Côte d'Ivoire : qui a tué le Général Robert Guéï ? Le procès reprend aujourd'hui

Par Gary SLM
Publié le 21 janvier 2016 à 12:48 | mis à jour le 21 janvier 2016 à 12:48

Robert Guéï a été retrouvé mort dans les rues d'Abidjan le 19 septembre 2002, aux premières heures de la rébellion dirigée par Guillaume Soro. Plus de dix ans après son décès, les circonstances ou encore moins les causes de sa disparition restent encore inconnues. Le procès de l'ancien Général putschiste reprend aujourd'hui, nous dit Jeune Afrique.

Robert Guéï, un mort qui hante la mémoire des vivants

Robert Guéï n'est plus de ce monde depuis bientôt quatorze ans (en septembre prochain). Alors que la Côte d'Ivoire venait de subir des attaques d'hommes lourdement armés et que le pays réorganisait sa défense, le cadavre jonchait les rues d'Abidjan (la capitale économique ivoirienne). Les spéculations vont bon train mais convergent toutes vers une destination commune : l'ex-chef de l'Etat ivoirien a été assassiné. Mais qui se cache derrière ce crime crapuleux ? La question reste posée jusqu'à ce jour.

Les pro-Gbagbo sur la sellette

La justice militaire s'est saisi du dossier et a décidé de rouvrir le dossier au cours d'un procès qui est prévu pour se tenir ce jeudi 21 janvier au Tribunal militaire d'Abidjan. D'ores et déjà, les vingt-deux suspects sont connus et ont tous un point commun : ce sont des proches de l'ancien Président ivoirien, Laurent Gbagbo. Il s'agit entre autres du Général Bruno Dogbo Blé, l'ex-Première dame, Simone Ehivet Gbagbo et son aide de camp en la personne du Commandant Anselme Séka Yapo dit Séka Séka.

Pascal Affi N'Guessan et Moïse Lida Kouassi, respectivement chef du gouvernement et ministre de la Défense à l'époque ont qualité de témoins dans cette affaire et devront être entendus. L'actuel Président du Front Populaire Ivoirien (FPI), Affi N'Guessan est rattrapé par sa déclaration où il affirmait que la victime avait été « tué sur le champ des opérations alors qu il allait se proclamer chef de l État à la télévision ».

Le réquisitoire du Parquet

Le Parquet militaire avec à sa tête le Colonel Ange Kessi soutient mordicus que : « Gueï a été extirpé de la cathédrale avant d’être tué de deux balles tirées de deux armes différentes. C’était sur le boulevard de la Corniche, à Cocody. Puis les meurtriers sont allés à sa résidence pour abattre son épouse d’une balle dans la tête », soutient une source proche du dossier. Qui ajoute que le deuxième commando a, lui, arrêté tous les membres de la garde rapprochée du général, dont le capitaine Fabien Coulibaly, son aide de camp à sa résidence du quartier de l’Indénié, au Plateau, avant de les exécuter à Sébroko, un sous-quartier de la commune d’Adjamé. »

Bernard Agré et Boga Doudou, les grands absents


Le Cardinal Bernard Agré qui fut des années durant l'Archevêque d'Abidjan est présenté par beaucoup d'observateurs de la vie politique ivoirienne comme le détenteur ou encore le dépositaire de la vérité sur cette affaire. Malheureusement ce haut dignitaire du clergé ivoirien repose en paix depuis quelques années maintenant à Monga, un village situé à quelques encablures d'Alépé (région de la Mé). Il ne pourra plus jamais évoquer la mort du Général Robert Guéï.

Une interrogation subsiste néanmoins : ce procès ouvrira-t-il la voie à la recherche de la vérité sur la mort du ministre de l'Intérieur Emile Boga Doudou et toutes les autres victimes de cette barbarie humaine ?






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