Procès Gbagbo : divulgation des noms des témoins, la CPI recherche les coupables

Par Gary SLM
Publié le 08 février 2016 à 09:14 | mis à jour le 08 février 2016 à 09:14

La CPI est très furieuse après la divulgation des noms des témoins sur les réseaux sociaux. La haute instance internationale de justice a ouvert une enquête pour situer les responsabilités sur cette affaire qui met en péril la vie des témoins dont l'identité a été révélée et jette le discrédit sur le bon déroulement du procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, rapporte l'AFP.

La CPI tient à faire la lumière sur cette affaire.

La CPI a commis l'irréparable et elle en est consciente. C'est pourquoi elle essaye de rectifier le tir. Stratégie savamment choisie : dans un premier temps, minimiser l'incident, puis dans un second temps brandir la menace. Des faits, il ressort que le vendredi 5 février 2016, une audience à huis-clos avait lieu dans le cadre du procès de l'ex-chef de l'Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, et de son ancien ministre de la jeunesse, Charles Blé Goudé. En pleine audition, le substitut de la procureure, Eric MacDonald divulguera les noms des témoins, ignorant au passage que les micros de la salle n'étaient pas fermés.

Comme une traînée de poudre, la nouvelle se répandra sur les réseaux sociaux notamment sur la chaîne YouTube de la Cour Pénale Internationale (CPI) malgré l'injonction faite aux médias couvrant le procès de ne pas communiquer là-dessus ou du moins révéler l'identité des témoins.

Une source bien introduite au niveau du tribunal, Sonia Robla a déclaré le samedi 6 février au micro de nos confrères de l'AFP : « Cet incident va faire l’objet d’une enquête. »

Rappelons que messieurs Gbagbo et Blé Goudé sont poursuivis pour leur implication présumée dans la crise post-électorale ivoirienne survenue au second tour de l'élection présidentielle de décembre 2010. Ils sont accusés de quatre chefs de crimes contre l’humanité: meurtres, viols, persécutions et autres actes inhumains, présumés commis.


Pascal Turlan, conseiller au Bureau de la procureure Fatou Bensouda, a confié que : « La procédure va continuer sous le même régime concernant certains témoins, sous un régime d’auditions publiques pour d’autres témoins (…) Ce régime [de huis clos] reste valable et donc il y a une interdiction qui reste en vigueur de diffuser ou de commenter le nom des témoins protégés dans cette affaire. »