Côte d'Ivoire : visites de Ségolène Royal, Erdogan, Sarkozy, Abidjan déblacklisté par Ouattara

Par Gary SLM
Publié le 27 février 2016 à 10:21 | mis à jour le 27 février 2016 à 10:21

Abidjan a repris du poil de la bête à l'image d'un phoenix qui renaît de ses cendres. La Côte d'Ivoire est (re)devenue la locomotive son trône de l'Afrique de l'Ouest, damant même au passage le pion au grand rival nigérian. Les visites d'hommes d'Etat européens, les compliments des institutions de Bretton Wood, le retour des institutions internationales témoignent de la véracité de ce fait. Le président Alassane Ouattara a endossé le costume de VRP.

Akwaba à Abidjan !

Si la ville Abidjan attise tant les convoitises du gotha de l'élite mondiale, c'est sans aucun doute grâce au lobbying opéré par S.E.M Alassane Ouattara auprès des grandes chancelleries. Puissances occidentales, asiatiques et même les pays de l'Est se jettent à la ruée de l'eldorado ivoirien. S'inspirant de la stratégie de son "parrain" Félix Houphouët-Boigny, l'homme fort du pays maîtrise les relations internationales en jouant l'équilibriste sous sa casquette de chargé des relations publiques.

Nommée tout récemment présidente de la COP21 en remplacement de Laurent Fabius (muté depuis lors au Conseil constitutionnel français), Ségolène Royal a récemment entamé une tournée en Afrique. Du Caire (Egypte), à Addis-Abeba (Ethiopie), la ministre française de l'Écologie a bien généré quelques milliers de tonnes de CO2 pour rallier Abidjan, Conakry et Dakar. Mme Royal a été très claire dans son message au président ivoirien. Elle a dit vouloir ‘’compter’’ sur lui pour ‘’l’aider à réussir’’ cette nouvelle mission avec en ligne de mire le ‘’grand projet’’ décidé par les Chefs d’État africains lors de la COP21.

Même si le président ADO nourrit effectivement de grandes ambitions d'industrialiser son pays, la Côte d'Ivoire ni les autres pays du périple africain de Ségolène Royal ne représentent une réelle menace pour l'environnement. On pense donc que ce voyage à Abidjan a pour but d'arrêter de faire croire à Nicolas Sarkozy qu'il est le seul bienvenu à "Babi" (l'appellation d'Abidjan en nouchi, l'argot ivoirien) où il est attendu par son ami Ouattara dans les prochains jours.

La Côte d'Ivoire attire encore plus. Et les intérêts de la France sont tellement grands dans ce pays que François Hollande a oublié l'enfermement prolongé de de son camarade au sein de l'Internationale socialiste, Laurent Gbagbo à la CPI. Lors de son séjour abidjanais, Ségolène Royal n'a pas évoqué la crise ivoirienne et ne parle que de COP21 avec Ouattara pour éviter de heurter sa susceptibilité. Le tout étant de bien lui montrer que les "États n'ont pas d'amis", mais des « intérêts ».

En foulant le sol ivoirien, Royal, l'ancienne compagne de François Hollande, voulait faire "ami-ami" avec ADO. Qui sait, elle pourrait avoir besoin de son soutien à des moments importants de sa carrière politique. Pour l'heure, elle flatte autant que possible le chef de l'État ivoirien qu'elle a tenu à ‘’remercier’’ pour ses ‘’conseils’’, son ‘’accompagnement’’ afin d’être à la ‘’hauteur’’ de la tâche.

Recep Tayyip Erdogan attendu à Abidjan.

Le président ivoirien est parvenu à déblacklister la Côte d'Ivoire qu'évitaient soigneusement tous les grands du monde sous Gbagbo. Comme des mouches face au miel, Ouattara sait comment attirer tout le monde vers lui. Le locataire du palais présidentiel du Plateau (le centre des affaires de la capitale économique, comme le quartier de La Défense l'est pour Paris) a lancé plusieurs projets pharaoniques simultanément et a transformé la Côte d'Ivoire en un chantier géant.


Le président Turc Recep Tayyip Erdogan sera le second VIP de la semaine à Abidjan après Royal. Le président turc est attendu dans les prochaines heures sur les bords de la Lagune Ébrié où la société turque Yildirim, à travers sa filiale locale, Rainbow Line, va exploiter le plan d’eau lagunaire qui devrait voir défiler plusieurs bateaux de transport. Ce projet nécessitant un investissement de 20 milliards de CFA, M. Erdogan a bien flairé le fait qu'une visite s'imposait à lui, surtout qu'il pourrait signer d’autres accords sur place.

Recep Tayyip Erdogan sera suivi à Abidjan par Nicolas Sarkozy. L'ancien président français vient s'assurer de pouvoir toujours compter sur Ouattara dans la course à la présidentielle de 2017 dans laquelle il compte bien s'engager à nouveau en France.