Côte d'Ivoire : la défense de Mme Gbagbo se rebiffe des Assises face à l'injustice

Par Gary SLM
Publié le 10 novembre 2016 à 12:55 | mis à jour le 10 novembre 2016 à 12:55

Il y a comme un véritable méli mélo en ce moment à la cour d'Assises d'Abidjan. La défense de Mme Gbagbo a décidé de se retirer du procès jusqu'à nouvel ordre. La raison de cette volte-face tient du fait que le juge refuserait de faire comparaitre les personnalités citées par la défense.

La défense de Mme Gbagbo tient à faire comparaitre ses témoins

Le procès de Simone Gbagbo devant la cour d'Assises connaitra-t-il un jour son dénouement ? Cette interrogation est d'autant plus opportune que l'audience est constamment émaillée d'incidents. En effet, la défense de Mme Gbagbo vient, une fois de plus, d'annoncer son retrait de la procédure. Ainsi que se justifie Me Rodrigue Dadjé : « Nous avons la preuve que la justice ivoirienne ne veut pas de ce procès. Nous, la Défense et je pèse bien mes mots, la Défense à partir d’aujourd’hui ne participera plus à ce procès. » Puis, il ajoute : « Il revient à la justice ivoirienne de rendre une décision pour condamner madame Gbagbo et après l’histoire fera son travail. Je dis, en ce qui me concerne, la Défense ne viendra pas demain au procès. La Cour fera ce qu’elle veut de ce procès. Elle rendra la décision qu’elle veut et rentrera dans l’histoire selon la porte qu’elle a choisie. »

Et pourtant, un calendrier consensuel avait été trouvé pour faire passer à la barre des barons de l'actuel régime dont Guillaume Soro, cités comme acteurs des faits, ou encore des experts ayant déposé des rapports commandés par le procureur de la République et le juge d'instruction. Mais, au dernier moment, seule le Pr Yapo Etté Hélène a déposé en en qualité de médecin légiste. Par contre, d'autres témoins se refuseraient à passer devant la cour, tel le professeur Anongba Simplice. Concernant ce dernier, l'avocat de Mme Gbagbo soutient que son rapport pose problème « donc, il a peur de venir comparaître ici. Je suis désolé, ce n’est pas mon témoin. Ce sont les experts de la procédure qui envoient madame Gbagbo devant la Cour, qu’ils viennent s’expliquer. »

La dichotomie s'intensifie entre les protagonistes

À rebours, le juge Boiqui Kouadjo reproche à la défense de faire du dilatoire. La cour reproche donc au collège d'avocats de vouloir mettre les dates de comparution des témoins un peu trop loin. Aussi, exige-t-elle que les personnes citées comparaissent immédiatement. Ce à quoi Me Dadjé rétorque : « Je suis complètement désolé, on ne peut pas demander une chose et son contraire. La Cour s’est encore trompée en rendant cet arrêt. Les mentions obligatoires de la citation ne sont pas prévues pour l’accusée » au regard de l’article 544 du code de procédure pénale. Avant d'ajouter : « L’accusé n’a pas d’obligation de mention spéciale donc la nullité n’est pas prévue pour lui. »


Visiblement la procédure a pris du plomb dans l'aile, car les acteurs ont du mal à s'accorder sur l'essentiel. Chaque partie donne l'impression d'une intransigeance péremptoire. Alors que le verdict du procès de l'ex-première dame est très attendu par l'opinion nationale et internationale. À en croire Me Rodrigue Dadjé : « Madame Gbagbo va être déclarée non coupable parce qu’elle n’a rien à avoir avec les faits. » À condition que la procédure suive son cours dans les règles de l'art.