Burkina Faso : réformes en cours, Kafando veut dépolitiser l'armée

Le Burkina Faso veut faire sa mue. Pour ce faire, le pays n'épargne aucun secteur. C'est pourquoi Michel Kafando a entrepris de réformer l'armée et de lui insuffler une dynamique nouvelle qui lui permettra de faire face aux défis qui l'attendent. Au coeur de ces grands changements annoncés, la dépolitisation de l'appareil militaire, rapporte BBC Afrique.

Le Burkina Faso veut faire bouger les lignes

Au Burkina Faso, la transition conduite par le Président Kafando est à pied d'oeuvre pour mettre à exécution les actions réclamées par le peuple depuis l'insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014. Sur la liste des revendications formulées par les Burkinabè, la mise à l'écart des militaires en ce qui concerne la vie politique. A cet effet, une commission de réflexion a été mise sur pied pour proposer un plan de 2017 à 2021 en vue de "l’édification d’une armée républicaine". Cette institution est placée sous les ordres du Colonel-Major Alassane Moné, secrétaire général du ministère de la Défense

Michel Kafando justifie ce choix du Burkina Faso en dénonçant un « Manque de discipline, de cohésion, de loyauté, d’intégrité éthique et de respect de la hiérarchie sont les maux qui minent les forces armées nationales durant les 27 ans de règne du régime précédent. L’interdiction définitive de l’implication du militaire dans la politique, le renforcement de la responsabilité et de la bonne gouvernance. »

Cette décision vise à prévenir certains dérapages dont l'armée s'est rendue coupable au fil du temps. Rappelons que les militaires ont déserté les casernes et sont omniprésents sur l'échiquier politique du Burkina Faso depuis plus de trois décennies.

Le Capitaine Thomas Sankara par exemple accéda à la magistrature suprême par un coup de force en 1983 avant d'être renversé puis assassiné en 1987 à l'occasion d'un autre coup d'Etat qui portera Blaise Compaoré au pouvoir. Et 27 ans après, le "beau Blaise" sera chassé du pouvoir et remplacé par une transition. La transition a failli également se faire emporter par un énième putsch perpétré en septembre dernier par le défunt Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP) conduit par le Général Gilbert Diendéré.

Quelle analyse faites-vous de cette réforme de l'armée au Burkina Faso ?

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