Ces pratiques religieuses, un danger pour l'Afrique

Combien sont-ils, pasteurs, prêcheurs, apôtres, bergers, ouailles, curés, prédicateurs et autres titres aussi illusoires que péremptoires, capables de réciter par cœur les numéros de chapitres, versets, sourates pour mieux ponctuer leur bonne parole ? Une quantité industrielle d’hommes de Dieu (ils adorent cette appellation) qui croient plus ou moins à ce qu’ils distillent, mais qui, pour le plus grand nombre, en vivent très bien.

Ces dangereuses pratiques religieuses autorisées par les dirigeants en Afrique

Dans ces quartiers populaires, où vivent des petites gens à la vie misérable, vivant parfois dans des baraques de fortune, les « églises » pullulent affichant des noms que seuls les Africains peuvent inventer « Évangile profond – buisson ardent – église rachetée de Dieu » les appellations ont en commun de délivrer une forme de mysticisme qui plait beaucoup. En un mot : moins on comprend et mieux c’est.

Ainsi des milliers de pasteurs, plus ou moins escrocs, s’affairent pour capter leurs clientèles respectives qui viennent docilement chaque semaine pour s’entendre débiter des généralités sans consistance, dans des endroits souvent curieux : baraque en planches, garage désaffecté ou maison d’habitation transformée pour la circonstance … À l’issue, tous viennent pour « acheter » un peu d’espoir. Certains fidèles prient depuis des décennies, demandent secrètement les mêmes choses, débitent en continu les mêmes textes à l’adresse de leur Dieu, mais rien ne vient … donc on y retourne, on continue d’apporter son obole et on continue d’espérer.

Les jeunes prient pour leurs BEPC, BAC ou BTS ; d’autres demandent que la jeune fille de la cour d’à côté, ait une attention particulière pour créer l’occasion de pouvoir déclarer sa flamme ; un employé prie pour qu’un poste de meilleur rendement se libère ; beaucoup prient pour la guérison de leurs proches, dont beaucoup mourront quand même, mais ils se consoleront en disant que c’était la volonté divine. Dans certains cas, quand le fétichisme fait incursion dans la religion, on n’hésite pas à croire en vrac et à procéder à des sacrifices de coqs (avec couleur imposée) ou de moutons, bœufs ou autres pour garantir le bon aboutissement des prédictions.

Donc un fatras de croyances, toutes plus originales les unes que les autres, baignant dans une immense détresse morale récupérée par des bonimenteurs et faiseurs de miracles aussi nombreux qu’intrépides. On est loin de la morale religieuse, au sens noble, que pratiquent certains adeptes de la spiritualité.

Comment sur des radios nationales autorise-t-on des publicités à caractère religieux qui disent en substance « venez nombreux à l’office qui se tiendra à ….. Nous commencerons à 8h00 par une séance de recueillement et prières, puis un office religieux et nous terminerons à midi par une séance de miracles.» Les petites gens se précipitent et attendent le meilleur qui se déroule en fin de programme : les fameux miracles ; l’officiant, qui est en liaison directe avec Dieu, est censé disposer de pouvoirs surnaturels et pratique une gestuelle sans équivoque ; ses complices et disciples s’activent pour rendre le spectacle plus beau ; les délivrances d’un diable imaginaire habitant des corps qui crient famine se font à la chaine ; les sourds réentendent sur le champ ; les malades guérissent de leurs maux corporels ; tous chantent les louanges du représentant de Dieu sur terre et applaudissent à tout rompre. Les quêtes se succèdent permettant de cumuler des sommes rondelettes qui assureront le confort du Dieu vivant durant la semaine.

L'escroquerie au nom de Dieu

Certains de ces magiciens divins offrent des pratiques complémentaires originales et surtout plaisantes pour eux. Ils demandent à leurs fidèles féminines des sacrifices et offrandes corporels qui vont les libérer d’oppressions qui leur pourrissent la vie ; pour ce faire, des pratiques aussi mystiques que sexuelles permettront un effet immédiat, mais non contrôlable.

Avec ces pratiques religieuses, d’autres demanderont à leurs fidèles de démontrer leurs esprits fraternels en copulant joyeusement les uns les autres. Quand on aime, on ne compte pas !

Bien sûr, au milieu de ces pratiques folkloriques, notons que les églises traditionnelles et plus sérieuses restent dans une réserve plus appropriée et préfèrent ne pas savoir ce qui se pratique au nom de la religion. On évite la concurrence déloyale et on reste prudent.

Ainsi va la vie religieuse en Afrique et ne semble pas prête de limiter les excentricités sans que ça ne puisse émouvoir les dirigeants politiques qui laissent les fidèles se rendre à l’abattoir moral et qui sont souvent eux-mêmes sous la domination mystique de directeurs de conscience dont l’intérêt est plus affirmé par les masses d’argent en circulation que par la justesse de leurs prédictions. Certains anciens musiciens ont même tronqué Jeans, baggy, baskets, casquettes… contre la bible, un pari plus que réussi puisqu'ils découvriront grâce à leur clairvoyance le délice de circuler en Ferrari… Et pour ne céder aucune parcelle à la honte, ils répondront "Qui travail a l'hôtel, mange a l'hôtel", oubliant volontairement que la boulimie est déconseillée par Dieu.

Il est vrai que croire en quelque chose rend l'homme meilleur. Le fait de se sentir surveillé par le Très-Haut modère en chacun la propension à faire du mal aux autres. Cela encourage même à accepter les couts que l'on peut prend sans besoin de les rendre, une façon de tendre l'autre joue lorsqu'on a déjà reçu une bonne vieille claque sur l'autre... Cela a de positif la réduction de la violence et autres cruautés dans ce monde de brutes. À l'origine, croire permet de se sentir fort, de ne jamais se sentir seul dans les moments difficiles, cela aide à surmonter des problèmes en relativisant leurs importances. Le message est aujourd'hui détourné par ceux qui miroitent un définitif bonheur imminent aux fidèles. Un miracle va vous faire trouver du travail que vous n'avez pas cherché, vous faire nommer à un poste dont vous n'avez pas les compétences ou encore vous guérir d'une maladie pour laquelle vous n'avez consulté aucun spécialiste... comme si les nombreuses personnes mortes précédemment proclamées guéries par ces petits pasteurs « intéressés » n'avaient jamais existé. Les vrais miracles existent, mais ne se commandent pas par l'homme. Ils le disent d'ailleurs, c'est Dieu qui décide, celui-là même qui est omniprésent, omniscient qui n'a point besoin de vous trouver dans une église de fortune pour tout savoir de vous avant de faire le nécessaire.

S’il est vrai que la pauvreté est un élément catalyseur de la croyance tous azimuts, il n’en reste pas moins qu’une foule d'escrocs, à la moralité forcément douteuse, encadre les plus vulnérables pour accentuer les croyances illusoires et mieux les détrousser.

Ainsi vont les multiples et folkloriques religions sous les tropiques.

Le parlement exige le départ du Premier ministre Tshibala

Le parlement exige le départ du Premier ministre Tshibala

11:48

Le Premier ministre de la République démocratique du Congo, Bruno Tshibala est sur la sellette. […]

11:32
Sommet UA-UE, Claudy Siar et Kémy Seba en trouble-fête?

Sommet UA-UE, Claudy Siar et Kémy Seba en trouble-fête?

Que de tensions autour du prochain Sommet UA-UE qui se tiendra à Abidjan les 29 et 30 mai […]

11:29
500 migrants clandestins sauvés par une opération d’ Interpol

500 migrants clandestins sauvés par une opération d’ Interpol

L’Organisation internationale de la police criminelle, Interpol a annoncé jeudi avoir sauvé […]

09:53
Bouaké, la ville qui échappe au contrôle de la République ?

Bouaké, la ville qui échappe au contrôle de la République ?

Bouaké est désormais devenu l'épicentre de toutes les contestations en Côte d'Ivoire. L'ancien […]

08:49
Cinq partis politiques reçoivent 500 millions de l’État pour leurs activités

Cinq partis politiques reçoivent 500 millions de l’État pour leurs activités

Cinq partis politiques ont reçu jeudi une subvention d’environ 500 millions FCFA du gouvernement […]

+