Côte d'Ivoire : pour calmer François Hollande, ADO achète des patrouilleurs français

Par Gary SLM
Publié le 11 février 2016 à 11:09 | mis à jour le 11 février 2016 à 11:09

ADO sait que l'année 2016 sera très agitée pour ses collaborateurs et lui. Muré dans un silence depuis un certain temps, le chef de l'Etat ivoirien a décidé de sortir de sa torpeur pour anticiper sur les faits. En visite de travail et d'amitié en France, le numéro 1 ivoirien a été reçu en audience par son homologue français, François hollande, pour parler politique et business.

ADO raffermit sa coopération commerciale avec Paris.

ADO (entendez par là Alassane Dramane Ouattara) avance déjà ses pions pour garantir la stabilité de son régime. Le locataire du palais présidentiel d'Abidjan (la capitale économique de la Côte d'Ivoire) sait pertinemment que sa tranquillité passe inéluctablement par la bonne santé des relations avec l'ancienne puissance coloniale, la France. Alassane Ouattara est de plain-pied dans son second quinquennat et aborde le dernier virage qui lui permettra ou non d'atteindre ses objectifs notamment celui de faire de la Côte d'Ivoire, un pays émergent à l'horizon 2020.

Prétextant la modernisation des Forces Républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI), ADO a passé la commande de trois patrouilleurs auprès de l'Etat français au cours de l'année 2013. En 2014, le chef de l'Etat français, François Hollande atterrit sur les bords de la lagune Ebrié, à Abidjan. Dans sa délégation, un compagnon pour le moins insolite, le patrouilleur Emergence. En 2016, le deuxième patrouilleur devrait accoster aux larges des côtes ivoiriennes et l'année d'après le dernier devrait faire son entrée dans le parc de la Marine nationale ivoirienne, l'heureuse bénéficiaire de ces équipements.

Cela rappelle tout bonnement les nombreuses visites des présidents français sur les territoires de leurs anciennes colonies pour marchander les biens locaux ou écouler leurs produits, parfois à des prix exorbitants. Cette année ne sera pas de tout repos pour ADO quand on sait que de nombreux procès, soit en rapport avec la crise post-électorale ivoirienne, soit avec l'assassinat du général Robert Guéï, sont en cours.

Les risques de soulèvement sont grands car ces procès déchaînent les passions. Autant donc se mettre à l'abri de toute surprise et c'est ce que le chef de l'exécutif de Côte d'Ivoire a fait en se rendant en France le 4 février dernier pour une petite visite de courtoisie au "grand ami".



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