Burkina : coup d'Etat du RSP, Roch Kaboré exige la célérité aux magistrats

Roch Kaboré veut voir accélérer le dossier du putsch manqué de septembre 2015 au pays des hommes intègres. À cet effet, le président burkinabè exerce une certaine pression sur les magistrats en charge de l'affaire afin de publier, au plus tôt, les résultats de l'enquête y afférente. Le récent réaménagement au sein du tribunal militaire rentre également dans cette logique, à en croire Jeune Afrique.

Roch Kaboré impatient de connaitre la vérité

Roch Kaboré est plus que jamais engagé à faire toute la lumière sur l'affaire du coup d'État manqué perpétré par l'ex-Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP). C'est dans cette optique que le locataire du Kosyam réclame les résultats de l'enquête diligentée par le parquet militaire. Ce dossier est d'autant plus sensible qu'il continue d'alimenter le quotidien des Burkinabè qui attendent de savoir également ce qui s'est réellement passé à la mi-septembre 2015 lorsque les hommes du général Gilbert Diendéré ont fait irruption au palais présidentiel et ont séquestré le président Michel Kafando, le Premier ministre Isaac Zida ainsi que d'autres responsables du régime de la Transition.

Cette volonté exprimée du Chef de l'État burkinabè, chef suprême des armées et président du Conseil supérieur de la magistrature, s'est traduite par un profond réaménagement au sein du tribunal militaire de Ouagadougou qui a en charge ce dossier. Ainsi, le lieutenant-colonel Norbert Koudougou, commissaire du gouvernement, avait été remplacé par son substitut, Alioune Zanré. De même, le juge civil Sébastien Rapademnaba avait été retiré du trio des juges d’instruction. Le lieutenant Frédéric Ouédraogo qui fait également partie de l'instruction est en ce moment sur la sellette. Le syndicat des magistrats burkinabè ainsi que certains observateurs étaient montés au créneau pour dénoncer l'ingérence de l'Exécutif dans le Judiciaire. Mais sans se laisser démonter outre mesure, le président Kaboré a réitéré son espoir de voir ce procès s'ouvrir avant la fin de l'année 2016.

Notons que plusieurs personnalités de l'ancien régime, dont les généraux Djibrill Bassolé et Gilbert Diendéré, croupissent en ce moment à la Maison d'Arrêt et de Correction des Armées (MACA). Même si tous les mandats d'arrêt internationaux ont été annulés par la Cour de cassation pour vice de forme, il n'en demeure pas moins que l'affaire reprenne de plus belle.