RCA : La Minusca indésirable à Bangui, une journée ville morte décrétée

Par Gary SLM
Publié le 24 octobre 2016 à 11:27 | mis à jour le 24 octobre 2016 à 11:27

La société civile centrafricaine a retiré toute sa confiance en la Minusca dans sa capacité à ramener la paix en RCA. Pour ce faire, Gervais Lakosso et ses camarades ont appelé à une journée ville morte, ce lundi 24 octobre. Ils entendent réclamer le départ de la mission onusienne, ce à quoi le gouvernement tente de s'opposer.

La Minusca divise pouvoir et contre-pouvoir en RCA

La Mission multidimensionnelle intégrée de Stabilisation des Nations Unies en Centrafrique (Minusca) est actuellement dans une mauvaise passe. En effet, les derniers affrontements meurtriers qui ont secoué la RCA ces derniers temps commencent à agacer la population. Ainsi, Gervais Lakosso, l'un des leaders de la société civile centrafricaine justifie-t-il son appel à la journée de ville morte : « Les Casques bleus ont doublement failli à leur mission. Ils sont là pour protéger les populations civiles et pour réduire la présence des groupes armés. Or des civils sont tués chaque jour devant eux et l'on assiste à une montée en puissance des groupes armés. » Aussi, une pétition en circulation demandant le retrait de la Minusca a déjà recueilli plus de 30.000 signatures en 72heures.

Informé de ces tractations, le gouvernement est aussitôt monté au créneau pour exprimer toute sa désapprobation vis-à-vis de ce projet. Pour Théodore Jousso, porte-parole du gouvernement, ces manifestations auraient des desseins inavoués. Car il continue de s'interroger sur le bien-fondé de cette journée ville morte. « Il y a lieu de s'interroger sur les motivations qui tournent à soutenir l'organisation de cette ville morte. » Puis il ajoute : « Ville morte pour quoi ? Ville morte pour qui ? » Ainsi, appelle-t-il ses compatriotes à ne pas suivre ce mot d'ordre lancé par la société civile.

Quoi qu'il en soit, l'insécurité qui règne actuellement en Centrafrique est perceptible par tous. Les milices ex-Séléka et ex-anti-Balaka se regardent toujours en chien de faïence et les risques d'affrontement intercommunautaires demeurent. Les affrontements à Bambari et à Kaga-Bandoro achèvent de convaincre que beaucoup restent à faire. Il conviendrait donc au président Faustin-Archange Touadera d'écouter les récriminations de ses concitoyens pour mieux concilier les positions.