Côte d'Ivoire : Kieffer enterré dans le "sous-sol d’une habitation" selon un témoin

L'affaire Guy-André Kieffer n'a véritablement pas fini de livrer tous ses secrets. Plusieurs personnes ont déjà fait des témoignages aussi bien divers que contradictoires. Un dernier témoin français dit savoir où serait enterré le journaliste franco-canadien après sa disparition.

Une énigme nommée Guy-André Kieffer

Douze ans après sa disparition, le mystère demeure entier sur la situation juridique de Guy-André Kieffer. Serait-il mort ou encore en vie et retenu dans un lieu secret ? Toutes ces interrogations qui taraudent les esprits pourraient certainement trouver une réponse sous peu. En effet, un énième témoin a déclaré au juge Cyril Paquaux, le 2 mai dernier, que le journaliste d'investigation franco-canadien serait enterré dans le sous-sol d’une habitation au sud d’Abidjan.

Dès l'annonce de cette information, Me Alexis Gublin, l'avocat de la famille Kieffer a aussitôt réagi : « On a fait une demande d’acte auprès de la justice française. Les juges français ont délivré une commission rogatoire internationale. Il appartient donc à la justice ivoirienne de l’exécuter. » Sauf que la justice ivoirienne ne semble pas pour l'instant pressée pour la manifestation de la vérité. Et pourtant, les enquêteurs affirment que le témoignage de ce Français installé en Côte d'Ivoire pourrait être crédible. En outre, l'endroit désigné comme lieu de sépulture du journaliste sera bientôt en chantier pour la construction d'un immeuble.

Enterré au sous-sol de la présidence ivoirienne ? Enterré près d'un cours d'eau à Issia, la région natale du ministre feu Bohoun Bouabré, également accusé dans l'affaire ? Passé dans un four crématoire pour faire disparaitre son corps ? Détenu dans un lieu secret pour continuer à salir le régime de Laurent Gbagbo sur la disparition de Kieffer... ? Le juge français Patrick Ramaël qui était chargé du dossier n'avait nullement progressé dans ses enquêtes. Aussi, avec ce nouvel élément, Osange Silou Kieffer, l'épouse du disparu, espère enfin savoir ce qu'est advenu de son mari. D'aucuns souhaitent également que l'on regarde dans les casiers de l'actuel régime pour voir si...

En dépit des professions de foi, l'enquête piétine en Côte d'Ivoire

« Personne ne sera protégé », martelaient les nouvelles autorités ivoiriennes dès leur prise de pouvoir. Le ministre Ally Coulibaly avait même été très formel : « Cette affaire a longtemps connu des obstructions dans la manifestation de la vérité. À un moment donné, les auteurs de l'enlèvement de Guy-André Kieffer ont bénéficié d'une protection. Cette situation est terminée, la justice passera. » Mais depuis, l'enquête n'a pas évolué d'un iota, comme si le régime Ouattara voulait se couvrir dans une certaine mesure.

Régulièrement accusée dans cette affaire, Simone Gbagbo, l'ex-première dame ivoirienne appelait aussi à ce que l'enquête suive son cours : « On m’accuse, on me salit (…) Que l’enquête concernant cette affaire aille à son terme ! » Puis, elle ajoute : « Il faut qu’on sache qui était Kieffer, je suis intéressée de le savoir. Je ne le connais pas et n’avais jamais entendu parler de lui. »

Notons que Michel Légré, le beau-frère de Mme Gbagbo, principal accusé de l'affaire Kieffer, est décédé dans la nuit du samedi 17 au dimanche 18 septembre 2016. Chose qui rend somme toute les enquêtes encore plus difficiles. Mais les nouveaux juges commis à la tâche sont décidés à élucider toutes les zones d'ombres de cette affaire.