Côte d'Ivoire : appelé à comparaître devant la CPI, Gbagbo sait qu'il joue son destin

Laurent Gbagbo comparaîtra dans quelques heures devant la Cour Pénale Internationale (CPI). Ce jeudi 28 janvier 2016 marque officiellement l'audience d'ouverture de l'ex-chef de l'Etat ivoirien qui sait qu'il joue son va-tout. D'un côté, la Procureure qui s'active, et de l'autre côté, la défense qui prépare la contre-offensive, rapporte Rfi.

Gbagbo joue son avenir politique, la CPI sa crédibilité.

Gbagbo croupit dans les geôles de Scheveningen depuis novembre 2011. Accusé de crimes contre l'humanité, déporté à Odienné dans un premier temps après son arrestation le 11 avril 2011, l'ancien Président ivoirien sera extradé dans un second temps à La Haye d'où il attend depuis plus de quatre ans maintenant l'ouverture effective de son procès. L'heure est arrivée. Chaque partie a eu le temps d'affûter ses armes. Annoncé à grands renforts de publicité depuis quelques temps, c'est ce jeudi que débutera effectivement le procès de l'ex-homme fort d'Abidjan (la capitale économique du pays).

Gbagbo, un cas isolé ?

Toutes les caméras du monde entier sont braquées en direction de La Haye en vue de suivre de bout en bout toute la procédure judiciaire. Pour obtenir l'incrimination du prévenu, la Procureure, Fatou Bensouda fondera son argumentation sur quatre axes majeurs : la marche réprimée des pro-Ouattara sur la RTI en décembre 2010 (45 personnes tuées), des manifestants brimés (6 morts) et les tirs d'obus sur un marché à Abobo en mars 2011 (60 morts), et l'assassinat de militants du RDR le 12 avril 2011 à Yopougon (75 morts).

Sur l'ensemble des quatre évènements et si l'on s'en tient au bilan communiqué, Gbagbo aurait tué des centaines de personnes durant cette période. Pointé du doigt comme un génocidaire, l'homme est accusé de tous les maux. De nombreuses associations des victimes de la crise post-électorale ivoirienne de 2010 se sont créées et continuent de crier leur indignation face à la barbarie dont a fait preuve M. Gbagbo. L'Etat ivoirien n'a pas manqué d'encourager leurs actions en leur donnant plusieurs lucarnes pour s'exprimer notamment dans les médias publics (RTI et Fraternité Matin entre autres).

Alassane Ouattara a mis sur pied le Programme National de Cohésion Sociale (PNCS) dirigé par le Professeur Mariatou Koné (promu ministre de la Solidarité, de la cohésion sociale et de l’indemnisation des victimes depuis le 12 janvier dernier), et la Commission nationale pour la réconciliation et l'indemnisation des victimes (Conariv) pilotée par Monseigneur Siméon Ahouana. Les victimes sont triées sur le volet et ont toutes un point commun : diaboliser le fondateur du Front Populaire Ivoirien (FPI) via leurs témoignages. Comme quoi, le pouvoir d'Abidjan lave moins blanc dans son camp, oubliant même qu'il a fait partie intégrante de la crise ivoirienne.

Fatou Bensouda veut laver l'affront

Rabrouée par les Juges qui statuent sur le cas Gbagbo à l'issue de la première audience de confirmation des charges en 2013 de ce dernier, qui lui ont ordonné de revenir avec des preuves solides si elle souhaitait que son dossier soit pris au sérieux, estimant au passage qu'il était trop faible, Fatou Bensouda veut frapper fort.

Le mercredi 27 janvier 2016 en conférence de presse, la Gambienne a émis un souhait : « J'aimerais mettre en garde contre les contre-vérités. Malheureusement, des rumeurs se répandent déjà, visant à tromper le grand public en Côte d'Ivoire et ailleurs. C'est pourquoi je voudrais mettre les choses au clair sur un certain nombre de mensonges déjà diffusés dans les médias sociaux. Aucun témoin de l'accusation ne s'est retiré de l'affaire. L'accusation a bouclé son dossier en vue du procès. Contrairement à certaines allégations, nous n'avons tenté à aucun moment de repousser la date d'ouverture du procès. »

Notons que depuis l'éviction de Laurent Gbagbo du pouvoir, ses partisans sont traqués par le camp Ouattara et croupissent en prison. Bahutés et muselés, ils ont vu leurs avoirs gelés. S'il est vrai que les pro-Gbagbo ont une part de responsabilité dans la tragédie vécue par la Côte d'Ivoire, il ne faut toutefois fermer les yeux sur les crimes commis par les pro-Ouattara dans les zones Centre- Nord et Ouest (appelée communément zone CNO).

La CPI a-t-elle décidé de mettre une croix sur les nombreux morts de Guitrozon et de petit Duekoué, à l'ouest du pays et réputés être des bastions pro-Gbagbo, et dont les âmes crient justice quand leurs bourreaux (les FRCI) sont libres de tous leurs mouvements ? Ce procès peut-il est juste alors qu'il est dirigé par un juge anglophone qui avoue ne pas maitriser les subtilités de la langue française, langue dans laquelle vont s'exprimer les accusés ? Que peut-on vraiment attendre de ce type de dispositif censé rendre justice ?

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