Après le Burundi, l'Afrique du Sud quitte la CPI et le statut de Rome

L'Afrique du Sud vient d'emboiter le pas au Burundi en se retirant de la Cour pénale internationale (CPI). Sans une ratification du Parlement, les autorités de la Nation arc-en-ciel ont notifié leur décision de retrait aux Nations Unies. Est-ce le signe annonciateur d'un effet domino en Afrique ?

Quand l'Afrique du Sud met sa menace à exécution

Le retrait de l'Afrique du Sud du Statut de Rome était sérieusement envisagé par les autorités sud-africaines. Surtout après l'arrestation manquée d'Omar El-Béchir à Johannesburg en juin 2015 à la fin d'une réunion de l'Union africaine. Maite Nkoana-Mashabane, la ministre des Relations internationales explique le bien-fondé de la décision : « Pretoria estime que ses obligations au regard de la résolution pacifique des conflits étaient parfois incompatibles avec l’interprétation donnée par la CPI. » Tel est le contenu du courrier de notification adressé aux Nations Unies pour justifier le retrait sud-africain. Mais des opposants s'insurgent contre ce retrait car le Parlement n'a pas été avisé préalablement. Toutefois, le gouvernement s'engage à entériner la décision ultérieurement par un vote des parlementaires. Néanmoins, ce retrait prendra effet dans un an à compter de la notification à l'ONU.

Ce retrait s'annonce donc comme la mise en oeuvre d'une menace proférée par Obed Bapela, ministre adjoint des Affaires traditionnelles : « L’ANC se réserve le droit de présenter ces réformes et si elles ne sont pas acceptées nous n’aurons pas d’autre choix que de reconsidérer notre adhésion à la CPI. » Cette menace fait suite à l'attitude controversée d'un juge sud-africain muni d'un mandat d'arrêt de la CPI contre El-Béchir. Ce magistrat a même interdit le président soudanais de quitter le territoire sud-africain. Mais Jacob Zuma avait évité de justesse un incident diplomatique avec Khartoum en raccompagnant sereinement son hôte.

Bujumbura et Pretoria viennent ainsi de donner un signal fort au reste des pays africains qui hésitent à franchir le pas. En dépit des multiples récriminations contre cette justice internationale, d'aucuns s'obstinent à vanter ses mérites. Et pourtant, la quasi-totalité des poursuites vise les dirigeants africains. Alors que d'autres pays commettent de pires atrocités de par le monde sans être inquiétés par la procureure Fatou Bensouda. C'est à croire que la Cour pénale internationale est un instrument des Occidentaux pour soumettre les leaders africains indociles.

Hormis le Kénya de Uhuru Kényatta qui s'annonce déjà, qui sera le prochain sur la liste à franchir le Rubicond ?