Burkina : Face à la pression, Roch Kaboré veut remanier son gouvernement

À seulement une année après son élection que Roch Kaboré veut déjà faire le ménage dans son équipe gouvernementale. Ce remaniement envisagé par le président burkinabè serait très imminent.

Roch Kaboré met la pression sur ses ministres

La menace terroriste et les défis économiques du moment auraient poussé Roch Kaboré à vouloir redynamiser son gouvernement. À cet effet, le locataire du Kosyam serait en pleine consultation pour se donner une équipe prête à tous défis. De sources bien introduites, ce remaniement pourrait avoir lieu d’ici à fin janvier ou début février, avec une reconduction du Premier ministre Paul Kaba Thiéba. Ce dernier aurait pris des galons lors de la conférence des donateurs de Paris pour le financement du PNDES.

Mais ce n’est pas tout aussi sûr pour tous les autres ministres qui seraient sur la sellette. Simon Compaoré, l’un des barons du régime, pourrait être maintenu seulement en tant que ministre de l’Administration territoriale. Son portefeuille de la Sécurité intérieure devrait être dévolu à un civil, expert en sécurité, pour contrer les attaques jihadistes. D’autres ministres pourraient par contre se voir déchargés par le président burkinabè. C’est donc le branle-bas actuellement du côté du Faso, où chacun se bat pour conserver son poste. Outre ce remaniement ministériel, une nouvelle Constitution pourrait également être élaborée et adoptée. Comme quoi, Roch Marc Christian Kaboré veut se donner les moyens de réussir son mandat.

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Burkina : Roch Kaboré radie (enfin) Isaac Zida de l’Armée pour désertion

Yacouba Isaac Zida ne fera certainement plus partie de l’effectif de l’armée burkinabè. Le président Roch Kaboré, par ailleurs ministre de la Défense, a annoncé ce jeudi sa radiation de l’armée.

La descente aux enfers d’Isaac Zida a-t-elle commencé ainsi ?

Dans l’oeil du cyclone depuis la fin de la transition, Yacouba Isaac Zida est désormais sanctionné sans coup férir. En effet, les autorités burkinabè avaient lancé plusieurs sommations à l’endroit de l’ex-Premier ministre de la transition afin que ce dernier rentre de son exil canadien pour répondre de certaines accusations portées contre lui. Mais face à son refus d’obtempérer, Roch Marc Christian Kaboré a décidé de sévir. Ainsi, le président burkinabè est formel : « Il sera passé en conseil de discipline et il sera rayé de l’effectif des forces armées nationales, c’est clair. » Selon le locataire de Kosyam, Zida est coupable de « désertion en temps de paix ». À cet effet, des poursuites avaient été annoncées contre le numéro 2 de la transition, dès la mi-septembre 2016.

Toutefois, il s’agirait en réalité d’un vaste mouvement au sein de la grande muette au pays des hommes intègres. Car, ce même jeudi, le président Kaboré avait nommé le colonel-major Oumarou Sadou, nouveau chef d’état-major, en remplacement du général Pingrenoma Zagré. La raison officielle est la restructuration de l’armée face à la menace terroriste qui plane sur le Faso. Aussi, « à chaque époque doit correspondre un type de chef », semble se justifier le chef d’État burkinabè.

Mais à en croire certains observateurs, il y aurait une véritable phobie de Zida au sein du palais. Ce dernier aurait déjà montré ses ambitions politiques pour les échéances électorales de 2020. N’empêche que les autorités burkinabè s’en défendent en évoquant une procédure purement militaire. De même, le président Kaboré avait abrogé un décret pris sous la transition nommant Yacouba Isaac Zida ambassadeur du Faso aux États-Unis.

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Mali : Et si la France créait le désordre pour pérenniser sa présence !

C’est une véritable lapalissade de dire que la France est foncièrement attachée à l’Afrique. Et depuis la nuit des temps, la présence française en Afrique est très marquée et remarquée. Aussi, l’Hexagone ne manque aucune occasion pour faire montre de son paternalisme vis-à-vis du continent noir. Sous le prétexte de la menace terroriste, le Premier ministre français vient de réitérer l’implantation française au Mali.

Quand Manuel Valls avoue les manoeuvres de la France en Afrique

« Le chemin de la stabilité du pays est encore long. La sécurisation du Nord est lente à intervenir. Des groupes terroristes continuent de déstabiliser la région du Sahel et peuvent frapper encore violemment… » Tels étaient les propos de Manuel Valls à l’Assemblée nationale française le mercredi dernier. Ainsi, face à ces jihadistes qui ont mis le septentrion malien sous leur coupe, le Premier ministre français s’oblige : « Nous n’avons pas le droit d’abandonner nos frères africains au moment où précisément ils ont le plus besoin de nous pour consolider des équilibres encore fragiles. »

Bien entendu, la France est omniprésente dans divers domaines en Afrique. Que ce soit sur le plan économique, politique, diplomatique ou même militaire, les interventions françaises sollicitées par les dirigeants africains ou sur la propre initiative des autorités françaises sont légion. Mais à en croire des observateurs, ce serait la France elle-même qui crée cette dépendance pour maintenir l’Afrique sous sa domination.

La situation malienne est toute particulière car la rébellion touarègue est consécutive à la guerre en Libye. Une guerre alimentée de bout en bout par Nicolas Sarkozy, le président français d’alors. Après la chute du guide libyen Mouammar Kadhafi, plusieurs seigneurs de guerre se sont simplement déportés au Nord-Mali, avec pour intention d’établir leur repaire dans ce vaste territoire sahélien qu’ils ont baptisé Azawad. Et depuis, les attentats terroristes, les attaques ciblées contre les populations civiles, l’armée malienne et les forces internationales se multiplient.

L’ambigüité de l’intervention française au Mali

Dès janvier 2013, l’armée française a lancé une opération militaire au Mali, baptisée « Opération Serval« . Elle avait pour objectif de soutenir les troupes maliennes cherchant à repousser une offensive des groupes armés islamistes qui ont pris le contrôle de l’Azawad, la partie septentrionale du pays. Les buts de cette intervention tel qu’exprimés par le président français, François Hollande, le 15 janvier 2013, étaient d’arrêter l’avancée des forces jihadistes en direction de Bamako, sécuriser la capitale du Mali et permettre au pays de recouvrer son intégrité territoriale. Par la suite, l’opération Barkhane a pris le relais dès le 1er août 2014, et ces forces françaises ont lancé des offensives au Nord-Mali. Offensives qui se sont arrêtées aux portes de Kidal, le fief de la rébellion touarègue.

D’aucuns se sont donc offusqués du fait que la France veuille libérer le Mali, tout en laissant un appendice. Effectivement, Ansar Dine, Mujao, MNLA, CMA et les autres mouvements rebelles en ont profité pour se réorganiser afin d’attaquer davantage. Face à cette ambigüité, ces observateurs estiment que l’ancienne puissance colonisatrice lorgnerait les ressources du pays. Car ce ne serait pas simplement pour défendre les Maliens que la France aurait déjà dépensé près d’un milliard d’euros. Ainsi, les propos du Premier ministre français Manuel Valls devant les représentants du peuple français s’analyseraient en de véritables aveux. Sinon pourquoi continuer à donner du poisson là où on peut apprendre son protégé à pêcher ?

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