à la CPI, un témoin confie que "Gbagbo et Blé Goudé ont massacré les pro-Ouattara"

Par Gary SLM
Publié le 11 février 2016 à 09:55 | mis à jour le 11 février 2016 à 09:55

Le procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé s'est poursuivi ce mercredi 10 février 2016. A la barre, le retour du deuxième témoin à charge qui avait déjà témoigné à la veille. L'homme est resté sur sa position en déclarant que les deux prévenus avaient bel et bien planifié le massacre des pro-Ouattara, nous dit Ivoire Justice.

Gbagbo et Blé Goudé auraient tenté d'exterminer les pro-Ouattara.

Laurent Gbagbo et Blé Goudé ont assisté au témoignage du deuxième témoin à charge. Image très floutée, voix enrouée voire brouillée, cet homme qui dit être issu du groupe Mossi (peuple originaire du Burkina Faso) a précisé qu'il habitait le quartier populaire de Doukouré situé à Yopougon, une commune d'Abidjan (la capitale économique de la Côte d'Ivoire). Selon lui, son lieu de résidence, réputé, dit-il, comme acquis à la cause de l'actuel chef de l'Etat ivoirien, Alassane Ouattara, a essuyé les tirs des roquettes appartenant à des milices armées par le pouvoir d'alors (celui de Laurent Gbagbo).

Il a axé son témoignage sur les évènements du 25 février 2011 en confiant que les habitants de Yao Séï, le quartier voisin, favorable à l'ancien président ivoirien avaient reçu le soutien des éléments de la Brigade Anti-Emeute (BAE) : « Ils venaient pour brûler notre quartier (…) On les a repoussés vers le 16ème arrondissement (…) à la station de police.Tu vois les gens tomber. J’ai essayé de m’enfuir mais j’ai vu que ma jambe était cassée, les gens fuyaient, des gens étaient blessés (…) et je ne pouvais pas bouger. J’ai vu le feu sortir du tank (…) ils ont visé la mosquée. »

Le Bureau de la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, a brandi le certificat médical du témoin pour attester de la véracité de ses dires et sur lequel il est marqué : « Fracture ouverte de la jambe droite suite à un accident balistique. »


Face aux propos jugés ahurissants par la défense, Me Alexander Geert-Jan Knoops fait remarqué à la Cour les incohérences qui existent entre la déposition du témoin lors de son audition en 2014 par les enquêteurs de la Cour Pénale Internationale (CPI) et son témoignage. Le juge-président Cuno Tarfusser et ses adjoints marqueront une pause judiciaire à compter du 17 février prochain. Rappelons que Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé sont accusés de crimes contre l'humanité pour leur participation présumée dans la crise post-électorale ivoirienne.