Gambie : Yahya Jammeh est arrivé en Guinée Equatoriale, son lieu d’exil

Yahya Jammeh a quitté la présidence de la Gambie et ce pays par la même occasion pour la Guinée Equatoriable, avec une escale en Guinée Conakry. Celui qui a dirigé ce petit pays encastré dans le Sénégal ne deviendra pas cultivateur. Il ne vivra pas sa retraite sur les terres de ses ancêtres comme il l’avait envisagé mais en Guinée Equatoriale, chez le président Teodoro Obiang N’guema Mbasogo.

Yahya Jammeh est en Guinée Equatoriale, Adama Barrow président de la Gambie

Le samedi 21 janvier, Yahya Jammeh a quitté le pouvoir à la tête de la Gambie. Le président Alpha Condé de la Guinée est venu en personne chercher Jammeh avec son jet privé. L’avion s’est posé sur le tarmac de l’aéroport de Conakry, où un autre avion affrété par le président équato-guinéen est venu le chercher pour sa destination finale. Pour ce dernier voyage officiel de celui qui a porté de main de fer la Gambie 22 ans durant, la garde républicaine a chanté l’hymne national Gambienne.

Plusieurs proches du président sortant étaient effondrés sur le tarmac de l’aéroport à son départ. Des militaires, des membres de son gouvernement et plusieurs officiers du pays qui lui sont restés fidèles étaient présents pour lui dire au revoir.

Après avoir perdu les élections dans son pays, Yahya Jammeh avait dignement reconnu sa défaite. Il avait même téléphoné à Adama Barrow, son successeur à la tête du pays, pour le féliciter. Seulement, ce dernier avait dérapé quelques jours plus tard en affirmant que le président sortant répondrait d’accusations de crimes contre l’humanité devant la CPI.

Farouchement opposé aux transferts de dirigeants africains devant cette cour qu’il considère comme un moyen de domination des Occidentaux, Yahya Jammeh s’est rétracté en contestant les élections présidentielles, reprochant au passage à la commission électorale d’avoir fait preuve de partialité dans l’organisation des élections (cette commission avait effectivement reconnu des erreurs dans la compilation des suffrages). Toutefois, la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a refusé de cautionner ce coup de force. Elle était sur le point d’engager l’option militaire pour le dégager quand le « dictateur du développement », comme il se faisait appeler, a abdiqué. Après plusieurs semaines de négociation, il a enfin accepté de quitter le pouvoir.

L’avion qui transportait les deux présidents s’est posé à Conakry quelques heures après son décollage de la Gambie. Et Jammeh a continué seul son trajet vers sa destination finale, la Guinée Equatoriale. Le chapitre de l’élection présidentielle dans ce pays est donc théoriquement tourné puisque plusieurs gradés de l’armée restés fidèles à l’ancien président auraient fait allégeance au nouveau. Néanmoins, les opposants équato-guinéens contestent déjà la présence de l’ex-président gambien sur leur sol. Ils estime que le président N’guema Mbasogo n’a associé personne à cette décision.

Lire la suite.

Affaire biens mal acquis : la justice française veut la peau de Teodorín Obiang

Le procès de Teodorín Obiang pour biens mal acquis connait en ce moment de multiples rebondissements du côté de l’Hexagone. À peine ouvert, que le procès tant attendu du fils du président équato-guinéen vient d’être reporté à juin prochain.

Teodorín Obiang, un gibier de potence en France ?

Teodoro Nguema Obiang Mangue dit Teodorín Obiang a toujours maille à partir avec la justice française. En effet, le fils du président de Guinée Équatoriale Teodoro Obiang Nguema Mbasogo est poursuivi devant le tribunal correctionnel de Paris pour blanchiment d’abus de biens sociaux, détournement de fonds public, abus de confiance et corruption. Mais à peine ce procès ouvert le 2 janvier, qu’il vient d’être reporté jusqu’au 19 juin 2017. Ses avocats avaient estimé que les délais qui leur étaient impartis pour préparer la défense de leur client étaient courts. Aussi, Bénédicte de Perthuis, la présidente du tribunal a accédé à leur demande en reportant effectivement les audiences. Par contre, William Bourdon, l’avocat de Transparency International n’y voit qu’une « manoeuvre dilatoire ».

Quoi qu’il en soit, le néo-vice-président équato-guinéen n’est nullement sorti de l’ornière, même s’il conteste les faits à lui reprochés. La partie défenderesse avait déjà obtenu devant la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye (Pays-Bas) une inviolabilité de l’hôtel particulier situé avenue Foch et toute autre perquisition. Cet établissement avait été présenté par Malabo comme sa représentation diplomatique. Obiang fils pourrait également bénéficier d’une immunité diplomatique qui annulerait toutes les poursuites contre lui. Sinon, il encourt jusqu’à dix ans d’emprisonnement et une amende d’environ 50 millions d’euros.

Pour certains observateurs, il ne s’agirait que d’un acharnement contre le président Nguema Obiang à travers son fils. Selon ceux-ci, si tel est que Teodorín Obiang a mal acquis ses biens, il ne s’agirait purement et simplement que de biens en provenance de son pays. En pareille occurrence, ce devrait être les Équato-Guinéens qui constitueraient la partie civile et non une association non nationale. De même, si l’infraction est avérée, les biens devraient en principe retourner dans le patrimoine de la Guinée équatoriale et non ailleurs. Sauf que la procédure actuelle ne semble pas s’orienter dans ce sens, du moins pour l’instant.

Lire la suite.

Gabon : Sommet de la CEEAC, le grand coup diplomatique d’Ali Bongo

Libreville abrite, dès ce mercredi matin, le sommet des chefs d’État de la CEEAC. Ce sera l’occasion pour Ali Bongo d’évoquer avec ses pairs la paix et la sécurité dans la sous-région. Cette rencontre internationale intervient deux mois après la crise postélectorale au Gabon.

Quand Ali Bongo rassemble des chefs d’État à son chevet

Le Gabon a traversé des périodes tumultueuses au lendemain de la présidentielle remportée par Ali Bongo Ondimba. Mais Jean Ping, le candidat malheureux à ces élections conteste cette victoire et n’a cessé de remuer ciel et terre pour évincer son adversaire du pouvoir. C’est dans ce contexte particulier que se tient le sommet des Chefs d’État de la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC). À en croire Alain Claude Bilié Bi Nzé, ministre gabonais de la Communication et porte-parole du gouvernement, la paix et la sécurité y seront débattues. Aussi, la crise centrafricaine et la situation sécuritaire au Tchad et au Cameroun fragilisée par Boko Haram seront minutieusement étudiées.

C’est un véritable secret de polichinelle de dire que Ping veut déposer le président Bongo par tous les moyens. Ainsi, avait-il arpenté plusieurs chancelleries et institutions lors de ses pérégrinations occidentales pour s’accorder une faveur diplomatique. À cet effet, l’Union européenne qui a maintes fois dénoncé l’irrégularité de l’élection rendra son rapport le 7 décembre prochain. De même, l’opposition gabonaise souhaite que le sommet fasse quelques pressions sur le camp Bongo à propos des violences postélectorales. Accueillir une rencontre sous-régionale dans ce climat de division s’apparente à la réalité comme une victoire diplomatique d’Ali Bongo. De surcroit, tandis que Ping va chercher des soutiens en Europe, Bongo lui, réussit à mobiliser ses pairs africains. Une véritable dichotomie dans l’orientation politico-diplomatique des deux frères ennemis.

Quoi qu’il en soit, la présence à ce sommet de Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (Guinée équatoriale), de Paul Kagamé (Rwanda), de Faustin-Archange Touadéra (République de Centrafrique), d’Idriss Déby Itno (Tchad) et de Manuel Pinto da Costa (Sao Tomé et Principe) serait symptomatique d’un soutien à leur pair gabonais et sonnerait ainsi comme un désaveu du camp Ping. Mais ne sait-on jamais…

Lire la suite.