Mali : Pour ses relations avec la France, IBK renie Adama Traoré

Par Gary SLM
Publié le 11 août 2016 à 20:43 | mis à jour le 11 août 2016 à 20:43

IBK a opposé une fin de non-recevoir à la famille de feu Adama Traoré qui demandait son soutien. Suivant un communiqué, le gouvernement malien a justifié cette position par le fait que le défunt n'est nullement un compatriote. Mais à y voir de près, cette volte-face du président malien pourrait avoir ses raisons ailleurs. La mort qualifiée de «bavure» de ce jeune homme a créé des violences en France.

IBK se lave les mains dans l'affaire Adama Traoré

Ibrahim Boubacar Kéita (IBK) ne voudrait nullement avoir des brouilles diplomatiques avec l'Hexagone, surtout pas maintenant. C'est du moins ce qui transparait dans le communiqué produit par son gouvernement, ce mercredi : « À la date d’aujourd’hui, 10 août 2016, aucun document officiel n’atteste qu'Adama Traoré, décédé 19 juillet 2016 en France, est de nationalité malienne. » Avant de préciser : « Tous les documents de feu Adama Traoré prouvent qu’il est Français, même si sa mère est détentrice d’un passeport malien périmé. » Cette réaction gouvernementale fait suite à la sollicitation d'Assa Traoré, la soeur du défunt, qui le suppliait : « Il s’agit d’un Malien. Le président Keïta doit nous soutenir. »

Et pourtant, le chef de l'État ne l'entend pas de cette oreille. Préoccupé qu'il est à combattre les groupes armés du Nord-Mali, avec à ses côtés, l'armée française à travers l'opération Barkhane. En effet, le Mali est en ce moment empêtré dans une guerre contre des terroristes. Et c'est la France qui est intervenue, dès janvier 2013, pour freiner la marche de ces groupes jihadistes sur Bamako. De même, face aux attaques incessantes de ces groupes armés, le président Kéita est allé solliciter le soutien de François Hollande.


Bamako n'a donc aucun intérêt, à l'heure actuelle, à avoir des relations tumultueuses avec Paris. La mort de ce jeune de 24 ans ayant créé des émeutes à Beaumont-sur-Oise et dans les communes environnantes. Le reniement des autorités maliennes pourrait, en partie, s'expliquer à ce niveau. Elles qui n'ont nullement empêché que le corps du défunt soit rapatrié et enterré au Mali, le 7 août dernier.



Facebook
Twitter
email
Whatsapp