Côte d'Ivoire : procès sur la mort du Général Robert Guéï, la date (encore) ajournée

Par Gary SLM
Publié le 21 janvier 2016 à 16:43 | mis à jour le 21 janvier 2016 à 16:43

Les proches du Général Robert Guéï devront encore patienter quelques jours avant de voir reprendre le procès. Initialement prévu pour redémarrer ce jeudi 21 janvier, la justice a décidé une fois de plus de repousser la date au lundi 25 janvier, d'après Jeune Afrique. Rappelons que le procès avait déjà été suspendu le 17 décembre 2015 pour vice de procédure.

Robert Guéï, un report de trop ?

Robert Guéï n’est plus de ce monde depuis bientôt quatorze ans (en septembre prochain). Le procès de ce 21 janvier qui devait marquer officiellement la réouverture du dossier après la suspension de l'audience du 17 décembre 2015 pour raisons de procédure devrait finalement se tenir le lundi prochain. Les témoins se succèderont à la barre à compter du 1er février.

C'est un énième report qui laisse planer sur la réelle capacité de la justice militaire ivoirienne à résoudre définitivement cette affaire qui fait tant jaser depuis plusieurs années. A toutes fins utiles, il faut noter que le Général Guéï a été retrouvé mort le 19 septembre 2002, aux premières heures de la rébellion menée par l'actuel Président de l'Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro.

Les pro-Gbagbo sur la sellette

La justice militaire s’est saisi du dossier et a décidé de rouvrir le dossier au cours d’un procès qui est prévu pour se tenir ce jeudi 21 janvier au Tribunal militaire d’Abidjan. D’ores et déjà, les vingt-deux suspects sont connus et ont tous un point commun : ce sont des proches de l’ancien Président ivoirien, Laurent Gbagbo. Il s’agit entre autres du Général Bruno Dogbo Blé, l’ex-Première dame, Simone Ehivet Gbagbo et son aide de camp en la personne du Commandant Anselme Séka Yapo dit Séka Séka.

Pascal Affi N’Guessan et Moïse Lida Kouassi, respectivement chef du gouvernement et ministre de la Défense à l’époque ont qualité de témoins dans cette affaire et devront être entendus. L’actuel Président du Front Populaire Ivoirien (FPI), Affi N’Guessan est rattrapé par sa déclaration où il affirmait que la victime avait été « tué sur le champ des opérations alors qu il allait se proclamer chef de l État à la télévision ».

Le réquisitoire du Parquet

Le Parquet militaire avec à sa tête le Colonel Ange Kessi soutient mordicus que : « Gueï a été extirpé de la cathédrale avant d’être tué de deux balles tirées de deux armes différentes. C’était sur le boulevard de la Corniche, à Cocody. Puis les meurtriers sont allés à sa résidence pour abattre son épouse d’une balle dans la tête », soutient une source proche du dossier. Qui ajoute que le deuxième commando a, lui, arrêté tous les membres de la garde rapprochée du général, dont le capitaine Fabien Coulibaly, son aide de camp à sa résidence du quartier de l’Indénié, au Plateau, avant de les exécuter à Sébroko, un sous-quartier de la commune d’Adjamé. »


Bernard Agré et Boga Doudou, les grands absents

Le Cardinal Bernard Agré qui fut des années durant l’Archevêque d’Abidjan est présenté par beaucoup d’observateurs de la vie politique ivoirienne comme le détenteur ou encore le dépositaire de la vérité sur cette affaire. Malheureusement ce haut dignitaire du clergé ivoirien repose en paix depuis quelques années maintenant à Monga, un village situé à quelques encablures d’Alépé (région de la Mé). Il ne pourra plus jamais évoquer la mort du Général Robert Guéï.

Une interrogation subsiste néanmoins : ce procès ouvrira-t-il la voie à la recherche de la vérité sur la mort du ministre de l’Intérieur Emile Boga Doudou et toutes les autres victimes de cette barbarie humaine ?



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