Côte d'Ivoire : l'Enseignement supérieur se meurt

Par Gary SLM
Publié le 18 juin 2016 à 02:00 | mis à jour le 18 juin 2016 à 02:00

L'Enseignement supérieur en Côte d'Ivoire se meurt. Si ce ne sont pas des mouvements de grèves intempestives, c'est la mort réelle elle-même qui frappe les Enseignants-chercheurs et les étudiants. Ce vendredi 17 Juin 2016, Roland Alaba, un étudiant inscrit en Licence 1 des Sciences Economiques, est décédé après avoir été percuté par un 4 x 4 de la Police, constamment en patrouille sur les franchises de l'Université Félix Houphouët-Boigny. De l'autre côté, c'est l'INP-HB de Yamoussoukro qui est en grève.

L'Enseignement supérieur en Côte d'Ivoire va très mal

En Côte d'Ivoire, l'Enseignement supérieur est très agité. Il y est difficile de passer un mois entier sans avoir de nouvelles de troubles ou de décès comme si les hordes de l'Enfer s'étaient déchaînées contre les Temples du Savoir en Côte d'Ivoire. Il est vrai qu'au temps du premier président ivoirien Félix Houphouët-Boigny, l'Enseignement supérieur jouissait d'une certaine stabilité et d'une véritable vie académique avant que les relations ne se brouillent entre le président et les Enseignants du Supérieur. Mais, depuis l'arrivée des doctes au pouvoir d'Etat, le Dr Laurent Gbagbo (Historien) et le Dr Alassane Dramane Ouattara (Economiste), l'Enseignement supérieur veut enfanter son propre paradigme indépendamment de l'ordre ancien et des perspectives proposées par ceux qui ne savent pas réellement ce qui se passe au Supérieur.

L'Enseignement supérieur en Côte d'Ivoire est en combat sans merci avec le diable en personne. Après la grève de 72 h décrétée la semaine dernière par la Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d'Ivoire (FESCI), cette semaine a été marquée par les grèves de l'Unité de Formation et de Recherches (UFR) des Sciences de l'Homme et de la Société (SHS) et de la Faculté de Droit. Les étudiants de l'UFR-SHS reprochent à la Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique la circulaire qui impose aux Maîtres de n'avoir que 5 étudiants à encadrer en master 1 et 2 de Recherches et même en Thèse. Une mesure qui tombe après que l'année académique ait longtemps démarré. Une manière maladroite, irresponsable, lâche et cynique de changer les règles du jeu en plein match. Les étudiants étant ainsi menacés de ne jamais pouvoir boucler leurs diplômes s'ils ne font pas partie des 5 choisis, avec le renvoi qui pointe à l'horizon, c'est donc raisonnablement qu'ils sont rentrés en grève pour cette fois pleurer et non revendiquer. Où sont les parents d'étudiants? Que font-ils pendant que l'avenir de leurs progénitures se joue ici sur l'autel de la loterie académique? A la Faculté de Droit, c'est la même détresse. En plein système LMD (même si pour l'heure le système est décousu), le Doyen de cette Faculté continue d'administrer son institution avec les méthodes traditionnelles empêchant les étudiants de présenter des diplômes autorisés aux différents concours professionnels. Par exemple, au lieu d'un diplôme de Master, la Faculté de Droit décerne encore des attestions de Maîtrise. Quelle déconnexion!

C'est dans cette atmosphère délétère que ce vendredi 17 juin 2016, l'étudiant handicapé en première année des Sciences économiques, Roland Alaba, dernier enfant d'une abondante famille, frère germain d'un ex-artiste chanteur du groupe zouglou Les Parents du Campus, aujourd'hui Enseignant de Philosophie à Agboville, M. Alaba alias "Papys", vient de perdre la vie tôt ce matin, fauché par un 4 x 4 de la Police nationale qui a déserté l'école de Police pour élire domicile à l'Université Félix Houphouët-Boigny. Est-ce une envie mal exprimée des agents de la Police de vouloir poursuivre leurs études universitaires? En tout cas, pour avoir tué le jeune Alaba Roland et pour avoir fui sans lui porter secours jusqu'à ce que mort s'en suive, franchement la sécurité est partout sauf à l'Enseignement supérieur. « L'étudiant est décédé des suites de ses blessures. Le Conducteur du véhicule a été mis aux arrêts. La Police Nationale présente ses condoléances à la famille du défunt, aux étudiants et toute la communauté universitaire.Une instruction judiciaire a été ouverte pour faire la lumière sur cette situation », précise le Directeur Général de la Police Nationale, M. Bredou M’Bia. Et la suite? Puisque ces déclarations font le quotidien des fils de ce pays? Cette façon lapidaire de traiter les problèmes sérieux en envoyant balader les étudiants, les enseignants, les Ivoiriens, ne peut que provoquer des échauffourées dans l'Enseignement supérieur. Qui pouvait s'imaginer que les enseignants et les travailleurs de l'Institut National Polytechnique Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro, pouvaient un jour observer une grève pour marquer un quelconque désaccord!

Le secours divin


Tout est possible aujourd'hui, surtout avec la grève inimaginable du Personnel civil local de l'ONUCI, tout peut vraiment arriver à la Côte d'Ivoire. Que le Très-Haut daigne seulement aider les Ivoiriens et les Ivoiriennes...Avec la cherté de la vie actuellement, vers qui doit-on intelligemment se tourner sinon Dieu.



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