La grogne sociale contre la hausse des factures d'électricité, commencée en début de semaine, s'intensifie de plus en plus. À l'instar de certaines agglomérations de la Côte d'Ivoire, les manifestations ont pris une autre tournure à Bouaké. Au-delà des locaux de la CIE-SODECI, la foule en colère s'en est pris à des banques et autres édifices publics. Des tirs nourris continuent de se faire entendre à travers la ville.
La grogne sociale aboutit à la mise à sac de Bouaké
La grogne sociale continue de se répandre à travers toute la Côte d'Ivoire. Après Yamoussoukro, Daloa, Tiassalé, Ferkessédougou, Korhogo, voilà que Bouaké rentre dans la danse, et de façon très tonitruante. Plusieurs milliers de manifestants ont pris d'assaut, dès la mi-journée, les agences de la Compagnie Ivoirienne d'Electricité (CIE) et de la Société de distribution d’eau de Côte d’Ivoire (SODECI). Après s'être introduits par effraction dans les locaux, ils ont littéralement pillé les lieux. Du matériel informatique, des câbles, du matériel de bureau, des véhicules... les pillards n'en ont épargné aucun. Ils y ont également mis le feu avant de prendre d'assaut tout le centre-ville.
La capitale du centre-nord de la Côte d'Ivoire a donc fait les frais de ces mécontents. La banque NSIA, la résidence du maire, la préfecture, pour ne citer que ceux-là, ont toutes reçu des visites indélicates. Impuissantes, les forces de l'ordre, par des tirs de sommation, ont tenté de reprendre le contrôle de la situation. On dénombre pour l'instant un mort et plusieurs blessés par balles.
Pour une simple protestation contre les factures élevées, voilà que les habitants de l'ancien fief de la rébellion ivoirienne se sont adonnés à des actes de vandalisme. À en croire des sources sur place, certains démobilisés se sont mêlés à cette vague de manifestants. La tension est encore très vive à Bouaké. Espérons que le soufflet puisse rapidement tomber pour éviter que les anciens démons se réveillent. Les autorités gagneraient à prendre rapidement les mesures qui s'imposent afin d'éviter que la grogne sociale prenne l'ensemble du territoire.









