Côte d'Ivoire : Me Dadjé "trimballe" Soro, Ouattara et consorts en justice

Par Gary SLM
Publié le 09 novembre 2016 à 10:30 | mis à jour le 09 novembre 2016 à 10:30

Après plusieurs incidents, Me Rodrigue Dadjé vient de réussir le coup de faire témoigner des barons du régime en Assises. Un calendrier consensuel vient d'être arrêté pour que Guillaume Soro, Obiénéré Ouattara, Mangou etc. déposent en tant qu'acteurs des faits.

Me Rodrigue Dadjé gagne une partie au procès de Mme Gbagbo

Le quiproquo qui s'était déclenché au procès de Simone Gbagbo en Assises est en passe de connaitre un dénouement heureux. En effet, Me Rodrigue Dadjé, l'un des avocats de la défense, avait appelé à la barre comme témoins, de hauts responsables du régime Ouattara, à savoir Guillaume Soro, Brindou M’Bia, Ouattara Obiénéré, Kouadio Ahoussou Jeannot, Diby Charles, Mangou Philippe et le général Kassaraté Tiapé Édouard. Ainsi qu'il s'explique : « Nous n’avons rien contre ces personnes. Elles ont eu à faire des témoignages, elles ont eu à faire des expertises. Nous leur demandons simplement de venir expliquer ce qu’elles ont eu à dire et à faire dans le cadre de l’instruction. Nous n’avons rien de personnel contre qui que ce soit, nous recherchons juste la vérité. Qu’elles viennent nous éclairer. »

Voilà que sa requête vient de trouver un écho favorable auprès de Boiqui Kouadjo, président de la cour d’assises. Après plusieurs discussions, un calendrier consensuel vient d'être adopté par la Cour, le parquet, la partie civile et la Défense. Selon ce calendrier, certains experts dont les Professeurs Anongba Simplice et Yapo Etté Hélène viendront déposer en premier. Ensuite, les Professeurs Bah Zézé, Kouassi Beugré, Meleidje Pierre, Aké Jean-Baptiste et Beugré Pierrette comparaîtront à leur tour le 10 novembre. Puis, dès le 16 novembre, ce sera enfin le tour des cadres de l'actuel pouvoir susmentionnés qui viendront au prétoire.


Le juge président confirme à demi-mot cet ordre de passage : « La cour est toujours disposée que cette audience se passe dans un esprit apaisé. Ce matin, la Défense nous a fait des propositions pour que cela se passe. La cour, mue par un souci de faire de bonnes assises, a acquiescé à certaines doléances. » En dépit de ce consensus quadripartite, la défense de Mme Gbagbo reste quelque peu sceptique quant au passage effectif desdits témoins : « Le procureur général est très impliqué dans ce processus. Il va essayer de nous aider. On ne peut pas attacher un témoin pour le faire venir. »