Procès Simone Gbagbo : LIDHO, FIDH, MIDH... boycottent le procès pour exclusion

Par Gary SLM
Publié le 31 mai 2016 à 13:43 | mis à jour le 31 mai 2016 à 13:43

La LIDHO, la FIDH et le MIDH qui se sont constitués parties civiles ont décidé de ne pas participer au procès de Simone Gbagbo (66 ans) qui s'ouvre ce mardi 31 mai devant la Cour d'assises. Les avocats du Groupe d'action judiciaire de ces organisations des droits de l'homme et de 250 parties civiles entendent dénoncer ainsi leur marginalisation dans les différentes procédures concernant la crise post-électorale, à en croire Jeune Afrique.

LIDHO, FIDH, MIDH se braquent contre l'injustice

La Ligue ivoirienne des droits de l’homme (LIDHO), la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) et le Mouvement ivoirien des droits de l’homme (MIDH) ont décidé de se désolidariser de la justice ivoirienne lors du procès en assises de l'ex-première dame Simone Gbagbo. Pierre Kouamé Adjoumani, le président de la LIDHO en donne les raisons : « Depuis 2012, nous nous sommes investis dans les procédures judiciaires en Côte d’Ivoire, convaincus que la justice ivoirienne pourrait rendre une justice impartiale, crédible et effective en faveur des victimes. » Puis il ajoute : « Mais nous avons constaté que les droits les plus élémentaires des parties civiles avaient été bafoués. Nos avocats n’ont pas eu accès à toutes les étapes de la procédure. » Avant de s'interroger : « Sur quelle base vont-ils donc défendre leurs dossiers ? Cela ne servira à rien d’aller faire de la simulation. »

Même son de cloche pour Human Right Watch (HRW) qui ne cesse de dénoncer les insuffisances de ce procès. Ainsi, pour les responsables du HRW : « Le principal défi pour l’accusation sera d’identifier des preuves la liant (Simone Gbagbo) aux meurtres, aux viols et autres exactions commises par les forces pro-Gbagbo. » L'un des avocats de Mme Gbagbo, Me Mathurin Dirabou, s'est également indigné du fait que les accusations portées contre sa cliente ont été créées de toutes pièces « pour faire plaisir à une certaine communauté internationale. »


C'est donc au milieu de tous ces propos discordants que le procès de l'ancienne présidente du groupe parlementaire du Front populaire ivoirien (FPI, alors au pouvoir) s'ouvre ce mardi. Déjà condamnée en mars 2015 à 20 ans de réclusion pour « atteinte à la sûreté de l'État », la saga judiciaire de l'ancienne députée d'Abobo (nord d'Abidjan) se poursuit devant la Cour d'assises pour « crimes contre l'humanité ». Elle est également réclamée par la Cour pénale internationale (CPI), mais le président Alassane Ouattara a dit qu’il « n’enverrait plus d’Ivoiriens » à la CPI.