Cameroun / France : le cas Michel Thierry Atangana révolte des parlementaires français

Par Gary SLM
Publié le 07 mai 2016 à 12:21 | mis à jour le 07 mai 2016 à 12:21

Michel Thierry Atangana croupit dans les geôles camerounaises depuis 19 ans maintenant. Outrés par le laxisme des autorités françaises vis-à-vis de la situation de ce Franco-Camerounais, 17 parlementaires sont montés au créneau, ce vendredi 6 mai, pour réclamer une mission d'information parlementaire sur la situation de tous les détenus de nationalité française à l'étranger, nous rapporte Jeune Afrique.

Michel Thierry Atangana, le cas d'école des élus français

La détention de Michel Thierry Atangana préoccupe davantage des députés et sénateurs français qui ont décidé, ce vendredi, de tirer la sonnette d'alarme. Ainsi, Pouria Amirshahi, Olivier Falorni et Marie-Noëlle Lienemann, pour ne citer que ceux-là, ont publié une tribune dans laquelle ils ont été très formels : « La France ne doit pas abandonner ses enfants. » À en croire ces 17 parlementaires : « Certains de nos ressortissants ne bénéficient pas du même support diplomatique et judiciaire que d’autres. »

Fidèles à leur logique, ils révèlent que « 20% des 2 558 Français actuellement détenus à l’étranger, dont au moins 518 sont détenus sans cause connue, ne bénéficient d’aucun soutien de la part de leur consulat. » Pour donc rectifier ce qu'ils qualifient d'injustice, ces parlementaires français ont demandé une mission d’information parlementaire sur le traitement des détenus français à l’étranger afin que la République leur apporte toute l'assistance nécessaire.

Revigoré par ce soutien, M. Atangana a approuvé cette démarche : « Cette tribune de 17 parlementaires rappelle à l’État français que ses ressortissants de l’extérieur doivent toujours être placés au cœur de ses relations diplomatiques avec les États étrangers. » Avant de plaider pour ses autres compatriotes : « La lutte pour ma réhabilitation ne sera utile que si l’ensemble des détenus français à l’étranger sont véritablement pris en charge par les autorités françaises. »

Notons que Michel Thierry Atangana est un ingénieur financier qui pilotait, sur la demande de Paul Biya, un projet de construction d’infrastructures routières. Accusé de soutenir Titus Edzoa, un opposant au gouvernement, il a été arrêté en 1997 et dépouillé de l’ensemble de ses biens.