Côte d'Ivoire : les dessous des échauffourées meurtrières de Katiola

Par Gary SLM
Publié le 04 octobre 2016 à 11:30 | mis à jour le 04 octobre 2016 à 11:30

Des échauffourées ont éclaté entre population civile et forces de l'ordre à Katiola, ce lundi 3 octobre. Les violences particulières qui ont émaillé la journée d'hier dans cette ville du centre-nord ivoirien appellent à en étudier les causes.

Les échauffourées de Katiola, quelle implication ?

La ville de Katiola était survoltée, ce lundi, du fait des échauffourées sanglantes entre forces de l'ordre et population. À en croire des témoignages recueillis çà et là, c'est la mort d'un ancien détenu qui a mis le feu aux poudres. Ainsi, le commissaire de police Laga Jean Jacques donne sa version des faits : « À sa sortie de prison, Yaya Sokoba est revenu au commissariat pour réclamer la somme de dix-millions de francs CFA (15.000 euros) à la police. J’ai donc compris qu’il n’était pas normal. Le même jour, dans la soirée, il a tenté d’incendier un véhicule de police. » Avant d'ajouter : « Le samedi 1er octobre, il a essayé d’assommer un policier. Vu qu’il devenait dangereux, j’ai donc dit qu’il fallait l’arrêter. Maintenant, je ne sais pas ce qui c’est passé ce matin pour aboutir à sa mort. »

Faux, rétorque Oumar Sokoba, frère du défunt. Pour lui, la police aurait abattu son frère « sans raison apparente ». Aussi, la population a lancé une véritable vendetta contre gendarmes et policiers de la localité. Exprimant toute sa ire, Drissa Coulibaly, l'un des manifestants a martelé : « Ils vont voir ce qu’ils vont voir. » La ville de Katiola était, ce lundi, le théâtre d'une chasse à l'homme et d'une violence outrancière. Un mort, un policier disparu, un enfant amputé du doigt et quatre gendarmes blessés, tel est le bilan provisoire de ces affrontements.

Au-delà des versions données par les protagonistes, cette affaire demeure tout de même curieuse. Qu'est-ce qui a bien pu se passer pour qu'un ex-détenu s'en prenne à des policiers après sa libération ? Y avait-il effectivement un contentieux financier entre lui et un policier ? Et si les dix millions évoqués par le commissaire étaient effectivement détenus par un ripou ? Toutes ces interrogations laissent entrevoir qu'il y aurait anguille sous roche.



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