RDC : Les familles du personnel diplomatique américain plient bagages. Les raisons...

Les familles du personnel diplomatique américain vivant en RDC quittent le pays depuis ce 29 septembre. Cette mesure prise par le département d'État tient de l'insécurité née des violentes manifestations de Kinshasa. De même, les risques de troubles seraient encore perceptibles dans la capitale congolaise.

Les familles du personnel diplomatique américain à couvert

Le département d'État américain a décidé de mettre les familles du personnel diplomatique américain en lieu sûr. Eu égard aux violences qui ont émaillé des manifestations de l'opposition les 19 et 20 septembre derniers. Le secrétaire d'État américain John Kerry justifie cette décision par « le risque élevé de troubles civils à Kinshasa et dans d’autres grandes villes » de la République démocratique du Congo (RDC). Ainsi, cette importante décision a pris effet depuis hier et se poursuit jusqu'à l'évacuation totale de toutes les personnes concernées.

Officiellement, Washington parle d'une simple « mesure de sécurité ». Mais à y voir de près, il pourrait y avoir anguille sous roche. Car le 28 septembre dernier, l'administration américaine a frappé de sanctions financières les généraux Gabriel Amisi Kumba et John Numbi, respectivement commandant de la première zone de défense de l’armée congolaise et ancien chef de la police nationale congolaise. Il leur est reproché de « saper le processus démocratique en RDC et d'avoir réprimé les libertés et droits politiques. » De même, John Smith, directeur de l'agence du Trésor évoque une probable instabilité en RDC et dans la sous-région. Pour Jean-Marc Ayrault, ministre français des Affaires étrangères, le pays se trouve « au bord de la guerre civile ».

Mais pour le gouvernement congolais, toutes ces manoeuvres mettraient à nu les ingérences étrangères en RD Congo. Aussi, Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais a réagi en ces termes : « Nous ne sommes ni le Soudan du Sud ni La Libye. Avec Lumumba, nous avons déjà payé le prix de l’ingérence. Il y a quelque chose qui se trame contre ce pays. » L'ambition affichée du président Joseph Kabila de briguer un troisième mandat pourrit visiblement l'atmosphère dans ce vaste pays de la région des Grands Lacs.