Burkina : Affaire Sankara, Me Sankara saisit la justice française

Me Bénéwendé Sankara a saisi la justice française par une commission rogatoire aux fins d'interroger des personnalités françaises. À en croire l'avocat, la France aurait joué un rôle déterminant dans l'assassinat du capitaine. Il convient donc de lever le secret défense en France afin d'élucider cette allégation.

Me Bénéwendé Sankara s'attaque à la France

Me Bénéwendé Stanislas Sankara semble déterminé à faire éclater la vérité dans l'assassinat du capitaine Thomas Sankara. Pour ce faire, ce membre du collectif d'avocats de la famille de l'ancien révolutionnaire vient de réaliser un coup d'éclat. Ainsi qu'il l'explique lui-même : « Une commission rogatoire a saisi la justice française pour l'audition d'un certain nombre de personnes. » Car, poursuit-il : « Le juge burkinabè a des pistes, des indices, parce qu'à un moment donné, il y a des informations qui circulaient disant que la France serait impliquée. »

Taxé au Faso d'avocat des causes perdues, l'actuel premier vice-président du Parlement ne démord toujours pas. Il entend démasquer toutes les mains occultes qui auraient participé au massacre de celui qu'il considère comme son leader. À cet effet, il se félicite d'ores et déjà de « l'avancée significative » enregistrée dans le dossier. Car, après l'audition de plus de cent témoins, quatorze personnes, dont le général Gilbert Diendéré, ont déjà été inculpées. Quant au cas spécifique du président déchu, Blaise Compaoré, dont le régime avait mis le dossier aux oubliettes, Me Sankara ne démord pas : « Le mandat d'arrêt lancé contre lui n'a jamais été annulé. »

Notons que le 15 octobre 1987, le père de la révolution burkinabè a été abattu avec douze de ses compagnons au siège du Conseil de l'entente. Mais le régime Compaoré indiquait que le capitaine serait mort de mort naturelle. Aussi, le rapport d’autopsie du corps présumé de Thomas Sankara et le rapport sur le test d'ADN n'ont pour l'instant pas donné les résultats escomptés.