L'Union africaine en quête de son indépendance financière

Par Gary SLM
Publié le 18 juillet 2016 à 12:42 | mis à jour le 18 juillet 2016 à 12:42

L'Union africaine voudrait s'affranchir du joug occidental. C'est du moins ce qui ressort du 27e sommet de l'UA à Kigali où un plan d'autofinancement a été adopté. Les chefs d'État sont convenus d'une taxe sur les importations afin de financer les activités de l'Union, apprend-on de RFI.

Union africaine, une taxe sur les importations pour s'autofinancer

L'Union africaine (UA) est en passe de rétablir sa dignité et son autonomie vis-à-vis de l'extérieur. Financée à près de 73% par l'Union européenne, les États-Unis, la Banque mondiale et la Chine, cette organisation panafricaine lutte désormais pour son indépendance financière. À cet effet, les chefs d'État africains ont décidé d'appliquer une taxe de 2% sur les importations des pays membres. Pour cette taxe qui pourrait s'élever à 1,1 milliard d'euros par an, les produits de première nécessité sont exemptés. Ainsi, Nkosazana Dlamini-Zuma, présidente de la commission de l'UA, peut se réjouir de cette décision historique : « C'est un bond en avant sans précédent pour l'autonomie et la dignité africaine. »

La main qui donne est celle qui ordonne. Les Africains en sont conscients et l'ont expérimenté, maintes fois, à leurs dépens. Les couloirs des sommets de l'UA ont régulièrement été bondés d'Occidentaux et d'Asiatiques qui voudraient certainement influencer des décisions. L'intervention de l'armée française en Côte d'Ivoire pendant la crise postélectorale et la guerre contre Muhammar Kadaffi en Libye dans un silence assourdissant de l'Union africaine sont restées au travers de la gorge de l'Afrique digne. C'est dans l'optique de mettre fin à cette impuissance que les Africains ont décidé de prendre leur destin en main. Et le signal fort de cette indépendance est la présence remarquée d'Omar El Béchir à Kigali. De même, le Maroc qui s'était retiré à cause du problème du Sahara occidental a réintégré l'Union.


Le budget de l'exercice 2016-2017 s'élève à 707 millions d'euros. Et les 54 pays africains ne voudraient désormais compter que sur eux-mêmes pour se financer. Mais entre l'intention et la faisabilité, l'écart est souvent très criant.