Côte d'Ivoire : Emploi des jeunes RJR, Adama Bictogo confirme la discrimination au sommet de l'Etat !

Par Gary SLM
Publié le 05 août 2016 à 20:23 | mis à jour le 05 août 2016 à 20:23

Adama Bictogo vient de tenir un discours qui confirme la politique discriminatoire des actuelles autorités vis-à-vis des autres ivoiriens. Le controversé ancien ministre de l’Intégration africaine demande à ses collègues restés en poste ainsi qu’aux dirigeants de grandes entreprises d'embaucher des jeunes du RDR. Ce répugnant discours s’est tenu sous le regard approbateur de M. Sidi Touré, ministre de la Promotion de la Jeunesse, de l'Emploi des Jeunes et du Service civique.

Adama Bictogo impose un quota aux ministres et DG.

Adama Bictogo s'est illustré d'une curieuse façon hier, au siège du Rassemblement des Républicains (RDR). En effet, face aux plaintes des jeunes républicains en manque d'emploi, l'ex-ministre de l’Intégration africaine s'est voulu formel : « Le RJR est confronté à un certain nombre de difficultés parce que beaucoup parmi les membres du bureau exécutif national n'ont pas d'emploi. » Comme solution à cette situation « inacceptable », le patron de Snedai a lancé : « Il faut que les DG permettent aux jeunes d'avoir un emploi. » Il a rajouté : « C'est au parti (RDR, Ndlr) d'exiger que chaque ministre et DG issus de nos rangs fasse sa part. Nous devons pouvoir exiger en interne un quota de recrutement à chacun des responsables... »

Le bras droit d'Alassane Ouattara dit avoir « des problèmes avec les jeunes » de son parti. Pour ce faire, il entend les insérer massivement dans des emplois arrangés par les autorités ivoiriennes. Après le rattrapage ethnique qui fait déjà des vagues en Côte d'Ivoire, voilà des propos qui vont convaincre les plus septiques.

Adama Bictogo, c'est cet homme qui a prospéré dans les affaires en Côte d'Ivoire et dans la région ouest-africaine grâce à des dérives affaira-politiques, le tout sous la protection de M. Alassane Ouattara. Pour rappel, il avait été viré du gouvernement ivoirien le mardi 22 mai 2012 pour son implication supposée dans le détournement d'une partie des indemnités des victimes du "Probo Koala". C'est l'affaire du navire affrété par la multinationale Trafigura qui, en août 2006, avait déversé des déchets toxiques en plein cœur d'Abidjan, dans le quartier de Djibi et qui a fait plus de 100 000 victimes. Depuis son éviction de son poste ministériel, aucune décision de justice le concernant n'a été rendue.

La proposition anticonstitutionnelle de Bictogo

Une fois l'impunité ainsi expérimentée, l'homme se croit au-dessus de tout. Il se permet de violer le "CHAPITRE I : DES LIBERTÉS ET DES DROITS" de la constitution ivoirienne dans son Article 7, 10 et 17, le tout en seulement un discours, sans qu'aucune réaction contradictoire ne vienne des autres dirigeants du pays ni du RDR lui-même. Comment un responsable de parti politique, qui de surcroit a été ministre, peut-il se permettre d'inciter ses amis restés au gouvernement à pratiquer à fond l'exclusionnisme ?

En voulant contenter ses partisans, le secrétaire général adjoint chargé des questions et mouvements politiques a commis un impair. Son appel lancé à l'endroit des ministres et autres directeurs généraux est totalement illégal et anticonstitutionnel. En effet,l'Article 7 de la Constitution ivoirienne stipule : « (...) L'État assure à tous les citoyens l'égal accès à la santé, à l'éducation, à la culture, à l'information, à la formation professionnelle et à l'emploi. (...) » L'article 17 de la même charte dit "...L'accès aux emplois publics ou privés est égal pour tous. Est prohibée toute discrimination dans l'accès ou l'exercice des emplois, fondée sur le sexe, les opinions politiques, religieuses ou philosophiques." D'où sort-il qu'Adama Bictogo veuille utiliser l'appareil étatique pour promouvoir les jeunes du RDR, l'actuel partir au pouvoir ?

Le vrai visage de l'émergence, selon Adama Bictogo

Sinon l'article 13 dit aussi ceci : "Les Partis et Groupements politiques se forment et exercent leurs activités librement sous la condition de respecter les lois de la République (ce que ne fait pas Bictogo, Ndlr), les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie. Ils sont égaux en droits et soumis aux mêmes obligations. Sont interdits les Partis ou Groupements politiques créés sur des bases régionales, confessionnelles, tribales, ethniques ou raciales." Qu'est-ce qui permet à l'ancien ministre de Ouattara de croire que le RDR et ses jeunes ont plus le droit à l'emploi que les autres ivoiriens ?

Pour qui se souvient de la crise en Côte d'Ivoire, le RDR et ses alliés rebelles avaient pris les armes pour combattre ce qu'ils appelaient l'exclusion, le tribalisme et la xénophobie du pouvoir Laurent Gbagbo. A bien comparer les deux pouvoirs "Refondation" et "Républicains", un est largement plus édulcoré que l'autre, et ce n'est malheureusement pas "La Solution" qui portait pourtant l'espoir d'un souffle nouveau.

Le patron de Snedai, la société en charge de l'établissement des Passeports, Visa, E-Visa ivoiriens et plusieurs autres marchés de grandes entreprises du pays, a gaffé. La jeunesse ivoirienne ne se résumant pas à celle de son parti, il doit retirer son appel d'un autre âge à ses collègues restés au gouvernement.

Une explication de plus en plus claire de l' "émergence".



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