Guinée : Le retour triomphale d’Alpha Condé après son élection à l’UA

Le Pr Alpha Condé a actuellement le vent en poupe du fait de ses grandes percées diplomatiques du moment. Médiateur dans la crise gambienne et désigné président en exercice de l’UA, le chef d’État guinéen est triomphalement accueilli au pays. Toutefois, certains de ses compatriotes ne cessent de maugréer contre lui.

La diplomatie gagnante d’Alpha Condé, mais…

Honneur n’a été autant accordé à un président guinéen sur le plan international en un temps record. C’est ce pari que vient de gagner Alpha Condé en l’espace d’un mois. En effet, le président guinéen s’était fortement impliqué dans la résolution de la crise gambienne. Aussi, avait-il réussi à convaincre Yahya Jammeh, l’ex-homme fort de la Gambie, de céder le pouvoir à Adama Barrow. Cette médiation fructueuse du locataire de Sékoutouréyah a forcé l’admiration de ses pairs qui le lui ont immédiatement reconnu.

Lors du 28e sommet de l’Union africaine (UA) qui s’est tenu à Addis-Abeba (Éthiopie), les chefs d’État africains ont donc confié les rênes de l’organisation panafricaine au président Condé pour une année, en qualité de président en exercice de l’UA, en remplacement d’Idriss Déby Itno, le président tchadien. Et c’est la toute première fois qu’un président guinéen accède à ce haut poste de responsabilité en Afrique. C’est à juste titre que, de retour au pays, les Guinéens ont réservé un accueil triomphal à leur président.

Cependant, certains de ses compatriotes ne cessent de fustiger sa politique interne qu’ils présentent comme un véritable échec.  La cherté de la vie, la pénurie de carburant avec son cortège de flambées des prix des denrées de première nécessité sont autant d’éléments qui viennent quelque peu édulcorer le bilan du pouvoir guinéen. De même, le dialogue politique qui est actuellement à son poids mort pourrait être source d’une fronde sociopolitique. Le chef de file de l’opposition, Cellou Dalein Diallo, avait déjà accusé le président de ne « pas respecter sa parole ».

L’adversité interne pourrait-elle laisser les mains libres à Alpha Condé pour mieux s’exprimer à l’international ? Telle est l’inquiétude de bon nombre d’observateurs.

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Sommet UA : Moussa Faki Mahamat, le nouveau pdt de la Commission de l’UA

Moussa Faki Mahamat a remporté ce lundi, le scrutin devant désigner le nouveau président de la Commission de l’UA. L’écrasante majorité récoltée par le ministre tchadien des Affaires étrangères augure d’une diplomatie gagnante de son pays.

Moussa Faki Mahamat, le successeur de Dlamini-Zuma

Le suspense entretenu depuis le 27e sommet de l’UA à Kigali vient maintenant de connaitre son dénouement. C’est que la Commission de l’Union africaine a désormais un nouveau président. En effet, au terme d’un scrutin qui n’aura pas trop tenu en haleine les chefs d’État, membres de l’union, Moussa Faki Mahamat est passé haut les mains, en battant sa challenger, la ministre kényane des Affaires étrangères Amina Mohammed avec 39 voix sur 54. Les trois autres candidats sont tombés dès les trois premiers tours.

Le président Idriss Déby Itno vient ainsi de démontrer une diplomatie gagnante du Tchad. Président en exercice de l’Union africaine (UA), le président tchadien a tenu à parrainer la candidature de son ministre des Affaires étrangères à la succession de Nkosazana Dlamini-Zuma. En dépit de quelques diatribes, l’équipe tchadienne a battu sa campagne sans tambour ni trompette. Et voilà qu’au finish, la victoire leur a été acquise. Il revient maintenant au nouveau président de la Commission de travailler à porter l’organisation régionale au firmament.

D’autant plus que d’importantes réformes tenant au financement et à l’indépendance de l’organisation sont en vue. L’immigration clandestine dont sont victimes des Africains au large des côtes européennes, le terrorisme transfrontalier, ainsi que les effets néfastes du réchauffement climatique sont autant de priorité qui attendent le nouveau président. De même, les crises au Soudan du Sud, en RDC et en Gambie sont également des dossiers à gérer avec une diligence particulière.

Le président guinéen Alpha Condé a également été désigné président en exercice de l’UA. Sa médiation dans la crise gambienne à certainement peser dans la balance en sa faveur.

Notons que Moussa Faki Mahamat, 58 ans, est un homme politique tchadien. Il fut Premier ministre du  au  ministre des Affaires étrangères depuis 2008. Il est membre du parti du président Déby, le Mouvement patriotique du Salut (MPS).

 

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Tchad : Au bord de la banqueroute, Idriss Déby limoge son argentier

La crise socio-économique qui secoue actuellement le Tchad est d’autant plus sévère que des mesures drastiques s’imposent. Le président Idriss Déby vient de limoger Mbogo Ngabo Seli, son ministre des finances et du budget, pourtant récemment nommé.

Face à la crise, Idriss Déby fait le ménage

En dépit des mesures d’austérité déjà adoptées, le Tchad semble inexorablement se diriger vers une crise financière très aigüe. En effet, la chute du prix du pétrole a fortement ébranlé les finances publiques tchadiennes, car le pétrole représente plus de 80 % des exportations nationales et près de 20% du PIB. Aussi, pour arrêter cette saignée, Idriss Déby Itno avait nommé  Mbogo Ngabo Seli au poste de ministre des Finances et du Budget. Mais depuis, la balance économique du pays ne cesse de dégringoler. Le président tchadien s’est donc séparé de son argentier afin de tester de nouvelles compétences.

Même si les raisons de ce limogeage ne sont pas officiellement connues, plusieurs observateurs privilégient la piste de la crise. Notons que le ministre tchadien des Mines, de la Géologie et des Carrières a également quitté l’équipe gouvernementale en décembre. Pays enclavé, le Tchad peine véritablement à s’en sortir avec l’agriculture et l’élevage qui sont les activités dominantes des populations. Les ressources extractives et l’exploitation des hydrocarbures connaissent également un net recul dans la balance commerciale. Les opérations militaires tchadiennes à l’extérieur pèsent également lourdement sur l’économie du pays.

La crise s’est tellement intensifiée que les autorités tchadiennes avaient décidé de la suppression des indemnités allouées aux anciens Premiers ministres. Aussi, d’aucuns s’interrogent sur la capacité d’IDI à relever le Tchad après 26 ans de pouvoir. Aussi, certains de ses détracteurs ne cessent d’affirmer : « Les sorties d’Idriss Déby Itno et de Pahimi Padacké Albert (son Premier ministre) ne sont que pure diversion. » En attendant de trouver des solutions durables, le peuple continue de broyer du noir.

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28e sommet de l’UA : La succession de Dlamini-Zuma très attendue

Le 28e sommet de l’Union africaine qui aura lieu les 30 et 31 janvier à Addis-Abeba est du reste très attendu. Au-delà des réformes prévues, il y a également la succession de Nkosazana Dlamini-Zuma à la présidence de la Commission. À en croire Jeune Afrique, plusieurs décisions capitales seront prises lors de cette rencontre.

L’UA fait peau neuve, le successeur de Dlamini-Zuma enfin connu ?

Les 54 États africains entendent véritablement promouvoir l’Union africaine (UA), leur organisation régionale commune. Pour ce faire, le 28e sommet qui démarre ce mercredi avec le Conseil exécutif des ministres des Affaires étrangères des pays membres connaitra son apothéose les lundi et mardi prochains avec la réunion des chefs d’État à Addis-Abeba (Éthiopie). En effet, lors de cette rencontre de très haut sommet, le remplaçant de Nkosazana Dlamini-Zuma sera désigné. Aussi, plusieurs candidats dont Abdoulaye Bathily (Sénégal), Moussa Faki Mahamat (Tchad) et Amina Mohamed Jibril (Kenya) sont-ils en lice. À Kigali, le président de la Commission de l’UA n’avait pu être désigné, aucun candidat n’ayant recueilli 2/3 des suffrages. Néanmoins, le parrainage des candidats par les grandes régions du continent est symptomatique d’une profonde division entre ces entités.

Outre cette élection, l’organisation panafricaine entend faire des réformes pour se redynamiser davantage. À cet effet, une équipe d’experts dirigée par Paul Kagamé avait été mise en place en octobre dernier. Ce comité rendra son rapport, gardé pour l’instant au secret, lors de ce sommet d’Addis-Abeba. Selon des sources bien introduites, le financement de l’UA et le nombre de ses commissaires y figurent en bonne place.

Il y a la désignation d’un nouveau président en exercice qui constituera également un point focal de ce sommet. En remplacement du président tchadien Idriss Déby Itno, son homologue Alpha Condé (Guinée) est de plus en plus pressenti. Sa gestion du dossier gambien en convainquant Yahya Jammeh de quitter le pouvoir sans violence milite largement en sa faveur. Toutefois, les crises sud-soudanaise, congolaise et gambienne font partie des patates chaudes que tentera de résoudre l’UA.

Notons que le Maroc fait son grand retour au sein de l’organisation après un boycott de près de 33 ans. Le royaume chérifien s’était brouillé avec l’ex-OUA, actuel UA, à cause de l’admission de la République arabe sahraouie démocratique.

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Sénégal – Tchad : Hissène Habré devant la Chambre d’appel des CAE ce lundi

Hissène Habré sera jugé en dernier ressort devant la Chambre d’appel des CAE à partir de ce lundi 9 janvier. Lors de ce procès, la Chambre s’évertuera à examiner la régularité de la procédure lors du jugement en première instance. Les avocats de la défense entendent d’ores et déjà soulever plusieurs vices de procédure.

Le sort d’Hissène Habré scellé en appel ?

Condamné à perpétuité le 30 mai dernier, Hissène Habré sera devant la chambre d’appel aujourd’hui. Là, l’ex-président tchadien tentera de faire annuler cette condamnation à perpétuité prononcée par les Chambres africaines extraordinaires (CAE). À cet effet, les avocats commis d’office à l’ancien homme fort de N’Djamena soulèveront des irrégularités qu’ils auraient constatées.

Il s’agit de prime abord de récuser le juge sénégalais Amady Diouf qui n’avait pas les dix ans d’ancienneté requis pour siéger. Il y a également le fait que Khadija Hassane Zidane, accusant Habré de viol, ait témoigné sous l’impulsion des juges. Cette dernière aurait même menti lors de sa déposition. Le dernier argument est le refus de la cour d’appel de faire comparaitre Saleh Younous, ex-directeur de la DDS, l’organe de la répression et Idriss Déby Itno actuel président tchadien et conseiller sécurité de Habré au moment des faits comme témoins clés.

Mais pour Jacqueline Moudeina, l’une des avocates des victimes, ce sont des « arguments malhonnêtes ». Car la défense aurait dû les soulever in limite litis, c’est-à-dire avant toute défense au fond. Selon elle, ces avocats avaient connaissance de la composition des CAE plusieurs mois avant le début du procès.

Quoi qu’il en soit, le juge malien Wafi Ougadèye présidant la chambre d’appel, assisté par les Sénégalais Matar Ndiaye et Bara Guèye se prononceront sur le droit et non sur les faits. Leur décision attendue au plus tard le 30 avril prochain (fin de leur mandat) n’est susceptible d’aucun recours. Car la chambre d’appel statuera cette fois-ci comme une cour de cassation.

Le 30 mai 2016, Hissène Habré a été à perpétuité pour tortures, viols, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. En juillet dernier, il a également été condamné à verser entre 10 et 20 millions de FCFA à chaque victime.

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Sénégal : condamné à perpétuité, Habré tente de sauver sa peau en appel

Le procès en appel d’Hissène Habré est fixé pour le 9 janvier prochain. Mais en attendant l’ouverture des audiences, la chambre a rejeté les mémoires de l’ex-président tchadien visant à annuler sa condamnation.

Hissène Habré, du calice jusqu’à la lie ?

Condamné à perpétuité le 30 mai dernier, Hissène Habré sera devant la chambre d’appel dans cinq jours. Là, l’ex-président tchadien tentera de faire annuler cette condamnation le maintenant derrière les barreaux jusqu’à la fin de ses jours. À cet effet, l’ancien homme fort de N’Djamena avait déposé, par le truchement de ses avocats, des mémoires aux fins de faire comparaitre Idriss Deby Itno, l’actuel président tchadien, procéder à l’audition des principaux responsables de la Direction de la documentation et de la sécurité (Dds) et in fine, annuler sa condamnation prononcée en premier ressort devant les Chambres africaines extraordinaires (CAE). Mais ses mémoires ont tous été rejetés par la chambre d’appel.

Aussi, le procès en appel aura bel et bien lieu à la date indiquée au Palais de justice de Dakar. Cette cour sera présidée par le magistrat malien Wafi Ougadèye assisté par les Sénégalais Matar Ndiaye et Bara Guèye. Si ces derniers confirment la condamnation prononcée par le juge Burkinabé Gberdao Gustave Kam, alors l’ancien dictateur pourrait purger sa peine au Sénégal ou dans tout autre pays africain.

Notons qu’Hissène Habré avait dirigé le Tchad d’une main de fer de 1982 à 1990. À cet effet, il avait été reconnu coupable par les CAE « de crimes contre l’humanité, de viol, d’esclavage forcé, d’homicide volontaire, de pratique massive et systématique d’exécutions sommaires, d’enlèvement de personnes suivi de leur disparition, de tortures et d’actes inhumains ».

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Mali : Mahamat Saleh Annadif fait son bilan à la tête de la Minusma

Cela fait maintenant un an que Mahamat Saleh Annadif a été nommé chef de la Minusma. Remplaçant le Tunisien Mongi Hamdi, le diplomate tchadien espérait rétablir la paix au Mali. Mais la crise s’intensifie de plus belle, en dépit du soutien de la communauté internationale.

Mahamat Saleh Annadif s’en remet à Idriss Déby

Le moment était opportun pour Mahamat Saleh Annadif de rendre compte de sa mission à la tête de la Minusma. En effet, reçu en audience, ce lundi, par Idriss Déby Itno, le représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies, chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) s’est voulu formel : « La mission est assez difficile même si des avancées assez notables ont été enregistrées. On peut dire à ce stade qu’on aurait pu faire mieux. » Puis, il témoigne toute sa gratitude à l’égard du président tchadien pour son assistance sans faille : «Je salue le travail que fait le Tchad qui a envoyé récemment des équipements armés. Car ces équipements ont augmenté la capacité opérationnelle de son contingent qui est aussi le plus gros en nombre de soldats. »

Effectivement, la crise malienne est en train de s’enliser et l’accord de paix d’Alger tarde à s’appliquer sur le terrain. Et pourtant, plusieurs groupes armés l’avaient cosigné avec l’État malien afin d’entamer le processus d’un retour à la normale. Mais des groupes jihadistes et terroristes continuent de torpiller ce processus de paix par des attentats et autres enlèvements d’expatriés. Toutefois, l’ancien ministre tchadien des Affaires étrangères se veut rassurant : « Nous continuons à discuter avec les uns et les autres pour faire avancer le processus de paix. » Quand bien même il reconnait l’ampleur de la tâche : « Le terrorisme ne s’arrête pas seulement au niveau du Mali. Beaucoup des pays de la bande sahélienne sont touchés. Ces mouvements terroristes constituent aujourd’hui la menace principale. » Voilà pourquoi il appelle les États à « unir leurs forces pour éradiquer ce mal ».

Certains observateurs continuent tout de même de critiquer ses méthodes qu’ils jugent peu efficaces. Sous sa direction, la Minusma aurait perdu plusieurs Casques bleus.

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Gabon : Sommet de la CEEAC, le grand coup diplomatique d’Ali Bongo

Libreville abrite, dès ce mercredi matin, le sommet des chefs d’État de la CEEAC. Ce sera l’occasion pour Ali Bongo d’évoquer avec ses pairs la paix et la sécurité dans la sous-région. Cette rencontre internationale intervient deux mois après la crise postélectorale au Gabon.

Quand Ali Bongo rassemble des chefs d’État à son chevet

Le Gabon a traversé des périodes tumultueuses au lendemain de la présidentielle remportée par Ali Bongo Ondimba. Mais Jean Ping, le candidat malheureux à ces élections conteste cette victoire et n’a cessé de remuer ciel et terre pour évincer son adversaire du pouvoir. C’est dans ce contexte particulier que se tient le sommet des Chefs d’État de la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC). À en croire Alain Claude Bilié Bi Nzé, ministre gabonais de la Communication et porte-parole du gouvernement, la paix et la sécurité y seront débattues. Aussi, la crise centrafricaine et la situation sécuritaire au Tchad et au Cameroun fragilisée par Boko Haram seront minutieusement étudiées.

C’est un véritable secret de polichinelle de dire que Ping veut déposer le président Bongo par tous les moyens. Ainsi, avait-il arpenté plusieurs chancelleries et institutions lors de ses pérégrinations occidentales pour s’accorder une faveur diplomatique. À cet effet, l’Union européenne qui a maintes fois dénoncé l’irrégularité de l’élection rendra son rapport le 7 décembre prochain. De même, l’opposition gabonaise souhaite que le sommet fasse quelques pressions sur le camp Bongo à propos des violences postélectorales. Accueillir une rencontre sous-régionale dans ce climat de division s’apparente à la réalité comme une victoire diplomatique d’Ali Bongo. De surcroit, tandis que Ping va chercher des soutiens en Europe, Bongo lui, réussit à mobiliser ses pairs africains. Une véritable dichotomie dans l’orientation politico-diplomatique des deux frères ennemis.

Quoi qu’il en soit, la présence à ce sommet de Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (Guinée équatoriale), de Paul Kagamé (Rwanda), de Faustin-Archange Touadéra (République de Centrafrique), d’Idriss Déby Itno (Tchad) et de Manuel Pinto da Costa (Sao Tomé et Principe) serait symptomatique d’un soutien à leur pair gabonais et sonnerait ainsi comme un désaveu du camp Ping. Mais ne sait-on jamais…

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La limitation des mandats, quelles réalités de l’Occident à l’Afrique ?

La limitation des mandats présidentiels semble être de géométries variables, suivant que l’on se trouve en Occident ou en Afrique. Limitation pleinement admise dans certains États, d’autres par contre n’y auraient pas droit, au risque d’une pression internationale outrancière. Décryptage.

La limitation des mandats, un vrai-faux débat

Tandis que certains chefs d’État ou de gouvernement peuvent se présenter indéfiniment, c’est sens interdit pour d’autres. Dans certaines vieilles démocraties tel que les États-Unis, le mandat présidentiel est de quatre ans renouvelables une seule fois. Il en est de même pour la France où le mandat est maintenant de cinq ans renouvelables une fois. Sauf qu’un ex-président peut se représenter en intercalant un mandat autre que le sien. C’est ce que voulait expérimenter Nicolas Sarkozy sauf qu’il a été désavoué par les militants de la droite française lors de leurs primaires, ce dimanche 20 novembre.

La loi en dispose autrement pour l’Allemagne où Angela Merkel est en passe de rempiler pour un quatrième mandat consécutif. Ainsi que l’annonce la Chancelière allemande : « J’ai longtemps réfléchi, la décision n’a pas été simple. Comme vous le savez, j’ai besoin de temps. » Avant de se justifier : « Dans la période difficile et peu sûre que nous traversons aujourd’hui, on me rapporte que beaucoup ne comprendraient pas si je ne continuais pas à servir l’Allemagne avec l’expérience et les talents qui m’ont été donnés. » Et jamais, aucune communauté internationale ne viendrait s’immiscer dans les affaires internes allemandes.

Et pourtant, l’Afrique est prise à la gorge par des faiseurs de rois qui font et défont au gré de leurs intérêts. En effet, la limitation des mandats semble avoir été imposée par des puissances tutélaires relativement intransigeantes. Si au Tchad, Idriss Déby Itno peut entamer un cinquième mandat dans un climat plus ou moins apaisé, ce n’est pas le cas pour Pierre Nkurunziza (Burundi) dont le troisième mandat est vigoureusement contesté et déjà émaillé de violences. De même, Joseph Kabila (RDC) fait actuellement l’objet d’une grosse pression internationale sur la voie d’un troisième mandat. Ce vaste tourbillon international est également entretenu par une opposition interne de plus en plus virulente.

La limitation des mandats, une panacée indispensable ?

Exercer indéfiniment le pouvoir d’État sans alternance s’apparente à une véritable dictature. Aussi, la soif de changement doit être l’aspiration profonde du peuple, détenteur exclusif du pouvoir dans toute démocratie. Mais lorsque le changement est imposé de l’extérieur, cela dénote d’une volonté hégémonique de soumettre un État faible. À ce jour, nombreux sont les Libyens qui sont nostalgiques des 42 ans de pouvoir de Mouammar Kadhafi face à la démocratie que les Occidentaux, conduits par l’ancien président français Nicolas Sarkozy, sont venus leur apporter à coup de canon. Aujourd’hui, c’est le chaos total en Libye. Cet ancien eldorado est totalement défiguré par les groupes armés qui y font la loi en ce moment.

Loin de nous l’idée d’encourager les dirigeants africains à être présidents à vie. Mais l’alternance doit se faire dans des conditions paisibles pour que les pays continuent leur marche vers l’émergence. Aussi, les avantages de la limitation des mandats se perçoivent surtout dans la stabilité des institutions. Les présidents qui se succèdent travaillent à marquer leur mandat d’une pierre blanche et à laisser un héritage positif à leurs successeurs. De même, l’alternance à intervalles réguliers éloigne des prétendants au pouvoir, toute idée de coup d’État. La montée d’une nouvelle génération aux affaires permet également des changements bénéfiques pour tout État qui veut aller de l’avant.

N’empêche que les observateurs continuent de dénoncer les mains occultes qui tendent à renverser l’ordre politique dans les pays africains. Bien sûr, si ce n’est l’objet d’une volonté populaire tel qu’exprimée au Burkina Faso fin octobre 2014.

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Tchad : Idriss Déby écourte son séjour marocain et rentre précipitamment à N’Djamena

Idriss Déby a dû interrompre sa présence aux assises de la COP22 à Marrakech pour rentrer illico dans son pays. Ce voyage précipité du président tchadien s’explique par des tensions politiques qui prévalent en ce moment à N’Djamena.

Idriss Déby veut faire front à ses contestataires

La situation politique au Tchad est en train de dégénérer, surtout après la réélection d’Idriss Déby. Aussi, face aux manifestations projetées par l’opposition, le chef de l’État tchadien a préféré prendre le taureau par les cornes. Du Maroc où il se trouvait pour la 22e conférence des parties (COP22) sur le réchauffement climatique, Idriss Déby Itno a senti que le climat politique se réchauffait également dans son pays. Il a donc entrepris de rentrer au bercail où le front social est en passe de rentrer en ébullition. Le Front de l’opposition nationale pour l’alternance et le changement (Fonac) ayant convoqué une réunion publique pour ce jeudi, en prélude à une journée ville-morte prévue pour le 22 novembre prochain. Ce meeting a été par ailleurs formellement interdit par le ministère de l’Intérieur.

Ngarledji Yorongar, un opposant au régime tchadien, avait aussi fait état d’affrontements meurtriers dans la zone pétrolière de Miandoum. De même, une motion de censure a été déposée devant l’Assemblée nationale pour la « gestion approximative » de la crise économique et financière par le gouvernement. Vu toutes ces tensions qui sont en passe de faire tanguer son pouvoir, l’actuel président de l’UA s’est voulu prévoyant. Il a donc précipitamment quitté ses pairs à Marrakech pour venir mettre de l’ordre dans son pays.

Depuis que le président Déby a rempilé pour un cinquième mandat, les tensions politiques deviennent de plus en plus récurrentes. L’opposition ne cesse de dénoncer un « hold-up électoral » ainsi que l’étouffement des libertés publiques et individuelles. Il y a également la crise économique et financière qui bat son plein, et pour laquelle le gouvernement a pris plusieurs mesures d’austérité.

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