Sénégal – Tchad : Hissène Habré devant la Chambre d’appel des CAE ce lundi

Hissène Habré sera jugé en dernier ressort devant la Chambre d’appel des CAE à partir de ce lundi 9 janvier. Lors de ce procès, la Chambre s’évertuera à examiner la régularité de la procédure lors du jugement en première instance. Les avocats de la défense entendent d’ores et déjà soulever plusieurs vices de procédure.

Le sort d’Hissène Habré scellé en appel ?

Condamné à perpétuité le 30 mai dernier, Hissène Habré sera devant la chambre d’appel aujourd’hui. Là, l’ex-président tchadien tentera de faire annuler cette condamnation à perpétuité prononcée par les Chambres africaines extraordinaires (CAE). À cet effet, les avocats commis d’office à l’ancien homme fort de N’Djamena soulèveront des irrégularités qu’ils auraient constatées.

Il s’agit de prime abord de récuser le juge sénégalais Amady Diouf qui n’avait pas les dix ans d’ancienneté requis pour siéger. Il y a également le fait que Khadija Hassane Zidane, accusant Habré de viol, ait témoigné sous l’impulsion des juges. Cette dernière aurait même menti lors de sa déposition. Le dernier argument est le refus de la cour d’appel de faire comparaitre Saleh Younous, ex-directeur de la DDS, l’organe de la répression et Idriss Déby Itno actuel président tchadien et conseiller sécurité de Habré au moment des faits comme témoins clés.

Mais pour Jacqueline Moudeina, l’une des avocates des victimes, ce sont des « arguments malhonnêtes ». Car la défense aurait dû les soulever in limite litis, c’est-à-dire avant toute défense au fond. Selon elle, ces avocats avaient connaissance de la composition des CAE plusieurs mois avant le début du procès.

Quoi qu’il en soit, le juge malien Wafi Ougadèye présidant la chambre d’appel, assisté par les Sénégalais Matar Ndiaye et Bara Guèye se prononceront sur le droit et non sur les faits. Leur décision attendue au plus tard le 30 avril prochain (fin de leur mandat) n’est susceptible d’aucun recours. Car la chambre d’appel statuera cette fois-ci comme une cour de cassation.

Le 30 mai 2016, Hissène Habré a été à perpétuité pour tortures, viols, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. En juillet dernier, il a également été condamné à verser entre 10 et 20 millions de FCFA à chaque victime.

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Sénégal : condamné à perpétuité, Habré tente de sauver sa peau en appel

Le procès en appel d’Hissène Habré est fixé pour le 9 janvier prochain. Mais en attendant l’ouverture des audiences, la chambre a rejeté les mémoires de l’ex-président tchadien visant à annuler sa condamnation.

Hissène Habré, du calice jusqu’à la lie ?

Condamné à perpétuité le 30 mai dernier, Hissène Habré sera devant la chambre d’appel dans cinq jours. Là, l’ex-président tchadien tentera de faire annuler cette condamnation le maintenant derrière les barreaux jusqu’à la fin de ses jours. À cet effet, l’ancien homme fort de N’Djamena avait déposé, par le truchement de ses avocats, des mémoires aux fins de faire comparaitre Idriss Deby Itno, l’actuel président tchadien, procéder à l’audition des principaux responsables de la Direction de la documentation et de la sécurité (Dds) et in fine, annuler sa condamnation prononcée en premier ressort devant les Chambres africaines extraordinaires (CAE). Mais ses mémoires ont tous été rejetés par la chambre d’appel.

Aussi, le procès en appel aura bel et bien lieu à la date indiquée au Palais de justice de Dakar. Cette cour sera présidée par le magistrat malien Wafi Ougadèye assisté par les Sénégalais Matar Ndiaye et Bara Guèye. Si ces derniers confirment la condamnation prononcée par le juge Burkinabé Gberdao Gustave Kam, alors l’ancien dictateur pourrait purger sa peine au Sénégal ou dans tout autre pays africain.

Notons qu’Hissène Habré avait dirigé le Tchad d’une main de fer de 1982 à 1990. À cet effet, il avait été reconnu coupable par les CAE « de crimes contre l’humanité, de viol, d’esclavage forcé, d’homicide volontaire, de pratique massive et systématique d’exécutions sommaires, d’enlèvement de personnes suivi de leur disparition, de tortures et d’actes inhumains ».

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Mali : Mahamat Saleh Annadif fait son bilan à la tête de la Minusma

Cela fait maintenant un an que Mahamat Saleh Annadif a été nommé chef de la Minusma. Remplaçant le Tunisien Mongi Hamdi, le diplomate tchadien espérait rétablir la paix au Mali. Mais la crise s’intensifie de plus belle, en dépit du soutien de la communauté internationale.

Mahamat Saleh Annadif s’en remet à Idriss Déby

Le moment était opportun pour Mahamat Saleh Annadif de rendre compte de sa mission à la tête de la Minusma. En effet, reçu en audience, ce lundi, par Idriss Déby Itno, le représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies, chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) s’est voulu formel : « La mission est assez difficile même si des avancées assez notables ont été enregistrées. On peut dire à ce stade qu’on aurait pu faire mieux. » Puis, il témoigne toute sa gratitude à l’égard du président tchadien pour son assistance sans faille : «Je salue le travail que fait le Tchad qui a envoyé récemment des équipements armés. Car ces équipements ont augmenté la capacité opérationnelle de son contingent qui est aussi le plus gros en nombre de soldats. »

Effectivement, la crise malienne est en train de s’enliser et l’accord de paix d’Alger tarde à s’appliquer sur le terrain. Et pourtant, plusieurs groupes armés l’avaient cosigné avec l’État malien afin d’entamer le processus d’un retour à la normale. Mais des groupes jihadistes et terroristes continuent de torpiller ce processus de paix par des attentats et autres enlèvements d’expatriés. Toutefois, l’ancien ministre tchadien des Affaires étrangères se veut rassurant : « Nous continuons à discuter avec les uns et les autres pour faire avancer le processus de paix. » Quand bien même il reconnait l’ampleur de la tâche : « Le terrorisme ne s’arrête pas seulement au niveau du Mali. Beaucoup des pays de la bande sahélienne sont touchés. Ces mouvements terroristes constituent aujourd’hui la menace principale. » Voilà pourquoi il appelle les États à « unir leurs forces pour éradiquer ce mal ».

Certains observateurs continuent tout de même de critiquer ses méthodes qu’ils jugent peu efficaces. Sous sa direction, la Minusma aurait perdu plusieurs Casques bleus.

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Gabon : Sommet de la CEEAC, le grand coup diplomatique d’Ali Bongo

Libreville abrite, dès ce mercredi matin, le sommet des chefs d’État de la CEEAC. Ce sera l’occasion pour Ali Bongo d’évoquer avec ses pairs la paix et la sécurité dans la sous-région. Cette rencontre internationale intervient deux mois après la crise postélectorale au Gabon.

Quand Ali Bongo rassemble des chefs d’État à son chevet

Le Gabon a traversé des périodes tumultueuses au lendemain de la présidentielle remportée par Ali Bongo Ondimba. Mais Jean Ping, le candidat malheureux à ces élections conteste cette victoire et n’a cessé de remuer ciel et terre pour évincer son adversaire du pouvoir. C’est dans ce contexte particulier que se tient le sommet des Chefs d’État de la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC). À en croire Alain Claude Bilié Bi Nzé, ministre gabonais de la Communication et porte-parole du gouvernement, la paix et la sécurité y seront débattues. Aussi, la crise centrafricaine et la situation sécuritaire au Tchad et au Cameroun fragilisée par Boko Haram seront minutieusement étudiées.

C’est un véritable secret de polichinelle de dire que Ping veut déposer le président Bongo par tous les moyens. Ainsi, avait-il arpenté plusieurs chancelleries et institutions lors de ses pérégrinations occidentales pour s’accorder une faveur diplomatique. À cet effet, l’Union européenne qui a maintes fois dénoncé l’irrégularité de l’élection rendra son rapport le 7 décembre prochain. De même, l’opposition gabonaise souhaite que le sommet fasse quelques pressions sur le camp Bongo à propos des violences postélectorales. Accueillir une rencontre sous-régionale dans ce climat de division s’apparente à la réalité comme une victoire diplomatique d’Ali Bongo. De surcroit, tandis que Ping va chercher des soutiens en Europe, Bongo lui, réussit à mobiliser ses pairs africains. Une véritable dichotomie dans l’orientation politico-diplomatique des deux frères ennemis.

Quoi qu’il en soit, la présence à ce sommet de Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (Guinée équatoriale), de Paul Kagamé (Rwanda), de Faustin-Archange Touadéra (République de Centrafrique), d’Idriss Déby Itno (Tchad) et de Manuel Pinto da Costa (Sao Tomé et Principe) serait symptomatique d’un soutien à leur pair gabonais et sonnerait ainsi comme un désaveu du camp Ping. Mais ne sait-on jamais…

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La limitation des mandats, quelles réalités de l’Occident à l’Afrique ?

La limitation des mandats présidentiels semble être de géométries variables, suivant que l’on se trouve en Occident ou en Afrique. Limitation pleinement admise dans certains États, d’autres par contre n’y auraient pas droit, au risque d’une pression internationale outrancière. Décryptage.

La limitation des mandats, un vrai-faux débat

Tandis que certains chefs d’État ou de gouvernement peuvent se présenter indéfiniment, c’est sens interdit pour d’autres. Dans certaines vieilles démocraties tel que les États-Unis, le mandat présidentiel est de quatre ans renouvelables une seule fois. Il en est de même pour la France où le mandat est maintenant de cinq ans renouvelables une fois. Sauf qu’un ex-président peut se représenter en intercalant un mandat autre que le sien. C’est ce que voulait expérimenter Nicolas Sarkozy sauf qu’il a été désavoué par les militants de la droite française lors de leurs primaires, ce dimanche 20 novembre.

La loi en dispose autrement pour l’Allemagne où Angela Merkel est en passe de rempiler pour un quatrième mandat consécutif. Ainsi que l’annonce la Chancelière allemande : « J’ai longtemps réfléchi, la décision n’a pas été simple. Comme vous le savez, j’ai besoin de temps. » Avant de se justifier : « Dans la période difficile et peu sûre que nous traversons aujourd’hui, on me rapporte que beaucoup ne comprendraient pas si je ne continuais pas à servir l’Allemagne avec l’expérience et les talents qui m’ont été donnés. » Et jamais, aucune communauté internationale ne viendrait s’immiscer dans les affaires internes allemandes.

Et pourtant, l’Afrique est prise à la gorge par des faiseurs de rois qui font et défont au gré de leurs intérêts. En effet, la limitation des mandats semble avoir été imposée par des puissances tutélaires relativement intransigeantes. Si au Tchad, Idriss Déby Itno peut entamer un cinquième mandat dans un climat plus ou moins apaisé, ce n’est pas le cas pour Pierre Nkurunziza (Burundi) dont le troisième mandat est vigoureusement contesté et déjà émaillé de violences. De même, Joseph Kabila (RDC) fait actuellement l’objet d’une grosse pression internationale sur la voie d’un troisième mandat. Ce vaste tourbillon international est également entretenu par une opposition interne de plus en plus virulente.

La limitation des mandats, une panacée indispensable ?

Exercer indéfiniment le pouvoir d’État sans alternance s’apparente à une véritable dictature. Aussi, la soif de changement doit être l’aspiration profonde du peuple, détenteur exclusif du pouvoir dans toute démocratie. Mais lorsque le changement est imposé de l’extérieur, cela dénote d’une volonté hégémonique de soumettre un État faible. À ce jour, nombreux sont les Libyens qui sont nostalgiques des 42 ans de pouvoir de Mouammar Kadhafi face à la démocratie que les Occidentaux, conduits par l’ancien président français Nicolas Sarkozy, sont venus leur apporter à coup de canon. Aujourd’hui, c’est le chaos total en Libye. Cet ancien eldorado est totalement défiguré par les groupes armés qui y font la loi en ce moment.

Loin de nous l’idée d’encourager les dirigeants africains à être présidents à vie. Mais l’alternance doit se faire dans des conditions paisibles pour que les pays continuent leur marche vers l’émergence. Aussi, les avantages de la limitation des mandats se perçoivent surtout dans la stabilité des institutions. Les présidents qui se succèdent travaillent à marquer leur mandat d’une pierre blanche et à laisser un héritage positif à leurs successeurs. De même, l’alternance à intervalles réguliers éloigne des prétendants au pouvoir, toute idée de coup d’État. La montée d’une nouvelle génération aux affaires permet également des changements bénéfiques pour tout État qui veut aller de l’avant.

N’empêche que les observateurs continuent de dénoncer les mains occultes qui tendent à renverser l’ordre politique dans les pays africains. Bien sûr, si ce n’est l’objet d’une volonté populaire tel qu’exprimée au Burkina Faso fin octobre 2014.

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Tchad : Idriss Déby écourte son séjour marocain et rentre précipitamment à N’Djamena

Idriss Déby a dû interrompre sa présence aux assises de la COP22 à Marrakech pour rentrer illico dans son pays. Ce voyage précipité du président tchadien s’explique par des tensions politiques qui prévalent en ce moment à N’Djamena.

Idriss Déby veut faire front à ses contestataires

La situation politique au Tchad est en train de dégénérer, surtout après la réélection d’Idriss Déby. Aussi, face aux manifestations projetées par l’opposition, le chef de l’État tchadien a préféré prendre le taureau par les cornes. Du Maroc où il se trouvait pour la 22e conférence des parties (COP22) sur le réchauffement climatique, Idriss Déby Itno a senti que le climat politique se réchauffait également dans son pays. Il a donc entrepris de rentrer au bercail où le front social est en passe de rentrer en ébullition. Le Front de l’opposition nationale pour l’alternance et le changement (Fonac) ayant convoqué une réunion publique pour ce jeudi, en prélude à une journée ville-morte prévue pour le 22 novembre prochain. Ce meeting a été par ailleurs formellement interdit par le ministère de l’Intérieur.

Ngarledji Yorongar, un opposant au régime tchadien, avait aussi fait état d’affrontements meurtriers dans la zone pétrolière de Miandoum. De même, une motion de censure a été déposée devant l’Assemblée nationale pour la « gestion approximative » de la crise économique et financière par le gouvernement. Vu toutes ces tensions qui sont en passe de faire tanguer son pouvoir, l’actuel président de l’UA s’est voulu prévoyant. Il a donc précipitamment quitté ses pairs à Marrakech pour venir mettre de l’ordre dans son pays.

Depuis que le président Déby a rempilé pour un cinquième mandat, les tensions politiques deviennent de plus en plus récurrentes. L’opposition ne cesse de dénoncer un « hold-up électoral » ainsi que l’étouffement des libertés publiques et individuelles. Il y a également la crise économique et financière qui bat son plein, et pour laquelle le gouvernement a pris plusieurs mesures d’austérité.

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Tchad : Idriss Déby coupe les vivres aux anciens Premiers ministres

La crise économique s’est tellement intensifiée au Tchad que les autorités ont opté pour des mesures d’austérité très sévères. Parmi ces mesures, il y a la suppression des indemnités allouées aux anciens PM décidée par Idriss Déby.

Quand Idriss Déby affame ses anciens PM

Les anciens Premiers ministres tchadiens ne sont plus à la charge de l’État. Ainsi en a décidé Idriss Déby Itno qui a purement et simplement supprimé les avantages liés à leur ancien statut. En effet, la Constitution de 1996 avait prévu une indemnité mensuelle de 1,5 million de francs CFA pour chacun des douze anciens Premiers ministres concernés. Ce qui correspond à une enveloppe annuelle de 216 millions que Ndjamena peine désormais à rassembler. Le chef d’État tchadien n’a trouvé autre solution que de priver ses anciens collaborateurs de cette manne que leur garantissait la Constitution. Il a en outre demandé à certains fonctionnaires de renoncer à une partie de leurs indemnités.

Les personnalités concernées par cette mesure sont Koibla Djimasta, Nassour Guelendouksia Ouaido, Nagoum Yamassoum, Haroun Kabadi. Moussa Faki, Pascal Yoadimnadji, Adoum Younousmi, Delwa Kassiré Coumakoye, Youssouf Saleh Abbas, Emmanuel Nadingar, Joseph Djimrangar Dadnadji et Kalzeubé Pahimi Deubet. Ces anciens PM ont tous servi sous le président Déby qui est au pouvoir depuis le 4 décembre 1990. La plupart de ces personnalités sont déjà fatiguées par le poids de l’âge et incapable de se mouvoir. Leur priver de cette indemnité vitale serait vraisemblablement les précipiter vers une misère inévitable. Comme quoi après de beaux et loyaux services à la Nation, ces anciens chefs de gouvernement sont désormais livrés à eux-mêmes. Mais d’aucuns se posent la question de savoir par quelle alchimie le président tchadien a abrogé cette décision. Est-ce par une révision constitutionnelle ou une simple décret ? Nous y reviendront.

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Libye : Au bord du chaos, Khalifa Haftar appelle Idriss Déby au secours

Khalifa Haftar est en ce moment en quête d’un allié sûr pour faire face à la situation chaotique en Libye. C’est dans cette optique que le général a rencontré, ce mardi, le président tchadien à Ndjamena, en compagnie d’une importante délégation. Son hôte du jour l’aurait assuré de son soutien face à l’adversité.

Khalifa Haftar sous la protection de Déby ?

Eu égard à la situation sécuritaire très préoccupante en Libye, Belqasim Khalifa Haftar s’est voulu pragmatique. Ainsi, le général dissident a entrepris un certain nombre de déplacements qui l’ont conduit récemment au Tchad. Lors d’une audience à lui accordée par Idriss Déby Itno, le commandant en chef de l’Armée nationale libyenne lui a fait part de ses préoccupations. Elles se résumeraient à l’insécurité galopante au sud libyen et à la présence de rebelles tchadiens à la frontière tchadienne. À en croire des sources bien introduites, IDI aurait décidé d’accompagner personnellement son visiteur libyen.

Loin d’être fortuit, ce voyage du Lieutenant-général serait fait à dessein, compte tenu des pressions internationales du moment. En effet, l’ancien homme de main de Mouammar Kadhafi avait récemment fait main basse sur des puits de pétrole. Aux dernières nouvelles : « Les terminaux de Zoueitina, Brega, Ras Lanouf et Al-Sedra ont été remis à la compagnie nationale du pétrole (NOC). » En outre, la guerre avec les combattants de l’État Islamique (EI) a fragilisé davantage le climat sécuritaire. Haftar serait également perçu par les Occidentaux comme un obstacle à la paix en Libye. En pareille occurrence, le soutien du président tchadien, dont la puissance militaire est indéniable, serait pour lui d’une importance vitale.

Notons que dans un rapport publié ce mercredi, des parlementaires britanniques ont dénoncé l’intervention militaire franco-britannique contre Kadhafi. De même, Barack Obama avait sévèrement critiqué David Cameron et Nicolas Sarkozy au sujet de cette intervention. Et depuis la chute de l’ancien guide de la Jamahiriya libyenne, le pays est au bord de la guerre civile et d’un chaos qui semble irréversible.

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Sommet de l’UA : Macky Sall « très deçu » d’Idriss Déby…

Macky Sall s’est prononcé sur plusieurs sujets brûlants, récemment à l’ordre du jour au sommet de l’Union africaine. Dans une interview accordée à Jeune Afrique, le président sénégalais a évoqué la succession manquée de Nkosazana Dlamini-Zuma. Il est également revenu sur la réintégration du Maroc au sein de l’union et de la suspension de la RASD. Il s’est plaint que la lettre adressée à Idriss Déby n’ait pas été lue publiquement.

Macky Sall vend son candidat et fustige le fonctionnement de l’UA

Les lampions se sont éteints sur le 27e sommet de l’Union africaine, ce lundi 18 juillet. Avant de prendre congé de ses pairs, Macky Sall a tenu à faire des précisions sur le fonctionnement de l’Union. Au sujet de l’élection du nouveau président de la Commission de l’UA, le chef de l’État sénégalais a déploré le fait que ses pairs aient voulu faire cette élection précipitamment. D’où sa satisfaction de voir ce scrutin reporté au prochain sommet de l’Union en janvier 2017 à Addis-Abeba. Ce scénario fait parfaitement l’affaire du Sénégal qui souhaite présenter Abdoulaye Bathily comme candidat. Car pour le président Sall, en plus des diplômes, le candidat idéal est celui qui a « le profil par rapport à une fonction éminemment politique ».

Quant à la volonté du Maroc de réintégrer l’UA, le successeur d’Abdoulaye Wade a réitéré toute son approbation. Non sans omettre de souligner tout de même sa déception vis-à-vis de l’attitude du président tchadien : « Mais je suis très déçu que cette lettre, adressée au président de l’UA en exercice (Idriss Déby Itno, NDLR), n’ait pas été lue devant l’assemblée. Cette lettre était adressée à tous les pays membres ! »

De même, il demande à ce que la République arabe sahraouie démocratique (RASD) soit suspendue de l’UA. Et ce, jusqu’à un référendum d’autodétermination et une résolution du Conseil de sécurité. Cette demande a été consignée dans une motion signée par vingt-huit États, y compris le Sénégal, et remise à l’UA. Cette motion n’a pas été lue publiquement non plus, autre motif de colère de Macky Sall.

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Sénégal : Hissène Habré condamné à perpétuité

Hissène Habré vient d’être condamné à perpétuité ce lundi 30 mai au terme d’un long périple judiciaire. Les CAE viennent de prononcer, comme l’a réquis le procureur de cette juridiction, un verdict des plus sévères à l’encontre de l’ancien président tchadien au terme d’un procès à multiples rebondissements, apprend-on de Jeune Afrique.

Hissène Habré, derrière les barreaux à vie ?

Comme un couperet, le verdict dans l’affaire Hissène Habré, ancien chef d’État tchadien (1982 – 1990) est tombé ce lundi à Dakar. Le juge burkinabè Gberdao Gustave Kam, président des Chambres africaines extraordinaires (CAE), l’a reconnu coupable « de crimes contre l’humanité, de viol, d’esclavage forcé, d’homicide volontaire, de pratique massive et systématique d’exécutions sommaires, d’enlèvement de personnes suivi de leur disparition, de tortures et d’actes inhumains ». Vu la gravité des faits allégués, ce tribunal spécial a prononcé une sentence on ne peut plus sévère : la prison à perpétuité pour celui qui a dirigé la République tchadienne pendant huit ans.

Impassible jusque-là, l’ancien dictateur, le poing en l’air, s’est écrié après le prononcé du verdict : « Vive l’Afrique indépendante et libre. À bas la Françafrique ! » Ainsi s’achève le marathon judiciaire qui a débuté le 20 juillet 2015 devant cette juridiction spéciale créée en vertu d’un accord entre le Sénégal et l’Union africaine, suite à son arrestation le 30 juin 2013. Du côté des avocats de la partie civile et des organisations des droits de l’homme qui suivaient ce dossier de bout en bout, la satisfaction est perceptible. Reed Brody de Human Rights Watch (HRW) peut ainsi relever toute la symbolique que revêt ce procès : « Il s’agit du premier procès au monde dans lequel un ancien chef d’État est traduit devant une juridiction d’un autre pays pour violations présumées des droits de l’homme. » Non sans omettre de souligner que cette jurisprudence est un signal fort envoyé à tous les dictateurs à travers l’Afrique et le monde.

Notons que le prédécesseur d’Idriss Déby Itno dispose de 15 jours francs pour faire appel de cette décision qui l’expédie au fond du trou pour le reste de sa vie.

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