L'Afrique: la terre d'abord, l'Espace ensuite!

Par Gary SLM
Publié le 28 avril 2016 à 14:45 | mis à jour le 28 avril 2016 à 14:45

L’Afrique rencontre tellement de difficultés sur terre que le projet spatial de M. Ousmane Nasr Diallo demande qu’on revienne un tout petit peu au réalisme politique dans l’élaboration de nos rêves titanesques. On garde encore en mémoire le livre à succès de l’Ivoirien Mouramane Fofana qui écrivait Rêver le progrès en désirant ardemment créer une Agence Spatiale Africaine (ASA). Aujourd’hui, il est le Directeur Général de l’Institut Ivoirien de l’Entreprise (INIE) et oeuvre pour les besoins d’emploi-jeune, les besoins de la terre. Faut-il donner la priorité aux programmes spatiaux dans une Afrique au bord du gouffre en ce moment?

L’Afrique face aux batailles existentielles

L’Afrique oeuvre avec courage pour se tailler une place de choix auprès des grands décideurs de ce bas monde. Il serait juste de dire que si sur terre, il y a problème, le mieux serait de s’envoler pour l’Espace! L’Ivoirien Ousmane Nasr Diallo, Ingénieur à la station spatiale internationale de la NASA aux Etats-Unis, argue que l’Afrique a besoin de programmes spatiaux: « À la question :« L’Afrique n’a-t-elle pas d’autres priorités que le développement de programmes spatiaux ? », je pourrais répondre que l’Afrique a, plus que le reste du monde, besoin de programmes spatiaux viables. Pour cause, l’Afrique est le continent le plus exposé aux crises politiques et sociales, qui engendrent des déplacements massifs de populations. La majorité de ses économies vulnérables et fragiles reposent sur une agriculture peu modernisée, dépendante de la bienveillance climatique ». M. Ousmane Nasr Diallo vit-il au quotidien les réalités africaines qu’il ébauche si vite pour justifier ses intentions?

En effet, non puisqu’il réside aux Etats-Unis au compte de la NASA. Ivoirien, il devait se rendre compte que Neil Alden Armstrong est allé pour la première fois dans l’Espace dans une Amérique unie, dont les citoyens avaient le maximum vital pour regarder et applaudir en poussant des clameurs, l’un des leurs qui les représentait ainsi au petit ciel. L’avancée technologique est indéniable pour tout pays; mais on la salue et la savoure mieux quand les besoins primaires des citoyens sont tous satisfaits. La grogne sociale fait rage en ce moment en Côte d’Ivoire; les denrées de première nécessité sont chères, les factures d’électricité sont intenables, le Ministère du Transport s’adonne à des fantaisies acrobatiques, les Universités et Grandes Ecoles publiques connaissent des années académiques saccadées à cause des grèves intempestives et toutes justifiées, les Impôts et le Trésor public sont en grève, les Ivoiriens demeurent divisés à cause du manque de volonté politique sincère pour aller à la réconciliation nationale; bref, la Côte d’Ivoire s’enfonce…et toute l’Afrique de l’Ouest et du Centre connaît, à des degrés variés, ces mêmes difficultés. Dans ces conditions, la logique voudrait que les besoins socioéconomique et sociopolitique soient comblés pour rendre l’Afrique habitable, avant la réalisation de programmes spatiaux au bénéfice du continent dont l’élaboration ne cause aucun dommage, et est même salutaire. Il faut vivre en Afrique ou vivre l'Afrique pour partager et ressentir ses douleurs.

L’Afrique sur Mars un jour, aucun doute!

L’Afrique foulera les pieds aussi sur la planète Mars. Cela n’est pas impossible et nul africain éveillé n’est sceptique sur la question. Seulement, comme le précise si bien M. Ousmane Nasr Diallo, «l’accès à l’espace a toujours été une entreprise sérieuse, qui est à la fois dangereuse et coûteuse », les fonds recherchés çà et là par les dirigeants africains pour faire survivre leurs peuples, fonds qui ensuite sont détournés et dilapidés, en restera t-il suffisamment pour le coûteux projet des programmes spatiaux qui, à eux seuls, sûrement ravaleraient les budgets de tous les Etats africains mis ensemble. S'il importe de partager ces rêves titanesques, il est sage d’être conscient et plein d'empathie quand on rêve.



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