Sénégal : une visite d’Etat historique pour Macky Sall en France

La visite d’État de Macky Sall en France débute officiellement ce lundi 19 et prendra fin le jeudi 22 décembre. Longtemps attendu, ce voyage du président sénégalais dans l’Hexagone ne sera pas de tout repos. Son agenda semble particulièrement chargé eu égard aux bonnes relations qu’entretiennent la France et le Sénégal.

Tapis rouge pour Macky Sall à Paris, que d’honneurs !

Le tapis rouge sera déroulé pour Macky Sall, aussi long qu’il le faudra en raison de l’importance de l’évènement. En effet, la visite du chef de l’État sénégalais en France est consécutive à celle de Manuel Valls, ex-Premier ministre français et candidat déclaré aux primaires socialistes pour la présidentielle, au Sénégal en septembre dernier. Ainsi, le calendrier du président sénégalais est particulièrement chargé, car sa visite d’État intervient 24 ans après celle d’Abdou Diouf (en 1992). Certains Sénégalais semblent tout de même courroucés par l’accueil réservé au président sénégalais à Roissy Charles Degaulle, hier dimanche.  Car, c’est Annick Girardin, ministre française de la Fonction publique (15e dans l’ordre protocolaire) qui l’a accueilli à l’aéroport. Cependant, le reste de la visite d’État promet une succession d’honneurs. Surtout que c’est la dernière visite sous le quinquennat de François Hollande.

Plusieurs rencontres au sommet sont à l’ordre du jour et la forte délégation sénégalaise sera effectivement dans de bonnes grâces. À l’Élysée, un entretien et un diner sont prévus avec le président Hollande dès le 20 décembre. Que ce soit à Matignon, au Sénat ou à la Mairie de Paris, la délégation aura droit à des honneurs. De même, une réception avec des honneurs militaires est prévue à l’hôtel des Invalides. Puis, le président Sall mettra le cap sur  le musée du Quai Branly et l’Académie des sciences d’outre-mer. À cette étape, il sera nommé membre associé de ladite académie.

Le périple français de Macky Sall, quelles leçons ?

Mais, bien avant, il sera à Strasbourg dans les ateliers de l’entreprise Alstom, dès son arrivée en France, car celle-ci est partie prenante dans la réalisation du projet de la régie (train) Dakar – futur aéroport international Blaise-Diagne. Au Conservatoire national des arts et métiers, il sera fait docteur honoris causa. Ancien pensionnaire de l’Institut français du pétrole et des énergies nouvelles, il y rendra, en outre, une visite de nostalgie. Nous passons volontairement sous silence les rencontres avec ses compatriotes de la diaspora et ses partisans de l’APR.

Toutefois, certains observateurs se demandent les raisons de tant de sollicitudes à l’égard du successeur d’Abdoulaye Wade. D’autres franchissent carrément le pas pour évoquer un financement sénégalais en faveur du pouvoir socialiste lors de la prochaine présidentielle française. Quoi qu’il en soit, la France et le Sénégal entretiennent des relations multiséculaires, et les différents dirigeants qui se sont succédés à la tête de ces deux États ont toujours oeuvré à les pérenniser.

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Gabon : Lâché par l’UE, Ali Bongo en visite en Chine, invité par Xi Jinping

Ali Bongo Ondimba effectue une visite d’État de trois jours en Chine, du 6 au 9 décembre. Le président gabonais y a été invité par son homologue chinois, Xi Jinping.

Tapis rouge pour Ali Bongo en Chine

Les pays n’ont pas d’amis, mais plutôt des intérêts à défendre. Cette maxime est d’autant plus vraie que le microcosme géopolitique international donne d’observer des alliances qui se font et se défont au fil des temps. En effet, quelque peu isolé sur le plan international après sa réélection d’août dernier, Ali Bongo reçoit une bouffée d’oxygène. C’est que Xi Jinping, le président chinois, a invité son homologue gabonais pour une visite de trois jours. Ainsi, le président gabonais peut d’ores et déjà exulter : « La Chine et le Gabon sont des amis de longue date. Heureux d’honorer l’invitation du Président Xi Jinping pour réaffirmer ce lien. »

Même si ABO en tirera des dividendes économiques et de nouvelles opportunités de coopération, c’est surtout un bon positionnement diplomatique. Car, Jean Ping, le candidat malheureux à la présidentielle, né d’un père chinois et d’une mère gabonaise, continue de revendiquer « sa » victoire pour ce scrutin présidentiel. Aussi, s’était-il rendu, fin octobre, en France, en Belgique puis aux États-Unis pour rallier la communauté internationale à sa cause. Dans la foulée, la mission d’observation de l’Union européenne rendra son rapport sur les élections gabonaises le 7 décembre (demain).

Ce déplacement en Chine constitue donc pour Bongo fils un soutien de taille dans un monde qui se bipolarise davantage.

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