Burkina : la prison ferme requise contre des putschistes de l’ex-RSP

Des membres de l’ex-RSP comparaissent en ce moment devant le tribunal militaire de Ouagadougou. Le parquet militaire a requis la prison ferme pour certains d’entre eux pour diverses infractions dont une tentative d’évasion.

Les putschistes de l’ex-RSP, de véritables gibiers de potence

Le sort des 29 militaires de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP) est en train d’être houleusement débattu en justice. Dans son réquisitoire, Alioune Zanré, commissaire du gouvernement, a demandé une requalification des faits d’association de malfaiteurs en « complot militaire ». À en croire le commandant Zanré, certains de ces prévenus détenaient en toute illégalité des armes à feu dont deux pistolets automatiques, deux grenades offensives, une kalachnikov AK47 et des centaines munitions. Ils auraient par ailleurs planifié l’attaque de certaines poudrières du pays et surtout l’évasion de Gilbert Diendéré de la MACA.

Eu égard à toutes ces accusations aussi graves les unes que les autres, le parquet militaire a requis 20 ans de prison ferme contre le caporal Madi Ouédraogo, présumé cerveau, ainsi que deux de ses complices. D’autres accusés bénéficient cependant de la clémence du commissaire du gouvernement qui requiert contre eux des peines allant de 24 mois avec sursis à 10 ans fermes.

Mais les avocats de la défense dénoncent d’ores et déjà un complot d’Isaac Zida qui voulait régler ses comptes. L’ex-Premier ministre de la transition aurait demandé au caporal Ouédraogo de liquider de hautes personnalités politiques et militaires. Se faisant, les avocats réclament la relaxe pure et simple de leurs clients. Il revient donc au président du tribunal militaire de donner son verdict après examen des motifs des parties.

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Burkina : Putsch manqué, dix soldats de l’ex-RSP mis aux arrêts

Les soldats de l’ex-RSP sont devenus un véritable os dans la gorge des nouvelles autorités burkinabè. Une énième tentative de déstabilisation serait l’oeuvre des membres de cette ancienne unité dont dix viennent d’être arrêtés.

Quelle solution définitive pour les soldats de l’ex-RSP ?

L’on serait tenté de dire que les jours passent et se ressemblent au Faso, surtout pour certains nostalgiques. En dépit de la dissolution de leur unité, les éléments de la garde prétorienne du président déchu, Blaise Compaoré, n’ont nullement renoncé à leur ambition de renverser l’ordre politique au pays des hommes intègres. En effet, un coup d’État a été déjoué in extrémis par les autorités sécuritaires, début octobre. Ainsi, dans le cadre de cette affaire, dix soldats de l’ex-RSP (Régiment de Sécurité Présidentielle) ont été mis aux arrêts. De même, l’adjudant Gaston Coulibaly, transfuge de ce corps d’élite, serait en fuite et activement recherché.

Notons que depuis la chute de Compaoré, les soldats commis à sa garde du temps de sa présidence semblent désemparés. Aussi, ont-ils perpétré, en septembre 2015, un putsch conduit par le général Diendéré qui a fini par échouer. Plusieurs personnes présumées auteurs de cette tentative de déstabilisation dont les généraux Gilbert Diendéré et Djibrill Bassolé ont été écroués par le tribunal militaire.

Dans cette autre tentative, François Compaoré, le frère cadet de l’ex-président Compaoré en serait l’instigateur principal. Les enquêteurs sont donc à pied d’oeuvre pour débusquer tous les maillons de la chaîne, aussi bien civils que militaires. Une kalachnikov, 6 chargeurs garnis et plusieurs centaines de cartouches ont déjà été saisis par les fins limiers de la République burkinabè.

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Affaire Sankara : Gilbert Diendéré livre Hyacinthe Kafando au Sanhédrin

Gilbert Diendéré vient de faire une révélation de taille dans le dossier de l’assassinat de Sankara. Lors de sa comparution, ce vendredi, l’ex-chef d’état-major particulier de Compaoré a livré le nom du présumé auteur du coup. L’instruction se poursuit donc au tribunal militaire pour en savoir davantage, apprend-on de Jeune Afrique.

Gilbert Diendéré accuse Hyacinthe Kafando d’assassinat

Le général Gilbert Diendéré s’est résolu à dire sa part de vérité dans l’assassinat de Thomas Sankara, ancien président burkinabè. Ainsi, devant le juge d’instruction François Yaméogo, le patron de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP) s’est vidé. À en croire le général putschiste, ce serait l’ex-chef de la sécurité rapprochée de Compaoré, Hyacinthe Kafando et ses hommes qui auraient assassiné le capitaine. Poursuivant sa déposition, il dit avoir simplement « rendu compte à sa hiérarchie (Compaoré) » après avoir constaté les dégâts. Suivant sa logique, il n’aurait pas pris part à la liquidation physique du révolutionnaire burkinabè.

À y voir de près, l’accusation portée contre cet ancien adjudant-chef est loin d’être fortuite. À en croire des sources bien introduites, ce dernier se vantait du rôle qu’il aurait joué ce jour-là. Devenu député du Namentenga, il était, avec Diendéré, la personne la plus visée dans cette affaire. Mais, il s’est exilé dans un pays voisin dès que le tribunal militaire de Ouagadougou l’a convoqué, le 22 juin 2015, pour l’entendre. Il fait actuellement l’objet d’un mandat d’arrêt international. Loin d’être disculpé dans l’affaire, le général Diendéré vient de donner une information capitale qui ferait éclater (enfin) la vérité.

Notons que le 15 octobre 1987, le président Thomas Sankara et douze de ses hommes ont été lâchement assassinés par un commando. Son compagnon Blaise Compaoré lui a succédé après avoir déclaré Sankara décédé de mort naturelle. Tous les regards semblent donc portés vers l’ancien dictateur burkinabè, devenu Ivoirien par un décret signé par Alassane Ouattara.

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Burkina Faso : Même en prison, Djibrill Bassolé refuse d’abdiquer

Djibrill Bassolé est resté droit dans ses bottes malgré ses 11 mois de détention. En effet, l’ex-ministre burkinabè des Affaires étrangères a profité d’une rencontre avec les confrères de Jeune Afrique pour donner sa version des faits sur ce qui l’a conduit en prison. Il semble rejeter, en bloc, toutes les accusations portées contre sa personne.

Djibrill Bassolé fait la lumière sur ses déboires

Djibrill Bassolé se dit, plus que jamais, décidé à porter sa croix, dans la dignité. C’est que le Général de gendarmerie croupit en ce moment à la Maison d’arrêt et de correction des armées (Maca) de Ouagadougou pour sa responsabilité présumée dans la tentative de coup d’État. Mais loin d’endosser cette responsabilité, il s’en défend : « Je n’ai pas fait ou tenté de coup d’État. J’ai, bien au contraire, tout fait pour éviter les affrontements entre le Régiment de sécurité présidentielle et l’armée. » Ainsi, l’ancien bras droit de Blaise Compaoré dit «s’adapter» à sa nouvelle situation et compte faire éclater la vérité lors d’un éventuel procès. Avant de marteler à qui veut l’entendre : « Je ne peux pas flancher ! »

Et pourtant, plusieurs chefs d’accusation ont été retenus contre cet officier général pour sa supposée connivence avec Gilbert Diendéré et les putschistes.  Ce sont, entre autres, « attentat contre la sûreté de l’État », « trahison », « association de malfaiteurs », « fourniture de moyens financiers », « meurtre », « dégradation volontaire aggravée de biens » et « coups et blessures volontaires ». De même, la prétendue écoute téléphonique avec Guillaume Soro, le président de l’Assemblée nationale ivoirienne, continue d’attiser les débats. À en croire ses avocats : « Ces écoutes sont truquées, manipulées », car l’enregistrement ne serait « pas authentique au sens technique et acoustique du terme ».

Sans pour autant renier son ancien mentor, le général Bassolé reconnaît toutefois s’être brouillé, quelque peu, avec l’ancien homme fort du Faso. Même s’il ressort de cette visite que l’ancien médiateur de l’ONU au Darfour (Soudan) jouit d’une certaine protection, il n’en demeure pas moins qu’il se considère comme « un détenu politique, pris en otage ». Puis il ajoute : « Je subis ce sort à cause de ce que je suis, un adversaire politique que l’on cherche à neutraliser. »

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Burkina : « libérez Djibrill Bassolé ! », l’ultimatum des militants de la NAFA

Djibrill Bassolé est en ce moment au centre d’un antagonisme qui prend de plus en plus de proportion. C’est que pour ses partisans de la NAFA, l’ancien ministre des Affaires étrangères du Faso est un « prisonnier politique ». Ils demandent donc sa libération sans condition et appellent les Burkinabè à rallier leur cause, nous rapporte koaci.com.

Djibrill Bassolé, un prisonnier politique selon ses partisans

Les militants et sympathisants de la Nouvelle Alliance du Faso (NAFA) sont excédés de voir Djibrill Bassolé derrière les barreaux. Les anciens de cette formation politique sont donc montés au créneau pour réclamer la «libération immédiate» de leur leader : « Il faut reconnaître que ceux qui accusent Djibrill Bassolé peinent à trouver des preuves pour le maintenir en prison. » Selon Adama Yaméogo, le président de l’union nationale des anciens, le général Bassolé est un « prisonnier politique » dont « les droits ont été volontairement, intentionnellement et délibérément violés par la justice burkinabé ».

Ce sont donc des militants déterminés à en découdre avec l’actuel pouvoir qui se sont rassemblés. Ils entendent s’appuyer sur l’injonction faite à l’État burkinabè par le tribunal communautaire sous-régional de rétablir l’ancien ministre de Blaise Compaoré dans ses droits. À cet effet, ils cherchent à rallier « les patriotes épris de paix, de justice et de démocratie » à leur combat. À en croire Yaméogo, Roch Kaboré et son gouvernement cherchent à éliminer de potentiels adversaires en les maintenant en prison. Cette attitude qu’il traite de discriminatoire serait donc en train de créer une véritable fracture sociale au Faso.

Notons que le général Djibrill Yipènè Bassolé est considéré comme le cerveau présumé du putsch manqué de septembre 2015. Plusieurs chefs d’inculpation dont l’atteinte à la sûreté de l’État, la collusion avec des forces étrangères, les meurtres et des coups et blessures, destructions de biens ont été retenus contre lui. Il est actuellement incarcéré à la Maison d’arrêt et de correction des armées (Maca) avec le général Diendéré et plusieurs coaccusés.

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Burkina : coup d’Etat du RSP, Roch Kaboré exige la célérité aux magistrats

Roch Kaboré veut voir accélérer le dossier du putsch manqué de septembre 2015 au pays des hommes intègres. À cet effet, le président burkinabè exerce une certaine pression sur les magistrats en charge de l’affaire afin de publier, au plus tôt, les résultats de l’enquête y afférente. Le récent réaménagement au sein du tribunal militaire rentre également dans cette logique, à en croire Jeune Afrique.

Roch Kaboré impatient de connaitre la vérité

Roch Kaboré est plus que jamais engagé à faire toute la lumière sur l’affaire du coup d’État manqué perpétré par l’ex-Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP). C’est dans cette optique que le locataire du Kosyam réclame les résultats de l’enquête diligentée par le parquet militaire. Ce dossier est d’autant plus sensible qu’il continue d’alimenter le quotidien des Burkinabè qui attendent de savoir également ce qui s’est réellement passé à la mi-septembre 2015 lorsque les hommes du général Gilbert Diendéré ont fait irruption au palais présidentiel et ont séquestré le président Michel Kafando, le Premier ministre Isaac Zida ainsi que d’autres responsables du régime de la Transition.

Cette volonté exprimée du Chef de l’État burkinabè, chef suprême des armées et président du Conseil supérieur de la magistrature, s’est traduite par un profond réaménagement au sein du tribunal militaire de Ouagadougou qui a en charge ce dossier. Ainsi, le lieutenant-colonel Norbert Koudougou, commissaire du gouvernement, avait été remplacé par son substitut, Alioune Zanré. De même, le juge civil Sébastien Rapademnaba avait été retiré du trio des juges d’instruction. Le lieutenant Frédéric Ouédraogo qui fait également partie de l’instruction est en ce moment sur la sellette. Le syndicat des magistrats burkinabè ainsi que certains observateurs étaient montés au créneau pour dénoncer l’ingérence de l’Exécutif dans le Judiciaire. Mais sans se laisser démonter outre mesure, le président Kaboré a réitéré son espoir de voir ce procès s’ouvrir avant la fin de l’année 2016.

Notons que plusieurs personnalités de l’ancien régime, dont les généraux Djibrill Bassolé et Gilbert Diendéré, croupissent en ce moment à la Maison d’Arrêt et de Correction des Armées (MACA). Même si tous les mandats d’arrêt internationaux ont été annulés par la Cour de cassation pour vice de forme, il n’en demeure pas moins que l’affaire reprenne de plus belle.

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Burkina : méli-mélo au tribunal militaire de Ouaga, à quoi joue Roch Kaboré ?

Roch Kaboré vient de réaliser un important chamboulement au niveau de la justice militaire burkinabè. À en croire l’Observateur Paalga, un décret pris par le locataire du Kosyam a donné d’observer des changements notables dans la hiérarchie de cette juridiction spéciale qui est pourtant en train de décortiquer plusieurs dossiers brûlants. Ces changements interviennent au moment où il y a des divergences de points de vue entre l’Exécutif burkinabè et le pouvoir judiciaire.

Décret de Roch Kaboré, fait du prince ou immixtion ?

Roch Kaboré aurait décidé de prendre tout le pouvoir. C’est du moins ce qui transparait dans le dernier décret pris par le chef de l’État, ce week-end, et en vertu duquel plusieurs changements ont été observés dans la justice militaire du Faso. Ainsi, le lieutenant-colonel Norbert Koudougou, commissaire du gouvernement, a été remplacé par son substitut, Alioune Zanré. De même, le juge civil Sébastien Rapademnaba a été retiré du trio des juges d’instruction chargé d’enquêter sur le putsch manqué du général Gilbert Diendéré et le RSP en septembre 2015.

En sa qualité de chef suprême des armées et président du conseil supérieur de la magistrature, le président de la République a le pouvoir d’effectuer toutes les nominations aussi bien au sein de la grande muette que du pouvoir judiciaire. Mais là où le bât blesse, c’est que ce décret intervient au moment où la justice militaire a lancé des mandats d’arrêt contre plusieurs personnalités, dont l’ancien dictateur Blaise Compaoré et surtout Guillaume Soro, le président de l’Assemblée nationale ivoirienne. Dans la même foulée, le juge militaire a décidé d’entendre plusieurs personnalités de premier plan de l’actuel régime. C’en était certainement trop pour le nouvel homme fort du Faso qui s’était déjà indigné du fait que cette juridiction ait émis des mandats sans l’en informer préalablement. Concernant le cas spécifique de Soro, les présidents Ouattara et Kaboré avaient envisagé de traiter ce dossier par la voie diplomatique.

Notons que l’annulation de tous les mandats d’arrêt émis, le 28 avril dernier, et les changements qui viennent d’être opérés dans la justice militaire burkinabè ont fini par convaincre certains observateurs de l’immixtion de l’Exécutif dans le judiciaire, pire, du retour à l’impunité au pays des hommes intègres. Quoi qu’il en soit, le peuple observe attentivement les faits et gestes de Roch Marc Christian Kaboré afin de lui apporter la réponse appropriée au moment opportun.

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Burkina : cité dans le putsch manqué, Me Mamadou Traoré placé sous mandat de dépôt

Me Mamadou Traoré vient de passer sa première nuit dans une cellule de la MACA. Et pour cause, le tribunal militaire a inculpé, ce lundi 25 avril, l’ancien bâtonnier du barreau ouagalais pour « complicité d’assassinat et de coups et blessures » lors du coup d’État manqué du RSP à la mi-septembre 2015. Les juges militaires poursuivent leurs auditions pour démasquer tous les maillons de la chaîne, nous rapporte apanews.net.

Me Mamadou Traoré écroué pour complicité de putsch

Me Mamadou Traoré a actuellement maille à partie avec la justice militaire du Faso. Convoqué dans le cadre de l’enquête sur le putsch manqué du général Gilbert Diendéré et des éléments de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l’ancien bâtonnier a été convoqué, par l’intermédiaire de son successeur, au tribunal militaire. Ainsi que le confirme une source proche du dossier sous couvert de l’anonymat : « C’est après avoir reçu jeudi dernier, par l’entremise du bâtonnier en poste, la convocation de la justice militaire que l’ancien bâtonnier du barreau burkinabè, Me Mamadou Traoré, s’est présenté hier (lundi NDLR) devant le juge militaire. »

Après un interrogatoire qui a duré plusieurs heures, le juge d’instruction militaire a jugé bon d’inculper l’ancien bâtonnier pour « atteinte à la sureté de l’État, complicité d’atteinte à la sureté de l’État, coups et blessures volontaires, complicités de coups et blessures volontaires et assassinat. » Ce dernier a donc été conduit à la Maison d’Arrêt et de Correction de l’Armée (MACA) où il séjourne depuis hier.

Notons qu’à la suite du putsch manqué de l’ex-RSP, l’ancienne garde prétorienne de Blaise Compaoré, contre Michel Kafando, Yacouba Isaac Zida et les autres autorités de Transition, plusieurs suspects ont été arrêtés dont les Généraux Djibrill Bassolé et Gilbert Diendéré. Me Traoré vient donc accroître la liste des détenus qui est loin d’être close, car un mandat d’arrêt a été délivré à l’encontre de Guillaume Soro (le président de l’Assemblée nationale ivoirienne) et de plusieurs autres personnes qui seraient en fuite.

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Putsch manqué au Burkina : comment le dossier de Djibrill Bassolé s’alourdit

Djibrill Bassolé n’est pas encore sorti de l’ornière. En plus des charges (déjà) retenues contre l’ancien dignitaire du régime Compaoré, de nouveaux éléments font état d’autres mains occultes qui lui auraient apporté des moyens supplémentaires pour mieux alimenter son réseau. Les enquêtes sont toujours en cours pour démasquer tous les maillons de la chaîne, apprend-on de Jeune Afrique.

Djibrill Bassolé soutenu par des complices ?

Eu égard à certains éléments, Djibrill Bassolé, l’ancien chef de la diplomatie de Blaise Compaoré, aurait pris une part active au putsch manqué du 16 septembre 2015 contre les autorités de la transition. En effet, une affaire d’écoute téléphonique (en voie d’authentification) entre cet officier de la gendarmerie burkinabè et Soro Guillaume, le président de l’Assemblée nationale ivoirienne, est venue mettre en lumière sa supposée implication dans la tentative de coup d’État perpétrée par le général Gilbert Diendéré et les éléments du défunt Régiment de sécurité présidentielle (RSP).

Incarcéré à la Maison d’arrêt et de correction des armées (Maca) sur la base de cette communication téléphonique qui l’incriminerait, voilà que d’autres faits viennent l’accabler. C’est qu’au cours de sa détention dans un local situé au camp de gendarmerie Paspanga à Ouagadougou, des téléphones portables et une forte somme d’argent liquide auraient été retrouvés en sa possession. Interrogé sur une probable complicité interne, les explications qu’il a données pour justifier leur origine et surtout leur destination n’ont pu convaincre les autorités sécuritaires. C’est à juste titre qu’elles ont pris des dispositions préventives à son égard pour parer à toutes éventualités, ainsi que l’explique une source proche du dossier : « Après cette découverte, les contrôles ont été nettement renforcés. Même ses repas étaient passés au peigne fin. »

Notons que onze chefs d’inculpation dont ceux d’ « attentat à la sûreté de l’État », « collusion avec des forces étrangères pour déstabiliser la sécurité intérieure », « meurtre », « coups et blessures volontaires », « destruction volontaire de biens » ont été retenus contre lui et Diendéré.

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Burkina Faso : Yacouba Isaac Zida, une épine dans les pieds de Roch Kaboré ?

Yacouba Isaac Zida continue de défrayer la chronique au pays des hommes intègres. Inconnu du grand public il n’y a pas longtemps, cet officier supérieur de l’armée burkinabè a fait son apparition au-devant de la scène à la faveur du renversement du président Blaise Compaoré en octobre 2014. Désigné chef de l’État lors de la transition au Burkina Faso par l’armée le 1er novembre 2014, il est nommé Premier ministre par le président de la transition, Michel Kafando le 21 novembre. Gros plan sur un homme au parcours atypique.

Yacouba Isaac Zida, de l’ombre à la lumière

Yacouba Isaac Zida, quinquagénaire et père de trois enfants, est longtemps resté dans l’antichambre du pouvoir auprès de son mentor, un certain Blaise Compaoré. Après ses études universitaires à Ouagadougou, il entre à l’Académie militaire Georges Namoano de Pô en 1993 avant d’aller décrocher un master de management international de l’IAE à l’université Lyon III en France. Il a également suivi une formation militaire variée à l’étranger, du Maroc (Meknès) au Cameroun (Yaoundé) en passant par Taiwan et le Canada. Il participe également à une formation antiterroriste à l’université des forces spéciales de Tampa en Floride.

Auréolé de tout ce bagage, il intègre en 1996 le Régiment de sécurité présidentielle (RSP) du président Compaoré, d’abord en tant que commandant de compagnie, puis commandant de groupement avant d’être nommé adjoint du chef de corps du RSP. Bombardé lieutenant-colonel, il sera l’officier de liaison dans le cadre de la médiation de Compaoré durant la crise ivoirienne. Mais à la faveur de la chute de l’ancien dictateur, il prend le pouvoir le 31 octobre 2014 en déclarant assumer les responsabilités de chef de l’État du Burkina Faso. Mais la pression internationale lui fera renoncer à ses ambitions avant d’être nommé Premier ministre de la transition par le président Michel Kafando.

Yacouba Isaac Zida et Michel kafando, le duo de choc

Yacouba Isaac Zida (Premier ministre) et Michel Kafando (Président) formeront un véritable tandem à la tête de la transition burkinabè. L’un militaire et l’autre civil, ces deux hommes ont décidé de travailler en bonne intelligence pour sortir le Faso de ses multiples années de crise. Ainsi ont-ils mis en place un gouvernement militaro-civil afin d’engager des réformes de salut public pour le grand bonheur des Burkinabè. Le général Isaac Zida dissout au passage le régiment de Sécurité présidentielle (RSP), la garde prétorienne de Compaoré. Cette transition devait déboucher sur l’organisation d’élections couplées législatives et présidentielle

Mais contre toute attente, le général Gilbert Diendéré et ses hommes du RSP tentent de renverser le pouvoir de transition le 16 septembre 2015 alors que ces élections de sortie de crise approchaient à grands pas (octobre 2015). Mais dans un baroud d’honneur, et appuyé par le peuple burkinabè et la communauté internationale, le tandem Kafando-Zida met le général putschiste et ses hommes aux arrêts. Ce tandem conduira donc la transition à son terme avec les élections du 29 novembre qui consacrent l’accession de Roch Marc Christian Kaboré à la tête du Burkina Faso. Mais avant de s’en aller, Yacouba Isaac Zida fera signer au président Kafando un décret, à l’abri de tous les regards, qui le nomme Ambassadeur du Faso aux États-Unis.

Roch Kaboré l’iconoclaste

À peine arrivé au pouvoir que le président Roch Marc Christian Kaboré décide de rompre avec les anciennes pratiques qui avaient cours au pays des hommes intègres. Il décide donc, avec son Premier ministre Paul Kaba Thiéba, de lancer la moralisation de la vie publique au Faso. Ainsi, la plupart des dossiers épluchés laissent entrevoir de véritables malversations et des passations de marchés publics qui ont été faites suivant des méthodes peu orthodoxes. L’acquisition de plusieurs terrains à Ouaga 2000 et la gestion opaque de 1,3 milliard de francs CFA (près de 2 millions d’euros) destinés au « budget militaire » sont imputées à Zida.

Ainsi l’ex-Premier ministre Isaac Zida, dont le nom serait lié à tous ces dossiers, a donc trouvé refuge au Canada où il avait pris soin de mettre sa famille à l’abri. Le président Roch Kaboré abroge au passage son décret de nomination en tant qu’ambassadeur et le somme de rentrer au pays pour répondre de ses responsabilités face à ces accusations qui fusent de partout. Mais face à l’inertie de l’ancien Premier ministre de transition, Roch Kaboré s’est voulu formel : « Je pense qu’il rentrera de lui-même au Burkina Faso, car, quand on assume des responsabilités à un certain niveau, il faut savoir faire face à sa propre histoire. »

Yacouba Isaac Zida et Soro Guillaume, le clash

Naguère alliés pendant la crise ivoirienne, Yacouba Isaac Zida et Soro Kigbafori Guillaume vont passer du stade d’une franche amitié à celui d’ennemis jurés. En effet, Isaac Zida, sur instruction du président Blaise Compaoré, était l’artificier en chef du convoyage du matériel militaire à la rébellion ivoirienne des Forces Nouvelles (FAFN) et de la formation des rebelles. Cette collaboration a donc créé de profondes relations entre ces deux hommes. Mais ces relations vont vite s’effriter pendant la tentative de putsch du RSP en septembre 2015.

En effet, Isaac Zida avait ouvertement accusé Soro Guillaume, Président de l’Assemblée nationale ivoirienne, d’être l’un des bras séculiers des putschistes. Il est même allé plus loin en déclarant que l’écoute téléphonique entre Djibril Bassolé et Guillaume Soro, dont les médias ont fait un large écho, est « bel et bien authentique », sans aucune autre forme de procès. Il a même pris soin d’obtenir de la justice militaire burkinabè, le 8 janvier dernier, un mandat d’arrêt international contre son ancien compagnon sans aviser le nouveau président élu. Ce qui a contribué à renforcer le fossé entre les deux compères d’hier.

Yacouba Isaac Zida lorgne le Kosyam

Yacouba Isaac Zida a goûté aux délices du pouvoir et il voudrait mettre tout en oeuvre afin de se donner un destin national. Pour arriver à ses fins, il a commencé à se constituer un réseau qui lui tracerait la voie vers le palais de Kosyam en 2020. Avec sa fortune amassée pendant sa « mission transitionnelle », le voilà qui manoeuvre dans l’ombre afin de réaliser son rêve.

Il serait donc devenu comme un os dans la gorge du président Roch Marc Christian Kaboré qui voudrait l’avoir sous sa surveillance. Mais le refuge canadien ne facilitant pas les choses, le nouvel homme fort du Faso voudrait faire mains et pieds pour rapatrier son compatriote qui serait devenu quelque peu gênant. L’opération mains propres qui a cours actuellement au pays des hommes intègres pourrait lui permettre d’arriver à cette fin. Attendons donc de voir de quoi demain sera fait.

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