Burkina : pour Roch Kaboré, le général Yacouba Isaac Zida est un déserteur

Par Gary SLM
Publié le 06 juin 2016 à 11:17 | mis à jour le 06 juin 2016 à 11:17

Yacouba Isaac Zida est encore et toujours dans l'oeil du cyclone au pays des hommes intègres. Et pour cause, le président Roch Kaboré demande à l'ancien premier ministre de la transition de rentrer au Faso afin d'élucider sa responsabilité sur les malversations financières lors de sa gestion. Mais face au refus de Zida de rentrer de son exil canadien, le chef de l'État menace de le considérer comme un déserteur, apprend-on de Rfi.

Yacouba Isaac Zida/Roch Kaboré, la guerre continue

Yacouba Isaac Zida est loin d'être sorti de l'ornière. Après avoir conduit en tandem avec le président Michel Kafando une transition quelque peu tumultueuse, voilà que l'ancien premier ministre a encore maille à partir avec les nouvelles autorités burkinabè. En effet, suite à un audit sur la gestion de la période transitionnelle ordonné par le président Roch Marc Christian Kaboré, plusieurs malversations financières auraient été découvertes. Et le principal mis en cause dans cette affaire serait le numéro deux de la transition. Mais depuis, ce dernier s'est exilé au Canada après l'échec de sa nomination en tant qu'ambassadeur du Burkina aux États-Unis. L'ultimatum du président de la République et ministre de la Défense à son égard est donc sans appel : « Désertion en temps de paix ».

Mais au lieu de répondre à l'appel du nouveau président du Faso et de rentrer au pays comme cela lui est demandé, l'officier supérieur a plutôt demandé une mise en situation d'« évacuation sanitaire ». Demande rejetée par le président Roch Kaboré qui exige préalablement la présentation d'un dossier médical selon l'usage en la matière. Ce bras de fer entre le nouveau locataire du Kosyam et l'ancien premier ministre laisse transparaître un certain malaise au sein de la grande muette et partant, de tout l'Exécutif burkinabè.


Certaines sources bien introduites font état de ce que Isaac Zida aurait amassé une fortune pendant la transition et se serait établi un réseau, aussi bien national qu'international, pour matérialiser ses ambitions lors des joutes électorales de 2020. Ce quiproquo est donc loin d'être à son terme.