Les âges à géométrie variable de certains joueurs africains...

Beaucoup d’Européens s’étonnent, notamment dans les compétitions sportives, que tel ou tel Africain semble plus âgé qu’annoncé. Si ces braves gens, à cheval sur leurs principes, et rigoureux à n’en plus dormir, connaissaient les réalités des terrains africains, surtout dans la brousse profonde, ils croiraient rêver et comprendraient mieux ces décalages de circonstance !

Les âges de certains joueurs africains, c'est la faute à pas de moyens.

Imaginons qu’une femme, dont le mari est plus souvent à la ville qu’au village, ait un garçon âgé de 3 ans et qu’elle en attende un second qui va bientôt arriver. Elle réside dans un petit village, loin de tout, qui ne lui a pas permis d’aller aux visites médicales auxquelles les femmes de la ville ont facilement accès. Après l’accouchement, souvent à domicile, assistée des vieilles du village, avec un peu d’eau et du savon, elle se remet de ses émotions et commence à élever son bébé. Le mari aura été averti par téléphone, mais occupé à la ville, il attendra le moment opportun pour voir sa progéniture, d’autant que le récent état de son épouse l’aura incité à aller gouter quelques délices féminins urbains.

Il n’est pas rare non plus qu’on le prévienne pour lui annoncer le décès de sa femme (ou de l’enfant) intervenu pendant le travail… Ne pas oublier que la mortalité infantile, les décès en couche, et le manque d’accès à l’eau potable, sont parmi les maux les plus répandus dans la sous-région africaine.

Lors de l’arrivée de son premier fils, heureuse et dynamique, cette brave femme avait tenu à officialiser la naissance en allant déclarer l’enfant à l’état-civil ; elle se souvient encore de ce parcours du combattant ; le bébé accroché dans le dos, emmitouflé dans des pagnes noués autour de la taille, il avait fallu marcher pendant près d’une heure pour arriver au carrefour de la route secondaire sur laquelle passe les camionnettes, taxis de brousse. Après avoir trouvé une place de fortune dans un coin, subi de nombreux arrêts pour laisser descendre ou monter d’autres personnes, cheminant sur cette route défoncée qui chahutait les passagers en les secouant, elle était descendue à un autre carrefour pour changer de taxi afin de se rendre dans la petite ville où se trouvait la Mairie. Finalement après pratiquement trois heures de trajet, elle était arrivée devant le bâtiment crasseux qui servait de mairie, mais l’horaire étant dépassé, cette administration venait de fermer et n’ouvrirait qu’environ trois heures plus tard. Errant le long des rues en latérite (terre rouge), elle était allée se réfugier chez une vague cousine pour s’alimenter un peu et s’allonger pour faire téter son bébé.

Un vrai parcours du combattant pour déclarer une naissance en Afrique

Vers 15h, l’employée de mairie avait fait son apparition et les discussions avaient pu commencer. Ne disposant pas de papier officiel d’une clinique prouvant la naissance, tous les problèmes s’accumulaient et finalement rien n’avait été possible ce jour-là. Dépitée et fatiguée, elle était revenue au village en se demandant comment résoudre son problème. Il avait fallu plus de deux mois, donner à plusieurs reprises de l’argent à qui de droit et deux autres déplacements pour enfin trouver une solution qui avait permis d’inscrire sur le registre d’État civil l’enfant qui était enfin devenu officiel.

La solution avait donc deux origines : la corruption et l’humiliation par une petite personne fonctionnaire disposant du pouvoir sur une personne de condition modeste.

Pour le petit dernier qui venait de naitre, elle était bien décidée à ne plus refaire ce parcours infernal.

C’est ainsi que ce nouveau-né était voué, à son corps défendant, d’entrer curieusement dans la vie, ne sachant pas encore qu’il allait utiliser l’identité de son frère.

Pourquoi faire plusieurs papiers puisque l’un en est déjà pourvu ; ces déclarations trop formelles sont des affaires de blancs !!

Lors de l’entrée en sixième, on lui avait demandé une pièce d’identité et un certificat de naissance ; il avait fourni, sans le savoir, celui de son grand frère qui portait le même prénom que lui. Pour les examens scolaires, il avait également trouvé naturel de faire de même.

Jusqu’au jour où, pour trouver un emploi, il avait fallu encore redonner les papiers sans oublier qu’il avait officiellement trois années de plus que la réalité ; un engrenage où le mensonge permanent est forcément la règle.

Ils ont les mêmes parents, le même âge sans être des jumeaux…

Mais soyons réalistes, même quand la personne concernée comprend parfaitement la situation et sait pertinemment que ces cas sont légion en Afrique, que peut-il faire ? Un jugement supplétif qui lui donne lieu d’acte de naissance et qui rectifie cette anomalie, mais qui l’embarrasse vis-à-vis de tous ceux qui le croyaient plus vieux !

Naturellement cette anomalie est versatile et peut être inversée ; une personne peut se retrouver avec les papiers de son petit frère et brusquement rajeunir de quelques années !

C’est ainsi que bon nombre de joueurs de football sont soupçonnés, souvent à juste titre, de ne pas avoir l’âge mentionné sur leurs papiers.

Il arrive fréquemment que la famille rackette celui qui utilise les papiers d’un autre et le menace de tout divulguer s’il n’accepte pas de partager le salaire…

Quand José Mourinho critiquait Samuel Eot'o pour son âge

Quand Samuel Eto'o répond à José Mourinho avec un but pour son âgeBien sûr un Européen qui lit ces quelques lignes pensera que l’Afrique restera toujours l’Afrique et que le désordre fera toujours partie intégrante des habitudes du continent. En réalité, les conditions de vie, au quotidien, selon qu’on se trouve aux fins fonds de la brousse ou au cœur de la capitale sont incroyablement différentes et laissent de vastes possibilités pour trouver des raccourcis qui permettent de faciliter la vie déjà extrêmement rude de beaucoup trop de nos amis africains des campagnes.

Pour la petite histoire, José Mourinho avait soupçonné Samuel Eto'o d'être beaucoup plus vieux que l'âge marqué sur ses papiers. Le Happy One qu'adorent beaucoup d'Africains, on l'espère, a peut-être depuis compris que le plus important est ce que fait un joueur sur le terrain, pas son âge. En réalité, si des examens poussés étaient menés sur l'ensemble des joueurs africains qui évoluent en Europe, Mou serait surpris du nombre d'entre eux qui ne jouent pas avec leurs vrais âges, ce qui n'en fait pas moins de très bons joueurs dont raffolent les clubs du vieux Continent.

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