Côte d'Ivoire : Ouattara pense à sa retraite politique, mais dans quelle condition ?

Alassane Ouattara a décidé de se retirer de la vie politique au terme de son second quinquennat. Mais bien avant, une nouvelle Constitution semble être le nouveau cheval de bataille du chef de l'État ivoirien. Mais cette rentrée dans la troisième République se heurte à certaines contestations, apprend-on de Jeune Afrique.

Alassane Ouattara tient à sa "troisième République"...

Alassane Ouattara veut imprimer sa marque à la Côte d'Ivoire avant de s'accorder une retraite dorée. À cet effet, le chef de l'Etat ivoirien a amorcé un ensemble de réformes afin de « moderniser la loi fondamentale ». Ainsi, dans l'antichambre de la présidence, ses plus proches collaborateurs sont à pied d'oeuvre pour sortir le texte fondamental qui sied. L'un de ces responsables a tenté d'ironiser sur la question : « Personne n’est en mesure de dire à quoi ressemble ce texte ni comment l’appeler : avant-projet ? avant-avant-projet ? Brouillon numéro un, numéro deux ? » C'est dire que les tractations pour la rentrée dans une troisième République ne sont nullement aisées pour l'actuel Exécutif.

De sources bien introduites, cette nouvelle Constitution prévoit de changer les conditions d'éligibilité à la présidence de la République. « Être Ivoirien d’origine, né de père ou de mère eux-mêmes Ivoiriens d’origine », telle sera la nouvelle formulation. De même, l'institution d'une vice-présidence, d'un Sénat, l'égalité des droits entres hommes et femmes... sont entre autres, les nouvelles dispositions qui semblent faire l'unanimité. Toutefois, la réduction de l'âge, le cumul des fonctions de président de la République et de chef de parti politique demeurent les pierres d'achoppement.

... Mais des voix s'y opposent de plus en plus

Certains antagonismes viennent également battre en brèche ce projet cher au président ivoirien. Tout d'abord les députés issus du PDCI (parti allié du RHDP) qui ont subordonné le vote de la loi organique à la présentation du texte intégral de la Constitution. Ils entendent, comme l'avoue un parlementaire PDCI, « négocier ardemment les points cruciaux pour préserver les intérêts du parti ». Quant à Aboudramane Sangaré et Affi N'guessan, les deux tendances du FPI, ils réclament la transparence du processus et surtout la contribution du peuple ivoirien.

Quoi qu'il en soit, le comité d'experts dirigé par Ouraga Obou continue de faire ses réglages, en toute discrétion. À en croire l'un de ces experts : « Les réunions sont moins passionnées qu’en 2000, mais elles sont très sérieuses, car le sujet tient en haleine la nation tout entière. »