Présidentielle en Centrafrique : processus électoral en vrille, l'Etat oppose son veto

Le processus électoral en République Centrafricaine (RCA) est véritablement en train de prendre l'eau de toutes parts en ce moment. Pour cause, une vingtaine de candidats à l'élection présidentielle dénoncent des irrégularités et préconisent qu'il soit mis fin à ce qu'ils qualifient de « mascarade », nous rapporte maliactu.net.

Le processus électoral en RCA contesté

Le processus électoral traverse actuellement une mauvaise passe en RCA. Longtemps attendu, le scrutin présidentiel qui était censé déboucher sur une sortie de crise risque de ruiner tous les espoirs qu'il suscitait. Les derniers faits en date dénotent d'un véritable bras de fer entre certains candidats en lice et les autorités en charge de l'organisation de l'élection. Tandis qu'une vingtaine de candidats réclament l' « arrêt » de cette « parodie » d'élection, le comité de transition dirigé par Cathérine Samba-Panza demeure intransigeant et appelle les contestataires à la retenue et au patriotisme.

C'est sur cette lancée que Mahamat Kamoun, le premier ministre de la transition exhorte-il ces candidats mécontents « à respecter leurs engagements dans l’intérêt supérieur de la nation ». Quant à Modibo Bachir Walidou, ministre de l’Administration du territoire, il est plus formel et incisif : « Il n’est pas question (…) de stopper le processus électoral qui est lancé. »

A l'entendre, la présidentielle du 30 décembre qui a été maintes fois reportée ne saurait faire l'objet d'une interruption du fait de quelques grincements de dents. Et ce n'est pas Bernard Kpogamba, le président de la commission opérations électorale de l’Autorité Nationale des Elections (ANE) qui dira le contraire.

Le scénario tant redouté est en passe de se produire. Les populations qui craignaient de tomber de charybde en scilla sont véritablement prises entre deux étaux, cherchant l'appui nécessaire qui mettra définitivement fin à cette vague de violences qui leur a été servie depuis près de trois ans. Notons que le référendum du 13 décembre dernier a été émaillé de violence. Espérons que toutes les parties en tireront les leçons pour sauvegarder l'essentiel : la Centrafrique.

Les candidats mécontents sont-ils en droit de réclamer l'arrêt du processus électoral alors qu'il tend vers son dénouement ?