Feu au Tribunal de Ouaga, accident ou incendie criminel ?

Par Gary SLM
Publié le 17 juin 2016 à 19:48 | mis à jour le 17 juin 2016 à 19:48

Le Tribunal de grande instance de Ouagadougou a vu l'un de ses bureaux partir en fumée. Nu été la promptitude des sapeurs pompiers et du personnel sur place, le feu se serait propagé à tout le palais. En attendant d'élucider les circonstances réelles de cet incident, la procureure du Faso se réjouit d'ores et déjà d'avoir limité les dégâts, apprend-on de FasoZine.

D'importants dossiers partis en fumée au Tribunal de Ouaga ?

Le feu qui s'est déclenché ce jeudi 16 juin 2016 dans l'un des bureaux de la chambre civile du Tribunal de grande instance de Ouagadougou continue d'alimenter la curiosité des Ouagalais. Même si les causes de ce drame restent encore obscures, Maïzan Sérémé, la procureure de la République près ledit tribunal se veut rassurante tout en félicitant le personnel : « Heureusement que l’incendie a pu être circonscrit à temps, vu le dynamisme des agents et du personnel présent. » Avant d'ajouter : « Les dommages ont pu être circonscrits de façon générale. Cependant nous avons des dossiers qui ont pris l’eau, on a aussi du matériel bureautique qui a été dégradé. »

Ce fait qui aurait pu être anodin intervient à un moment où la justice est en ébullition au pays des hommes intègres. Longtemps muselés par le pouvoir dictatorial d'alors, les magistrats burkinabè ont décidé d'arracher leur indépendance. À cet effet, plusieurs dossiers brûlants ont été réactivés, que ce soit au tribunal militaire ou au tribunal civil. Mais la procureure peut se soulager d'avoir sauvé les meubles : « On craignait pour notre sécurité, mais également pour l’ensemble de nos dossiers. Mais nous pouvons dire qu’il y a eu plus de peur que mal. »


Et selon une certaine opinion, la justice burkinabè voudrait désormais prendre tout son pouvoir et l'exercer dans toute sa plénitude. Cette attitude pourrait déranger les nostalgiques des temps de l'impunité. Mais sans trop vite aller en besogne, ces observateurs attendent d'avoir les résultats des investigations afin de réagir, comme l'a si bien indiqué Mme Sérémé : « Nous attendons leur rapport (police scientifique et des agents du commissariat central) avant de nous prononcer. »