d’exclusion d’une frange non des moindres de la classe politique ivoirienne (les pro-Gbagbo et les Gbagbo ou rien) est la même étincelle qui a fait détonner la poudrière en décembre 1999, en 2000 et en avril 2011. La Côte d’Ivoire ne saurait être gouvernée par des politiques drôles, faux et ambitieux. Seuls des rassembleurs, des hommes et des femmes vrais, guéris eux-mêmes de toute haine et conscients de ce qu’est réellement la Côte d’Ivoire, peuvent diriger ce pays primordial de l’Afrique de l’Ouest. Sinon, on assisterait à la débrouillardise et à la transpiration due au fait de courir dans tous les sens pour trouver des solutions aux difficultés imprévisibles (mutinerie, grève des fonctionnaires, etc.), qui n’ont pas été gérées par anticipation, cette règle élémentaire de la gestion étatique…

Nous voici dans une Côte d’Ivoire dont la IIIè République est contestée comme la constitution qui l’y a consacrée. Une Côte d’Ivoire où le dauphin constitutionnel Soro Guillaume est devenu la 4è personnalité de l’Etat, parce que Daniel Kablan Duncan est désormais le Vice-président de la République (2è personnalité de l’Etat) et l’ami fidèle et « frère » de Ouattara, Amadou Gon Coulibaly le nouveau Premier Ministre, 3è personnalité de l’Etat. Rien de nouveau sous le ciel RHDP, sauf un jeu de dame où des pions sont déplacés.

Pendant ce temps, le Président Laurent Gbagbo et le Ministre Charles Blé Goudé sont incarcéré dit-on pour leur propre sécurité à la Cour Pénale Internationale (CPI); des millions d’autres Ivoiriens sont toujours en exil du fait des crises sociopoltiques de 2002, 2010 et 2011. Des centaines d’autres ivoiriens croupissent toujours à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA) du fait de leur appartenance politique à Laurent Gbagbo, et des jeunes sont impatients de faire leur entrée sur la scène politique pour vider des placards tous les vieux cadavres qui refusent de mourir comme des cafards…

Pendant ce temps, la population peine à se loger, se nourrir, se soigner, financer les études des enfants, se déplacer (transport), payer ses factures (Cie, Sodeci…). Or, le gouvernement annonce que l’Etat est au « vert » avec 9% de croissance économique. De quel côté alors se trouve la vérité au regard de la fronde sociale actuelle? Du côté des gouvernants ou du côté du peuple? Les prix de denrées alimentaires et autres sont tous en hausse. La croissance économique n’est pas efficiente car elle n’atteint pas aussi le peuple. D’où le mécontentement social.

Abstraction faite de toutes les considérations politiques, les militaires, les policiers, les gendarmes…les fonctionnaires et agents de l’Etat, les élèves et les étudiants, les prisonniers et les exilés bref, le peuple de Côte d’Ivoire souffre. Tout ne va donc pas très bien au pays. De quoi à réécouter le chant du célèbre artiste ivoirien Tiken Jah de Facoly  » Mon pays va mal « .

De quoi à revenir surtout à la réalité pour mieux gouverner la Côte d’Ivoire.

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Côte d’Ivoire/ADO: l’heure de tenir la promesse d’une pluie de milliards face à la fronde sociale a sonné

Alassane Dramane Ouattara dit ADO avait promis déverser sur la Côte d’Ivoire une pluie de milliards non sur le mode d’un endettement, mais pour faire de chaque ivoirienne et chaque ivoirien des milliardaires! Or, en ce moment, la fronde sociale se chiffre en milliards de francs cfa. N’est-ce pas le temps de libérer cette salvatrice pluie de milliards non empruntés maintenant?

Fronde sociale: la pluie de milliards promise par ADO très attendue

Lors des campagnes électorales de la présidentielle de 2010, ADO promettait aux Ivoiriens une pluie de milliards qui se déverserait sur chaque citoyen qui, à défaut d’en être trempé, serait heureux pour la vie. En ce moment, la Côte d’Ivoire est éprouvée par une série de grèves dans l’armée et chez les fonctionnaires et agents de l’Etat. L’ensemble des mutins rebelles devant bénéficier des 12 millions chacun donne de voir qu’il leur est dû la coquette somme de 425 milliards de francs cfa. Quant aux fonctionnaires, l’Etat doit s’employer à leur reverser leur 243 milliards de francs cfa. Ces chiffres parlent en effet…

Selon le secrétaire général du Mouvement des Instituteurs pour la Défense de leurs Droits (MIDD), M. Mesmer Komoé: «  l’Etat nous doit 243 milliars de francs CFA. Nous faisons confiance à tout le monde, mais nous ne voulons plus qu’on nous tourne en rond et espérons que cette fois ci, notre cause sera entendue. Il faut que le gouvernement comprenne que les fonctionnaires ont fait suffisamment de sacrifice donc on ne peut pas leur demander aujourd’hui en l’espèce de faire le deuil de leurs arriérés. C’est plutôt le sacrifice minimum auquel l’Etat doit consentir s’il respecte les normes de la République, » a t-il dit à la sortie de la rencontre des syndicats de fonctionnaires avec des ministres du gouvernement.

En faisant le point financier de la situation, l’Etat devra payer dans l’immédiat plus de 668 milliards de fcfa vu que les ex-FDS réclament leur part de la prime puisque le régime Ouattara a toujours crié sur tous les toits qu’il y a une seule armée en Côte d’Ivoire n’en déplaise à ce soldat qui dévoilait qu’il y a des armées dans l’armée ivoirienne.

Mais bon, n’est-ce pas le moment propice de voir tomber enfin la fameuse pluie de milliards pour sauver tout le monde de cette descente infernale dans laquelle les politiques conduisent inéluctablement les Ivoiriens?

 

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Bénin: Patrice Talon face à la fronde sociale

L’homme d’affaire devenu Président du Bénin, Patrice Talon, fait face depuis quelques temps à une profonde fronde sociale. Les Béninois se sentent gravement trahis par celui en qui ils avaient placé tous leurs espoirs, ne constatant aucun résultat salutaire pour eux depuis sa venue au pouvoir d’Etat.

Fronde sociale au Bénin : Patrice Talon défié par son peuple

Les Béninois ne savent plus que penser de leur Président Patrice Talon. Ce riche homme d’affaire dont la fortune est estimée aujourd’hui à plus de 400 millions de dollars (Forbes 2015) du fait d’un monopole privé dans le coton (usines d’égrenage, intrants agricoles, négoce du coton-fibre, subventions publiques opaques…), peine à satisfaire son peuple dans le minimum vital.

Depuis plusieurs semaines, l’espoir a laissé place à la révolte sociale qui s’amplifie et gagne toutes les sphères au Bénin. L’entreprise politique néolibérale qui se met en place est celle pour laquelle les Béninois n’ont pas voté. Pis, les retombées négatives ne s’abattent que sur les petites gens, considérées par le pouvoir de Talon comme de simples variables d’ajustement. Un sentiment d’injustice étreint durement les populations. Cette saignée économique et sociale ne présage rien de bon. Elle pourrait se révéler fatale pour le régime actuel si des correctifs urgents ne sont pas rapidement envisagés…

Finalement, M. Patrice Talon ne fait que confirmer et perpétuer l’idée selon laquelle les dirigeants africains, une fois au pouvoir, ne se préoccupent que des intérêts de la bourgeoisie occidentale dont ils sont très dépendants en tant que tenus comme prisonniers par celle-là. Le peuple n’apparaît que comme l’alibi le plus grossier de ses démagogues des temps modernes!

 

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