Révision de l'article 35 : Martin Bléou met Ouattara devant une logique

Par Gary SLM
Publié le 06 mai 2016 à 18:01 | mis à jour le 06 mai 2016 à 18:01

Martin Bléou s'est prononcé sur la réforme constitutionnelle annoncée par Alassane Ouattara. Au cours d'un point de presse qu'il a animé ce mercredi 4 mai, cet éminent constitutionnaliste et professeur de droit a tenu à mettre le chef de l'État ivoirien devant ses responsabilités en l'appelant à s'inscrire dans la logique et à renoncer à son projet de révision de l'article 35, apprend-on de aip.ci.

Martin Bléou rappelle Ouattara à l'ordre

Martin Bléou a estimé que le projet de révision de la Constitution ivoirienne telle qu'annoncé par le chef de l'État n'est plus opportun en l'état actuel des choses. À en croire ce professeur de droit, les raisons évoquées par Ouattara pour retoucher l'article 35 de la Constitution de 2000 ont été vidées de leur substance. Ainsi qu'il l'explique : « L’article 35 de la Constitution ne pose plus problème, le juge constitutionnel l’ayant purgé du venin que l’on y avait décelé. » Avant d'ajouter : « Il est aujourd’hui difficile d’admettre que les exigences de la réconciliation nationale imposent la révision de l’article 35 de la Constitution. »

Selon l'analyse de l'ancien ministre de la Sécurité intérieure, l'article 35 qui régit les conditions d'éligibilité à la présidence de la République et qui était vu par le RDR (le parti d'Alassane Ouattara) comme contenant des germes exclusionnistes ne pose plus problème, puisque ce dernier a pu être candidat malgré l'existence de cet article. Le besoin de réconciliation nationale qui est l'argument brandi par les actuels tenants du pouvoir pour en modifier le contenu ne serait plus qu'un prétexte fallacieux.


De même, l'ancien président du Conseil constitutionnel, Francis Wodié, est également monté au créneau pour s'opposer à toute idée de révision constitutionnelle. Ce juriste chevronné se pose donc la question : « Mais comment va-t-il (Ouattara) engager cette initiative, tout seul ? » Notons que toutes ces réactions font suite aux propos tenus par le Président de la République le 22 octobre 2015 après sa réélection : « Nous aurions une nouvelle constitution, je l’espère, dès l’année prochaine. »




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