Burkina : les cotonculteurs estiment avoir été grugés par l'Américain "Monsanto"

Par Gary SLM
Publié le 06 avril 2016 à 12:06 | mis à jour le 06 avril 2016 à 12:06

Les cotonculteurs du Burkina Faso sont en colère. Ils traversent en ce moment une mauvaise passe à cause de l'adoption d'une semence transgénique de coton (Bollgard II) qui a fait perdre au coton burkinabè son lustre d'antan. Cette perte de qualité a également entrainé la dépréciation de la production locale sur le marché international. Les victimes demandent réparation, nous rapporte Rfi.

Les cotonculteurs réclament 74 M€ de dommages-intérêts.

Les cotonculteurs burkinabè sont dans une période de vache maigre compte tenu de l'apparition des semences OGM de Monsanto. Parti sur des chapeaux de roue, leur espoir est en train de s'amenuiser du fait de la qualité de leurs produits qui les rendent moins compétitif sur les marchés. La longueur de la fibre qui était la qualité première de l'or blanc burkinabè a pratiquement disparu avec cette nouvelle variété. Se sentant donc flouées par Monsanto, une entreprise américaine spécialisée dans les biotechnologies agricoles, les sociétés cotonnières burkinabè sont montées au créneau pour réclamer des dommages et intérêts pour le préjudice subi.

En réalité, le coton transgénique est de plus en plus rejeté sur le marché mondial, car la composition génétique de sa soie ne facilite pas la fabrication du fil. De même, Gnessan Bernard Zougouri, le nouveau directeur général de la Sofitex a fait remarquer le préjudice de 20 à 30 francs CFA de moins par livre de coton. En attendant de soustraire cette variété de coton des habitudes culturales des agriculteurs burkinabè qui en raffolent de plus en plus, les professionnels du coton ont réclamé à Monsanto une réparation à hauteur 74 millions d’euros, soit 48,3 milliards de francs CFA.


Notons que le coton est un maillon essentiel de l'économie Burkina Faso, deuxième produit d'exportation après l'or. Ainsi, toute difficulté dans ce secteur conduira indubitablement vers une asphyxie de cette économie.